Alcoolisme et loi Macron: un amendement girondin embarrasse le gouvernement socialiste

Bonjour

Par un étrange retournement de situation voici que le projet de loi porté par Emmanuel Macron, ministre de l’Economie du gouvernement socialiste embarrasse au plus haut point ce même gouvernement. Au point que dans la matinée de ce 8 juin trois poids lourds viennent de monter en première ligne : Marisol Touraine, ministre de la Santé, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement et Claude Evin ancien ministre de la Santé.

C’est une fraction de la loi qui porte son nom qui semble menacée par un amendement sénatorial à la loi Macron dite « de simplification ». Claude Evin s’en est dit très inquiet dans Le Parisien.

Ne pas alléger

Marisol Touraine en appelle à « ne pas changer la loi » Evin encadrant la publicité pour l’alcool alors que l’amendement sénatorial entend la simplifier, l’alléger, en assouplir quelques contraintes. Il y a urgence à donner de la voix dans les médias : cette disposition doit être examinée aujourd’hui même en commission par l’Assemblée nationale dans la journée dans le cadre du projet de loi débattu en deuxième lecture.

Mme Touraine :

« Je veux dire mon incompréhension et ma préoccupation face à l’amendement qui remet en cause la loi Evin (…)  chacun à prendre ses responsabilités, c’est-à-dire à ne pas changer la loi (…)  la loi Macron ne peut pas servir à détricoter les politiques de santé publique ».

Stéphane Le Foll :

« Il faut faire très attention aux équilibres de la loi Evin. Dès qu’on rouvre ce débat, quelles sont les limites qu’on met ? Dès qu’on touche à ces  équilibres, on peut avoir des débats qui risquent d’aller beaucoup plus loin que ce qu’on souhaite ».

Visuels encadrés

L’amendement est le fruit des cogitations du sénateur (Les Républicains, Gironde) Gérard César propose de différencier information et publicité sur l’alcool. Aujourd’hui la publicité sur l’alcool est possible mais encadrée. « La loi de 1991 encadrait les ‘’pubs’’ en précisant ce qui pouvait être dit: on ne pouvait alors que nommer le vin, dire le degré d’alcool, le nom et l’adresse de l’exploitation, etc.  réexplique Claude Évin. Les visuels acceptés étaient très précis. »

Le girondin Gérard César propose désormais de différencier information et publicité sur l’alcool. « Je ne fais que préciser certaines choses, pour qu’à l’avenir on puisse bien faire la différence entre communication et publicité sur l’alcool» dit-il.

Avec cette nouvelle mesure, deux critères seraient rendus nécessaires pour attaquer en justice une publicité incitant à la consommation d’une boisson alcoolique.  Il faudra prouver que la personne fait la promotion de l’alcool, mais également que cette communication est « susceptible d’être perçue comme un acte de promotion par un consommateur d’attention moyenne ».

Gironde unie

La Gironde, ici, est unie. Gilles Savary est député socialiste de ce département. Il vient de dénoncer, dans un communiqué, la « surréaction du lobby hygiéniste » à l’amendement voté au Sénat.

Gilles Savary:

« Cet amendement ne remet nullement en cause ni l’esprit ni la lettre de la loi Évin, mais vise à éviter que, dans notre pays, dont la tradition viticole ancestrale s’est fortement imprimée dans la culture, et désormais dans notre économie et dans les rares succès de notre commerce extérieur, il devienne risqué pour un journaliste, un cinéaste ou un romancier d’évoquer nos produits vinicoles ou d’y faire référence. Alors que des jugements récents invitent à l’autocensure, ce n’est pas faire offense à la loi Évin ni à la lutte contre les ravages sanitaires de l’abus d’alcool que la représentation nationale prenne ses responsabilités et fasse son devoir élémentaire en précisant la loi sur ce point précis. »

Avant le binge

«Dans les faits, réunir les deux critères sera impossible!  assure Claude Évin. Le marché de la publicité pour l’alcool est énorme, notamment pour les bières et les alcools forts, a déclaré Claude Evin sur iTélé. On va voir réapparaître des publicités telles que nous les avions avant 1991. »

Des publicités d’avant l’épidémie de binge drinking, où le vin n’a guère voix au chapitre publicitaire – à la différence de la bière et des 40°. De la réclame à l’ancienne, celle d’avant le « projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques ».

A demain

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