Trisomiques, eugénisme et crime contre l’humanité: les visions du Dr Laurent Alexandre (Le Monde)

Bonjour

Dégagé des rédactions le chroniqueur a, sur le journaliste, un immense avantage : celui des coudées franches. Le Dr Laurent Alexandre, chroniqueur régulier du supplément Médecine/Sciences du Monde sait en profiter plus que d’autres. Président exilé de DNAVision (l.alexandre@dnavision.be) il est comme un poisson visionnaire dans les eaux marchandes  de la génétique contemporaine.

Dans la dernière livraison vespérale du quotidien papier il revient sur ce qui agite les esprits soucieux d’éthique généticienne – un sujet que nous venons de traiter sur Slate.fr : l’émergence d’une technique (CRISPR-Cas9) permettant de modifier à volonté et de manière transmissible le génome de l’espèce humaine.

Ides de mars

« En mars, des chercheurs et industriels ont mis en garde contre les tentatives de modifier des cellules embryonnaires, ce qui modifierait l’hérédité humaine, rappelle le Dr Alexandre. Les signataires s’inquiétaient des risques liés à l’utilisation des CRISPR-Cas9, qu’un étudiant en biologie peut fabriquer en quelques heures. » On sait que le coup de gong a été donné ici par une équipe chinoise avec la publication des premières -modifications génétiques sur des embryons humains.

« Est-il imaginable d’empêcher les parents de concevoir des  » bébés à la carte  » quand la technologie sera au point ? » s’interroge le chroniqueur du Monde.  Il  croit savoir, en cette année 2015, que « les parents du futur  exigeront des modifications génétiques embryonnaires pour prévenir le développement de maladies chez leur enfant, mais aussi dans toute sa descendance ».

Supprimer définitivement

Une autre certitude anime le Dr Alexandre : « Il n’est pas raisonnable d’imposer aux familles des thérapies géniques successives à chaque génération pour traiter les maladies très graves. Qui ne souhaiterait supprimer définitivement le risque d’avoir des descendants atteints de myopathie ou de démence de Huntington ? »

Mais il va plus loin dans l’expression de la liberté qui lui est donnée. On peut ainsi lire, dans Le Monde daté du 20 mai 2015 :

« Le débat sur les modifications génétiques sur l’embryon est d’autant plus décalé que la société est ultra-eugéniste : l’élimination des trisomiques est socialement admise ! En  2015, 97 % des enfants trisomiques dépistés sont avortés, ce qui est jugé – à tort ou à raison – parfaitement moral. En revanche, l’idée de corriger sur l’embryon une mutation génétique qui entraîne 100 % de chances de mourir pendant l’enfance de myopathie ou d’une affection neurologique est perçue comme un crime contre l’humanité.

La France a ratifié la convention d’Oviedo qui bannit les modifications du patrimoine héréditaire de l’espèce humaine. Les générations futures se moqueront pourtant de cette incroyable distorsion morale, et feront le contraire de ce qui nous semble éthique : elles corrigeront l’ADN des embryons, au lieu d’avorter les bébés mal formés. »

Marchands du temple

« Ces techniques ne seront opérationnelles sur l’embryon humain que dans dix à quinze ans. assure, sans apporter de preuve, le Dr Alexandre.  Nous avons donc le temps de réfléchir à l’immense pouvoir dont nous allons disposer sur notre identité génétique. » Or rien, ici, n’incite à croire ce chroniqueur. Depuis un demi-siècle la génétique n’a cessé de démontrer qu’elle allait beaucoup plus vite que prévu, enchantant en cela les généticiens et les marchands du temple.

Les mêmes causes continuant à produire les mêmes effets, on peut raisonnablement parier que le Dr Laurent Alexandre se trompe – et qu’il le sait : l’immense pouvoir dont il parle n’est pas à venir, il est là ; et  nous n’avons plus guère le temps de réfléchir à ce que certains pourraient bien faire de notre identité génétique.

A demain

3 réflexions sur “Trisomiques, eugénisme et crime contre l’humanité: les visions du Dr Laurent Alexandre (Le Monde)

    • La france est si concervatrice sur ces questions qu’elle s’abstient d’anticiper les cosequences qu’elle oppose la nature et la technologie . la technologie crispr 9 est une inginierie qui est le resultat de longues observations du fonctionnement du genome et des bacteries qui nous éclairent sur le foncrionnement du vivant ; elle n’est pas en soi une revolution juste une technique d’application possible tres rapidement sur la transformation du genome humain .. mais la question reste que fzire pour bien faire ? l’absence de maladies serait elle , oule recul dela mortalité et du viellissement le seul graal de l’humanité si ele profite essentiellement aux startup que ces scientifiques mettent en place de sla moindre decouverte a coup de buzz mediatique (Jennifer Doudna)? sans penser l’impact societal voire philosophique de ces nouveaux possibles ?
      ernst Bloch expert en utopie disait  » .
      Comment repondre à cette enthousiasme par des argumetns raisonnés alors qu’il ‘agit encore de gere des incertitudes dans un contexte ou la gouvernementalité des corps a pour nom biopolitique ?
      quant a faire e cette comprehension un destin de purification du genome c’est confondre la pensée dela perfectibilité humaine et le méliorisme . beaucoup de feministes ont pensé ces questions des le developpmetn des technologies reproductives qui ont decorporeisé les capacites reproductives de s femmes alors qu’elles venaient d’acquerir des droits sur leur corps . Ces techniques qui sont extrement pertinentes sur le vegetal et l’animal voire les moustiques que l’on manipule comme de slegos suppose une reelle fracture anthropologique qui consiste a repenser la question de la « nature humaine » qui est plus que naturelle car elle est a lafois determinee biologiquement et libre et de defendre l’idee d’une responsabilité humaine envers les infinis potentialités dela nature afin d des choix qui ne se transforment pas en dystopies. , mais qui ne s’abstiennet pas non plus du risque de la liberté et d’imaginer d’autres possibles pour une humanité perfectible et en processus
      mais l’ignorance qui alimente la peur ou la paranoia du principe de précaution ne peut non plus servir de substitut a une pensee reflexive qui doit accompagner cette recherche .
      le jurifique est depassé par ces avancées q’il ne comprend pas , le politique est absent ne faudrait il pas creer d’urgence un institut de l’anticipation sociale et politique des technologies melioratives qui puisse construire une cartographie systemique de ces cyber technologies?
      bien a vous
      Mylene Baum

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