Orthez: l’anesthésiste était alcoolique depuis au moins six mois (analyse capillaire). Elle sera traduite devant la justice

Bonjour

On se souvient de l’affaire de la maternité d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques) – c’était à la fin du mois de septembre. Tout le laissait entendre mais aujourd’hui les rapports d’experts le confirment et apportent de sérieuses précisions : le Dr Helga Wauters, l’anesthésiste belge à l’origine de la mort d’une jeune femme de 28 ans accouchant par césarienne avait un «problème chronique d’alcool» depuis au moins six mois. Un autre rapport estime qu’elle est pénalement responsable. Ces informations ont été données à la presse par Me Philippe Courtois, avocat de la famille de la victime.

Cheveux de l’anesthésiste

«Un premier rapport psychiatrique, fin 2014, considère qu’elle est responsable pénalement et un second rapport en toxicologie livré début 2015 révèle qu’elle est une consommatrice excessive et chronique d’alcool», vient d’expliquer l’avocat à l’AFP,  confirmant une information de RTL. Selon l’avocat, le deuxième rapport de toxicologie, réalisé à partir d’analyses de cheveux de l’anesthésiste (1), indique «qu’au moins pendant les six derniers mois avant le prélèvement, effectué juste après les faits, Helga Wauters était une consommatrice excessive et chronique d’alcool ». «On savait qu’elle était dans un état d’ébriété lors de l’accouchement de la patiente, cela n’a rien de nouveau, a-t-il ajouté. Mais ce qui est plus choquant, c’est de savoir que bon nombre d’actes médicaux qu’elle a réalisés avant les faits l’ont été dans un état d’ébriété.»

L’avocat a précisé qu’il allait demander à nouveau d’auditionner le personnel et les dirigeants de la clinique privée d’Orthez, qui employait depuis peu Mme Wauters et la mettait à disposition de la maternité publique de la ville dans le cadre d’une convention entre les deux établissements. «Il est quand même étonnant que personne n’ait remarqué l’état de cette personne», a-t-il souligné – rappelant qu’elle était toujours «présumée innocente». Toutefois, le premier rapport estime que l’anesthésiste est «accessible à une sanction pénale» car «au moment des faits elle n’était pas atteinte d’un trouble psychique ayant aboli, altéré ou entravé son discernement et le contrôle de ses actes». Pour l’avocat c’est un «soulagement pour la famille de la victime» qui «avait la crainte qu’il n’y ait pas de procès pénal».

Addictions des soignants

Le Dr Helga Wauters, 47 ans a été mise en examen pour «homicide involontaire aggravé par la violation manifeste et délibérée d’une obligation de prudence et de sécurité». Elle encourt jusqu’à cinq ans de prison. Elle est en liberté provisoire  depuis le 11 décembre dernier et soumise à un contrôle très strict – assignation à résidence dans le département de la Haute-Vienne, interdiction de sortie du territoire, interdiction d’exercer la médecine et obligation de soigner son addiction dans un centre de lutte contre l’alcoolisme.

Les propos de l’avocat de la famille de la victime quant au comportement des soignants et des responsables administratifs soulèvent de bien délicates questions. Celles-ci dépassent d’ores et déjà la seule affaire d’Orthez et posent, clairement, la problématique des addictions des soignants : leur identification, leur prise en charge et leur prévention. C’est là un dossier de santé publique qui, pour une large part, reste à ouvrir.  L’affaire d’Orthez, tragique mais aussi révélatrice, pourrait y aider.

A demain

(1) « On peut doser un marqueur de l’éthanol dans les cheveux : l’éthyl glucuronide présent au delà de 30 pg/mg dans les cheveux témoigne d’une consommation excessive d’alcool, en particulier pour une quantité supérieure à 60 gr par jour. Contrairement aux marqueurs sanguins classiques, VGM et GammaGT, l’éthyl glucuronide est très spécifique de l’alcool et n’est pas influencé par la prise de médicaments. Ces tests peuvent être utilisés pour mettre en évidence une consommation excessive d’alcool   mais pas une abstinence ou une consommation modérée »

(Dr Marie-Thérèse Giorgio extrait de  « Consommation d’alcool ou de stupéfiants : l’analyse des cheveux retrace l’histoire de l’addiction dans le temps ! »)

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