Pour ou contre la GPA : une psychanalyste se sacrifie pour répondre à un tir de bazooka

Bonjour

Il est des psychanalystes qui tirent plus vite que leurs ombres. Au risque de rater leur cœur de cible. Ainsi Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste que l’on ne présente plus tant est grande son appétence médiatique.

Feu à la France

Mme Delaisi de Parseval vient de découvrir, dans Libération la  tribune  dont nous venons, sur ce blog, de saluer la publication « Attaque internationale au bazooka contre la GPA (Bové, Vlady, Onfray, Roudy, Abécassis etc.) ». Notre analyste qualifie d’étrange  cet engagement solennel et éthique. Et elle s’étonne. Pourquoi tant d’empressement : « comme s’il y avait le feu à la maison France autour d’un sujet qui semble urgentissime aux yeux des signataires du texte ». Mme Delaisi de Parseval devrait mieux lire ce qu’elle entend dénoncer : il s’agit d’une tribune de portée universaliste. Un texte solennel que l’on trouve sur le site www.stopsurrogacynow.com :

 Transactions iniques

« Des femmes et des hommes d’origines ethniques, religieuses, culturelles et socio-économiques différentes venant de toutes les régions du monde » prennent la parole pour dénoncer l’exploitation des femmes et des enfants au travers des conventions de la gestation pour autrui (GPA).

« La GPA repose souvent sur l’exploitation des femmes les plus démunies. Dans de nombreux cas, ce sont les pauvres qui sont contraints de vendre et les riches qui peuvent se permettre d’acheter. Ces transactions iniques impliquent un consentement de la part de femmes sous-informées, voire pas du tout informées, une rémunération faible, une coercition, une insuffisance de suivi médical et des risques sévères pour la santé, à court et à long terme, des femmes qui acceptent la GPA. »

Une réplique

Aujourd’hui, donc, toujours dans Libération, la réplique de Mme de Parseval. En voici des extraits :

« Quatre types d’arguments y sont battus et moulinés à l’envi depuis des années :

  1. Les droits humains seraient violés par la GPA, une exploitation pure et simple de femmes pauvres, sous informées, exploitées etc.
  2. La PMA dans son ensemble est également visée car les femmes françaises ou espagnoles qui donnent – «vendent» paraît-il – leurs ovocytes pour que des couples infertiles puissent bénéficier de FIV tombent sur le même couperet ; argument d’autorité qui émane d’auteurs dont aucun n’est d’ailleurs spécialiste de la question.
  3. «Le lien biologique» entre la mère et l’enfant serait rompu ce qui entraînerait des conséquences durables pour tous les protagonistes (mère porteuse et enfant). De quel corpus scientifique provient cet argument massue du «lien biologique» ? Pas de la psychanalyse en tout cas. Certes il existe le plus souvent un lien humain entre une femme enceinte et le bébé qu’elle porte, mais ce n’est pas toujours les cas (les enfants adoptés ne sont, a priori, pas psychotiques…). Et la PMA n’est pas une médecine vétérinaire.
  4. La GPA serait enfin très dangereuse au plan médical. Idem pour le don d’ovocytes qui a permis la naissance de dizaine de milliers de bébés dans le monde. On lira dans ce texte huit lignes terrifiantes sur les complications obstétricales gravissimes de la GPA et de la FIV avec don, allant jusqu’à la mort de la gestatrice ! »

Obstétriciens absents

Ce n’est pas tout. Mme Delaisi de Parseval trouve bizarre le fait qu’aucun obstétricien, seul compétent en ce qui concerne les risques médicaux, n’a signé cette tribune…Et de parler d’une gynécologie-obstétrique qui ne saurait tarder :

« Je serais curieuse de savoir ce que ces spécialistes vont penser de la greffe d’utérus, une alternative médicale à la GPA qui a déjà permis la naissance de plusieurs bébés dans le monde (Suède, Turquie) ; la France est pour sa part dans les starting-blocks pour la prochaine naissance. Une sorte de «nature» sera peut-être respectée : l’utérus sera en effet greffé chez la femme qui deviendra enceinte. La provenance de cet organe ? Ce sera de la mère qui pourra le donner, ou une amie de la mère, ou une morte. Ou encore il pourra être donné par une personne transsexuelle qui veut devenir homme…

De quelle «nature» est-il question? Et quel risque de casse (deux opérations, l’une pour prélever l’utérus, l’autre pour le greffer) ! Tout ça pour esquiver la réflexion sur une forme particulière de don et de contre-don d’organe qui est loin de se résumer à une somme d’argent. (Réflexion qui a été conduite pour le don de rein, de foie, à partir de donneurs vivants, amis, conjoints des receveurs). Je parie que, lors de la future naissance après transplantation d’utérus, nos spécialistes vont devoir se concerter à nouveau pour débattre du critère moral de l’enfantement naturel. »

Nouvel esclavage

Brouillonne… radicalement hors sujet… égarée par les enjeux d’un combat trop vaste pour être réduit à une lucarne nationale …  refusant de voir la réalité du marché et de ce nouvel esclavage… ignorant volontairement les obstacles éthiques qu’elle ne parvient pas  à franchir… On a connu Mme de Parseval autrement mieux inspirée – notamment pour démêler les enjeux de l’infertilité. On attend désormais, sur ce pré éthique, d’autres répliques.

A demain

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