Le Daklinza® a un prix : 303 euros par jour. Associer au Sovaldi® (environ 500 euros)

Bonjour

On s’émeut… on s’indigne… on tempête… Et le rouleau progresse. Le rouleau délirant qui fixe les prix des médicaments. Tout avait été dit sur le Sovaldi®, à commencer par l’impuissance des pouvoirs publics à s’opposer aux désirs de Big Pharma. Le vase est encore bien loin d’être plein – et la volonté gouvernementale affichée de faire des économies  ne résiste pas aux termes actuels du rapport des forces en présence.

Puissance des firmes

Le vase, pour l’heure, est celui des nouveaux « antiviraux à action directe » (AAD) redoutablement efficace contre l’hépatite virale de type C. Quant à la puissance des firmes, on en trouve la preuve imprimée sur le papier du Journal Officiel.  Le daclatasvir (Daklinza®, Bristol-Myers Squibb) et le siméprevir (Olyzio®, Janssen-Cilag) ont désormais chacun un prix. Pour le Daklinza® ce sera 303,57 euros la dose quotidienne (de 30 ou 60 mg, le poids de principe actif ne changeant rien à l’affaire…). Une cure de 12 semaines de ce seul médicament coûte donc un peu plus de 25 500 euros. Mais il ne soigne pas seul.

« Ce médicament est indiqué en association avec du sofosbuvir, pour les virus de l’hépatite C  de génotype 1 et 4, pendant 12 à 24 semaines en fonction du stade de fibrose. Il peut également être prescrit en association avec du peg-interféron alfa et de la ribavirine pendant 24 semaines en cas d’infection par un VHC de génotype 4, précise Le Quotidien du Médecin (Damien Coulomb). Le siméprévir hérite d’un prix ‘’plus doux’’ : 250 euros par dose. Ce traitement est recommandé en association avec du peg-interféron alfa et de la ribavirine pendant 24 (patients rechuteurs) à 48 semaines (patients ne répondant pas aux autres traitements) pour les infections par le génotype 1 ou 4. Il peut également être prescrit en association avec le sofosbuvir (Sovaldi®, Gilead) pour une cure de 12 semaines. Une cure complète d’Olysio® coûte donc entre 42 000 et 84 000 euros. »

Pris en cours de discussion

Le Quotidien observe que ces prix « sont dans la continuité » de ceux accordés ces derniers mois aux premiers AAD : le sofosbuvir coûte 13 667 euros la boîte de 28 comprimés (soit 41 000 euros pour 12 semaines). Il ajoute que les deux traitements d’Abbvie, le Viekirax® (ombitasvir, paritaprévir et ritonavir) et Exviera® (dasabuvir) disposent quant à eux de prix provisoires de respectivement 41 400 euros et 3 600 euros pour une cure de 12 semaines. Les prix définitifs des deux traitements d’Abbvie sont en cours de discussion au sein du conseil économique des produits de santé. Tous ceux qui aimeraient connaître le détail de ces discussions en seront pour leurs frais.

Ajoutons qu’il ne s’agit là que l’une des présentations de la vérité. Le monde du prix du médicament est d’une complexité qui échappe à tous ceux qui, naïvement, croient pouvoir la saisir.

Remises secrètes

Résumons. Aujourd’hui le prix (affiché) du Sovaldi ®  (de la firme américaine Gilead Sciences) est à 41 000 euros. « Imaginons par exemple que le laboratoire demande 50 000 euros pour Sovaldi ® , mais qu’il précise immédiatement être prêt à accepter de faire une remise à la Sécurité sociale pouvant être de 15 000 euros. Le prix réel n’est donc plus de 50 000 mais de 35 000 euros, explique Gilles Johanet (procureur près la Cour des comptes et ancien président du Comité économique du médicament) dans l’ouvrage collectif  « La vérité sur vos médicaments » Odile Jacob. La différence reste secrète. Pourquoi ? Pour que les pays étrangers continuent à payer 50 000 euros, ajoute-t-il. Les autres pays n’ont pas recours aux rétro-commissions. Ce système constitue un avantage pour la France. Il est important de le préserver et de ne pas rendre trop rapidement public  le montant des remises. On sait que cela ne pourra pas durer, mais le jour où les montants seront dévoilés, ils devront disparaître. »

Gilles Johanet parle d’or. Rédigera-t-il ses mémoires ? Est-ce bien le journaliste Camille Desmoulins (1760-1794) qui, faute de rédiger les siennes, dit que la Démocratie n’était rien d’autre que « la possibilité d’appeler les choses par leur nom » ?

A demain

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