De quels « démons » Renaud est-il le nom ? Peut-on s’autoriser à parler de lui au passé ?

Bonjour

Mal de vivre. Renaud, encore lui. Il fait à nouveau la Une de Paris Match. Mêmes causes mêmes effets : « il ne s’arrache pas à ses démons » et « le public l’attend toujours ». En juillet 2014 la Une du magazine était consacrée à ce même « mal de vivre ». On le voyait assis, casquette, devant la Closerie des Lilas et le maréchal Ney. Un an plus tard Paris Match revient vers lui : il a fêté son 63ème anniversaire le 11 mai, jour où France 3 lui consacrait une soirée.

Points assassins

Les « démons » de Renaud ? Un secret de polichinelle qu’il faut taire. « Une maison de famille qu’il habite seul, cerné par la mélancolie, malgré la pêche, le jardinage et les bouquins. A ses côtés son chien Sony. Et les amis qu’il retrouve dans les restaurants du coin, pour partager des verres… ».

Ah, ces verres qu’on ne partage plus… Ah, ces points de suspension assassins… Une photo, troublée : le 27 juin 2014 au Stade de France pendant le concert d’Indochine. Un verre à ses côtés. Une autre photo. Elle date de 2009 – légende : « Dans un pub de Dublin. Renaud délaisse la pastis, sa boisson préférée, pour une pinte de bière ».

Mai 1968

Et puis deux pages. Deux pages signées Yann Moix ; un écrivain inclassable en cours de classement (….. il va remplacer Aymeric Caron dans «On n’est pas couché» à la rentrée …). C’est un texte hétérogène d’où il ressort que la France a besoin de Renaud. Yann Moix est né à Nevers, peu avant mai 1968 et Renaud lui manque comme il manque à la France

Extraits :

« Loin des ritournelles chagrines d’un Michel Berger, des revendications lyriques d’un Balavoine ou des refrains abscons d’un Bashung, Renaud disait l’époque, toute l’époque et rien que l’époque. Il tenait à la fois du lynx et de l’éditorialiste (…)

A l’heure des kalachnikovs, nous célébrons son cran d’arrêt  (…) L’homme que le pays regrette et tente à toute force de rappeler sur scène ou sur disque n’est ni Bonaparte, ni de Gaulle, ni Sarkozy (…) Il voulait changer le monde et le monde n’a fait que vieillir (…)

Fonds-bas

Ce pâlichon poulbot, bâti comme un moineau, ce poids plume à foulard ravacholien est devenu notre conscience nationale. Un Marianne mâle (…) Renaud devient le fils improbable de Robespierre et de Fréhel (Le coup de génie de Renaud : prendre de la hauteur depuis les bas-fonds. Ou plutôt : se servir des bas-fonds pour prendre de la hauteur (…) »

« Aujourd’hui exilé au fond du Vaucluse mais surtout au fond de lui-même, il tient la permanence du passé. Renaud ou la sentinelle de nos années perdues. »

Gouaille muette

C’est long, très long, deux pleines pages de Paris Match… Le lecteur a droit à quelques paroles de chansons. Et puis la fin :

« Les Français sont les orphelins de cette gouaille désormais muette. Il était conscient d’être un éclaireur, un leader d’opinion. Mais un leader d’opinion qui, pour rêver, lisait des fiches cuisine avec sa femme. Il avait choisi la musique pour ne pas faire de discours. Au lieu des promesses, Renaud faisait des constats. »

Virage, camarade

A la relecture, il y a comme quelque chose qui cloche.

« J’en parle au passé, parce qu’il vit enfermé dans ce passé. Mais le présent et une bonne partie de l’avenir l’attendent, non pas au virage, mais au bout du chemin. A tout de suite, camarade. »

Yann Moix écrira  encore de Renaud qu’il est « le voisin de postérité de Léo Ferré ». Voisin de postérité ?

A demain

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s