Andreas Lubitz : a-t-il testé, lors du vol aller, la méthode qu’il utilisera deux heures après ?

Bonjour

Mercredi 6 mai 2015. Le Bureau d’enquête et d’analyses (BEA) vient de publier son rapport préliminaire sur le crash de l’A320 de Germanwings. Sur Slate.fr Jean-Marie Pottier en fait un résumé circonstancié. « Trente pages écrites dans un froid langage administratif qui contiennent un enseignement nouveau, qui avait fuité plus tôt   dans le quotidien allemand Bild: lors du vol aller entre Düsseldorf et Barcelone, ce jour-là, Andreas Lubitz avait «testé» la manœuvre consistant à programmer le pilote automatique pour effectuer une descente vers le sol, sans la mener à son terme » écrit-il.

Peu après 7 h 20 mn

Nous sommes le 20 mars 2015, un peu après 7 h 20 mn, alors que l’avion fait route vers Barcelone. Il se trouve alors en phase de croisière au-dessus du territoire français. Le centre de contrôle aérien de Bordeaux demande à l’appareil de descendre de 2.000 pieds (de 37.000 à 35.000 pieds). Andreas Lubitz est alors seul aux commandes (le commandant de bord a quitté le poste de pilotage depuis trente secondes). Le copilote obtempère dans un premier temps puis, pendant trois secondes, fixe l’altitude programmée sur le pilote automatique à son minimum (100 pieds) puis à son maximum (49.000 pieds), avant de la refixer au niveau demandé.

« Quelques secondes plus tard, le contrôle aérien demande à l’appareil de descendre à 21.000 pieds. Là encore, Andreas Lubitz obéit dans un premier temps avant, dans un second, d’effectuer une série de variations de l’altitude, en l’amenant là encore plusieurs fois à 100 pieds, avant de la stabiliser à 25.000 pieds, écrit Jean-Marie Pottier.  Le pilote rentre ensuite dans le cockpit et le vol suit son cours normal ».

9 h 30 mn 53 s

On sait ce qui se passera moins de deux heures plus tard (à 9h 30mn 53s). Andreas Lubitz reprogramme une altitude de 100 pieds sur son tableau de bord. Le crash survient à  9h 41mn 06s.  Slate.fr, reprenant le rapport du BEA : « Le rapport dresse un listing assez terrifiant du nombre d’alertes auxquelles a été «soumis» le copilote pendant ces dix minutes de descente: pas moins de onze appels du contrôle aérien, cinq alertes correspondant au signal sonore de demande d’ouverture du poste de pilotage par le commandant de bord, onze «séquences» de coups frappés par le commandant de bord sur la porte, trois appels de la défense aérienne française et un appel d’un autre équipage. »

Où l’on voit que le puzzle du crash ne cesse de se compléter. Après les antécédents psychiatriques et médicamenteux, après la lecture militaire et médico-légale, voici la lecture aérienne. On attend toujours les résultats (essentiels) de la toxicologie post mortem. Dans l’attente les spécialistes du suicide disposent d’un dossier hors du commun : il s’enrichit aujourd’hui des traces chiffrées de ce qui ressemble fort à une tentative de passage à l’acte, moins de deux heures avant la fin. Certains spécialistes de l’inconscient pourront aussi y voir une forme d’appel à l’aide – un appel qui ne fut pas entendu comme tel.

A demain

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