Vitaros®: le premier érectile en crème. Compter 10 euros l’unité. Serait bientôt remboursé.

Bonjour

C’est bientôt l’été et c’est dans Le Parisien. A compter du 1er juin un nouveau palliatif  des troubles de l’érection sera dans toutes les pharmacies d’officine de France. Et pourrait être bientôt remboursé. Ce sera une « sorte de crème à appliquer au niveau de l’organe » vient de faire savoir urbi et orbi le laboratoire français Majorelle. Cette jeune firme pharmaceutique a acquis la licence du produit auprès de la  société américaine Apricus Biosciences  (comme on peut le voir ici) – licence exclusive pour la France et  « certains » pays africains. Sans oublier Monaco.

Nettement plus compliqué

Le Parisien dit que c’est une « alternative aux comprimés »  (Cialis®, Viagra®, etc.). Certes. En réalité c’est nettement plus compliqué, cet érectile étant d’une famille radicalement différente. C’est une molécule déjà utilisée par voie injectable : l’alprostadil. «Vitaros ® 300µg, crème, est le premier traitement de la dysfonction érectile par voie topique » dit son distributeur. Ce qui n’est pas faux. Mais qui ne fait pas de lui une crème de Viagra® (1).

Ce topique sera facturé (prix conseillé) 10 euros la dose (quatre unidoses par boîte). Une ordonnance médicale sera bien évidemment nécessaire.

Réfrigérateurs

La galénique fait que quelques précautions seront  nécessaires : le crème se conserve au réfrigérateur (entre 2°C et 8°C). Elle peut certes voyager à la température ambiante mais ne goûte guère les échauffements : pas plus de trois jours et à moins de 25°. La galénique, toujours elle, fait que cette crème  réclame d’être utilisée avec un préservatif en latex.

Pour le reste, aucune surprise particulière n’est à attendre. Le principe actif érectile, l’alprostadil, est une substance qui a pour effet de voir se dilater les vaisseaux péniens. Le Parisien décrit ainsi la manœuvre  :

Pénis à la verticale

« Une goutte de produit est déposée au-dessus de l’ouverture (le « méat ») à l’extrémité du pénis tenu à la verticale. L’effet apparaît dans les cinq à 30 minutes suivantes et sa durée, d’environ une à deux heures, est variable d’un patient à l’autre, précise la notice médicale officielle. »

Comme ses semblables formatés en comprimés une série de contre-indications sont à respecter, également détaillées par Le Parisien :

« Vitaros® est contre-indiqué, par exemple, chez les hommes souffrant d’un infarctus du myocarde, d’une hypotension orthostatique (baisse de la tension artérielle lors du passage de la position couchée à debout) cause de vertiges, malaise voire brève perte de connaissance, ainsi qu’à ceux qui présentent un risque de thrombose (caillot) veineuse.

De rares cas de sensation de vertige et de syncope (évanouissement) ayant été rapportés lors d’essais cliniques, les patients doivent éviter certaines activités comme conduire ou réaliser des tâches dangereuses, susceptibles d’entraîner des blessures en cas de syncope. Cet effet indésirable peut survenir une à deux heures après l’administration de Vitaros®, prévient la notice médicale. »

Remboursement en juillet

Plus original : « Un remboursement à 15% est attendu en juillet pour certains patients. »  Voici ce qu’en dit Apricus Biosciences :

Laboratoires Majorelle is now waiting for the subsequent publication in France’s Journal Officiel of the pricing and reimbursement of Vitaros® by the Economic Committee of Healthcare Products (Comité Economique des Produits de Santé). This is the final step in the reimbursement process for a new medicine in France.”

C’est peu dire que ce « final step » est attendu. On verra ici les doutes de la Haute Autorité  de Santé quant au « service médical rendu » (faible) et à « l’amélioration de ce même service » (inexistant). Que va bien pouvoir décider, dans de telles conditions, le « Comité Economique des Produits de Santé » ? Nous vous tiendrons informés dès que les informations validées nous auront été communiquées par les canaux officiels.

A demain

(1) L’alprostadil est actuellement disponible sous forme injectable pour une administration par voie intra-caverneuse (Caverject®  Caverjectdual®  Edex®) ou sous forme de bâton pour usage urétral (Muse®).

La Haute Autorité de Santé souligne que la demande d’inscription au remboursement de Vitaros® est limitée aux dysfonctions érectiles d’origine organique pour lesquelles les formes intra-caverneuses d’alprostadil sont actuellement remboursables : – paraplégie et tétraplégie quelle qu’en soit l’origine ; – traumatisme du bassin compliqué de troubles urinaires ; – séquelles de la chirurgie (anévrisme de l’aorte ; prostatectomie radicale, cystectomie totale et exérèse colorectale) ou de la radiothérapie abdominopelvienne ; – séquelles du priapisme ; – neuropathie diabétique avérée ; – sclérose en plaques.

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