Cœur artificiel Carmat® : dernières révélations exclusives, à lire dans Le Journal du Dimanche

Bonjour

Un seul cœur pour deux titres. Et une nouvelle manche dans l’affaire Libération vs Le Journal du Dimanche. Le quotidien fondé par Sartre contre l’hebdomadaire du groupe Lagardère. Le premier qui dénonce un black out informatif et celui qui éclaire grâce à des informations exclusives. Pour l’exclusivité il suffit, parfois, d’avoir ses entrées. C’est à l’évidence le cas du JdD qui travaille ici en circuit  fermé.

Le deuxième greffé Carmat® (dire « Monsieur M. ») ? Le JdD l’avait rencontré « en exclusivité » le 5 avril. Tout était parfait alors. Monsieur M. pédalait. Souvenons-nous :

« C’est Pâques et les cœurs sont en joie. C’est le jour rêvé pour une actualité heureuse. A fortiori pour une renaissance. On retrouve, dans le Journal du Dimanche, une vieille connaissance : l’entreprise Carmat® et son désormais célèbre cœur artificiel mis au point par le Pr Alain Carpentier. C’est là une exclusivité pour privilégiés, des confidences qui ne sont peut-être pas sans lien d’intérêts. Mais restons sur ce qui nous est raconté. (Tout est disponible sur le site du JdD). »

Puis Monsieur M est mort le 2 mai, dans des conditions que personne ne connaît vraiment. D’où l’ire de Libé. Aujourd’hui 10 mai, le Journal du Dimanche (Juliette Demey) revient sur la mort du greffé et c’est assez troublant : à huit jours de distance les lecteurs ont l’impression d’être à côté de « Monsieur M. ». Le papier est d’ailleurs ainsi titré : « Les dernières heures de ‘’monsieur M.’’ ». Avec les informations exclusives de Marcello Conviti, le PDG de Carmat®.

Arrêts ventriculaires itératifs

« Il est 21h30, ce vendredi 1er mai. Dans sa maison de Loire-Atlantique, le deuxième patient équipé d’un cœur artificiel Carmat perçoit « un problème » sur sa prothèse. Elle a « des ratés », explique-t-il par téléphone au CHU de Nantes. Comme un moteur de voiture qui toussote. Quand le Samu arrive peu après, l’homme de 69 ans a déjà un peu récupéré. Vers 22h30, l’équipe de l’hôpital nantais l’accueille. Il est conscient, sa tension est semble-t-il normale. Mais une dérive fonctionnelle du cœur est constatée. Un problème de pilotage du moteur, d’après les alarmes. « La pompe a essayé de reprendre un débit cardiaque suffisant. Mais l’état du patient s’est dégradé », explique Marcello Conviti, le PDG de Carmat. Il est plongé dans un sommeil artificiel et placé sous circulation extracorporelle en soins intensifs.

Dans la nuit, ingénieurs et médecins décident d’une nouvelle implantation. Le CHU dispose d’une prothèse de secours, le protocole le prévoit. Au petit matin débute l’intervention de huit heures, à l’issue de laquelle ce nouveau cœur est mis en route. « Mais le patient présentait trop de complications post-opératoires. Les arrêts itératifs du ventricule ont eu des conséquences sur plusieurs organes, entraînant des difficultés pulmonaires, de ­coagulation, des hémorragies », indique le Pr Daniel Duveau, le chirurgien qui l’a réopéré avec le Pr Christian Latrémouille. En fin d’après-midi, samedi 2 mai, le malade décède. »

Contre toute attente

Ce sera donc ce qu’il est convenu d’appeler une mort « contre toute attente ». Et le JdD de rappeler qu’il avait quitté « Monsieur M. » fin mars après une rencontre émouvante de près de deux heures.

«  Huit mois après son opération, le 5 août 2014, nos interrogations étaient nombreuses. Existait-il vraiment, ce malade sur lequel Carmat ne laissait rien filtrer? Avait-il peur? Souffrait-il? Se sentait-il tout à fait humain avec ce cœur électronique? ».

Les spécialistes apprécieront tout particulièrement « Existait-il vraiment, ce malade sur lequel Carmat ne laissait rien filtrer ? » Quelle est donc, ici, la taille du filtre donnant le droit à l’exclusivité, cette drogue du journaliste en activité ?

Bricolage: danger !

« En bricoleur chevronné capable de démonter un boîtier de vitesses, Monsieur M. s’était montré très curieux du fonctionnement de sa prothèse. Quitte à jouer avec le feu : à la maison, il avait laissé ses batteries se décharger « pour voir jusqu’où ça tenait ». Il avait demandé à visiter l’usine ­Carmat, posait mille questions aux ingénieurs. Ceux-ci avaient même dû lui demander de ne pas « bidouiller » la console ni les câbles, par prudence. « Quand j’arrive devant une nouvelle machine, j’aime examiner les fonctions pour comprendre », faisait-il mine de s’excuser. »

Faut-il imaginer que l’on pourrait nous laisser un instant penser que « Monsieur M. » aurait été jusqu’à « bidouiller »… ? Heureusement non, puisque c’est officiellement de la machine qu’est venu le dysfonctionnement, comme nous l’a expliqué Le Journal du Dimanche selon les analyses rendues publiques par ­Carmat . Comme pour le premier patient, Claude Dany, décédé 74 jours après l’opération. A priori le concept de la prothèse biocompatible est validé (aucun caillot n’aurait été découvert sur le patient). Pour autant l’urgence demeure : comprendre d’où vient cette erreur de « pilotage » du moteur.

Finir la faisabilité

Voici, in fine, ce que déclare en exclusivité Marcello Conviti, PDG de Carmat® : « Nous décortiquons les milliers de données enregistrées. S’il faut une modification importante sur la prothèse, on la fera. Pour nous, ce n’est pas un succès mais ce n’est pas un échec. Notre but, c’est que des patients puissent vivre des années. Mais on en n’est qu’à la phase de faisabilité, on ne peut pas encore le garantir. »

Il faut espérer que cette société (cotée à la Bourse de Paris) pourra, un jour, fournir cette garantie. Si, d’ici là, rien ne change dans les capitaux respectifs il est vraisemblable que Le Journal du Dimanche ne sera pas le dernier à nous l’annoncer. Peut-être même devancera-t-il Libé.

A demain

Une réflexion sur “Cœur artificiel Carmat® : dernières révélations exclusives, à lire dans Le Journal du Dimanche

  1. Du fait de son coût et de sa complexité, je n’arrive pas à comprendre que ce coeur mécanique soit considéré comme un progrès significatif (je pense la même chose des chimiothérapies à 500€ par jour qui prolongent la vie de 15 jours, chimiothérapies que je refuserais pour moi si j’étais malade).

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