Ebola : le virus retrouvé dans l’œil d’un survivant américain ressuscite l’intérêt médiatique

Bonjour

C’est l’histoire qu’il faut raconter. Le cas clinique a été, comme il se doit, rapporté dans The New England Journal of Medicine. Puis il y eut un long témoignage  que vient de publier The New York Times (Denise Grady). Vint une petite synthèse de la BBC. Après, on ne compte plus. Jusqu’à ce papier dans Le Figaro (Soline Roy) du 9 mai.

Humeur aqueuse

Soit le Dr Ian Crozier, médecin américain de 43 ans. Infecté en septembre 2014 en Sierra Leone où il travaillait pour l’OMS. Rapatrié aux États-Unis. Prise en charge intensive (Emory University Hospital, Atlanta), multiples défaillances d’organes, traitements antiviraux expérimentaux (TKM-100802, Tekmira Pharmaceuticals ; plasma de convalescent), retour à domicile, asthénie marquée, troubles de la cognition, symptômes neurologiques, puis ophtalmologiques unilatéraux. Changement – transitoire- de la couleur de l’iris – du bleu au vert. Et présence du virus Ebola dans l’humeur aqueuse alors que la virémie avait disparu. Résumé:

 ‘’Here, we report the clinical course of a man in whom severe, acute, unilateral uveitis developed during the convalescent phase of EVD. We also report the detection of viable EBOV in aqueous humor obtained from the inflamed eye 14 weeks after the onset of the initial symptoms of EVD and 9 weeks after the clearance of viremia.’’

 Médecins stupéfaits

« Ses médecins ont été stupéfaits. Ils avaient envisagé la possibilité que le virus ait envahi son œil, mais ils n’avaient pas vraiment prévu pour le trouver » rapporte le New York Times. Et les médias sont comme sidérés de la découverte de cette cartographie virale. Plus encore que lorsque l’on avait fait état, il y a quelques mois que le virus Ebola pouvait être présent dans le sperme des survivants. Mais encore ? Il faut ici revenir aux fondamentaux de la virologie.

« Ce type de séquelles ophtalmologiques est un fait bien connu, a expliqué au Figaro le Pr Éric Delaporte (Institut de recherche pour le développement) et responsable d’une étude en Guinée de suivi à long terme des survivants d’Ebola. Ce qui est très intéressant est que les médecins ont pu faire des prélèvements. L’œil comme les testicules, le système nerveux central et les cartilages sont des lieux dits “de privilège immun”. La réponse immunitaire est différente dans ces sites, pour ne pas les détruire. Mais ils peuvent alors constituer des réservoirs pour Ebola, qui pourra s’y répliquer silencieusement, entraînant parfois des séquelles. Cela pose un certain nombre de questions. D’une part pour le contrôle de l’épidémie puisque l’infection par le sperme reste possible plusieurs mois. Mais cela montre aussi qu’après la guérison il ne faut pas simplement renvoyer les gens chez eux mais mettre en place une prise en charge pluridisciplinaire. La recherche est relativement facile pour le sperme ou les sécrétions vaginale. Mais c’est plus compliqué pour les ponctions lombaires et les prélèvements dans l’œil: ces gestes sont agressifs pour les patients et compliqués à réaliser en sécurité sur le terrain

 Rue du Dr Roux

Pour le reste l’épidémie d’Ebola n’intéresse plus guère les médias généralistes. On dit l’épidémie sur le recul. Une réunion scientifique internationale est prévue, les 28 et 29 mai, rue du Dr Roux, à l’Institut Pasteur de Paris. Il est possible que RMC-BFMTV n’y soit pas.

A demain

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s