Après Martin Hirsch, Bernard Debré : «Il faut supprimer les 35 heures, fermer des hôpitaux»

Bonjour

Les crises, comme l’ivresse, facilitent les prises de parole. Le flacon importe moins que la prise. A chacun sa Bastille. Aujourd’hui, après le directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (ce matin, sur RTL), le député UMP et « célèbre urologue » (Sud Radio). L’ancien de Cochin (et petit-fils du pédiatre Robert Debré à qui l’on doit les CHU) est un passionné des soubresauts hospitaliers français. Une passion née il y a trente ans, avec la soviétisation des hôpitaux publics, sous Jack Ralite.

Ce matin il a annoncé que l’hôpital français était « en train de mourir ». Les urologues sont, aussi, des chirurgiens. Face à la gangrène hospitalière un seule remède : « Bien entendu, il faut supprimer les 35 heures à l’hôpital ! ».

Réunions sempiternelles

Les chefs de service émérites de l’AP-HP retournent, parfois, dans leurs anciennes baronnies. C’est ce que fait Bernard Debré. Qu’y voit-il ? « De jeunes internes ou chefs de clinique qui assurent qu’ils travailleront mieux en clinique qu’à l’hôpital ». Pourquoi ? « Parce qu’il n’y aura pas des réunions sempiternelles, des difficultés de matériel. Donc je m’en vais… »

C’est un peu court et c’est bien triste. C’est ce qu’on appelle le crépuscule  d’une école. En l’espèce, celle d’urologie de Cochin créée par Pierre Aboulker et prolongée par Adolphe Steg.

Hélicoptères et Compostelle

Aujourd’hui Bernard Debré compte. Il y a, au bas mot, dans les hôpitaux, « plus d’un million de RTT en stock ». Là encore il faut amputer. Pour sa part Bernard Debré a tranché : il faut supprimer des hôpitaux. « En France, nous en avons plus que dans tous les pays du monde  par habitant ». Réduire de combien, à la louche ? « Entre 10 et 15 %. » Il faut redescendre sur terre, accepter de faire une croix sur « l’hôpital en bas de chez soi ». En échange : développer les Samu, les SMUR, les hélicoptères, etc.

Il y a vingt ans Bernard Debré fut (durant quelques mois), ministre de la Coopération  (dans un gouvernement Balladur). Il aurait pu être ministre de la Santé. Nous n’en serions sans doute pas là où nous en sommes.

Pas de millions de RTT en stock. Pas d’internes formés par la collectivité en partance vers le riche privé. Et, qui sait, en bas du chemin qui conduit les pèlerins à Compostelle,  le service d’urologie de hôpital Cochin aurait peut-être dû fermer.

A demain

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