Emotions alimentaires : une Morteau dans la stratosphère ; Rubis, l’agnelle-médicale mystère

Bonjour

Morteau n’est pas loin de la Suisse. Connue pour être la véritable patrie des plus belles saucisses. Elaborées dans des tuyés de  Franche-Comté à une altitude supérieure à 600 mètres. On peut aussi viser plus haut. C’est ce qui vient d’être tenté : « Une saucisse de Morteau envoyée dans la stratosphère à bord d’un ballon-sonde est portée disparue: un « appel à témoin » a été lancé mercredi 24 juin en Suisse, où la charcuterie est probablement retombée, a-t-on appris auprès des porteurs du projet ». C’est une information de l’AFP. Elle est développée dans  L’Est Républicain qui narre la performance des dix-huit élèves du club de sciences du collège Saint-Exupéry de Beaucourt (Territoire de Belfort). Ils sont osé : envoyer une Morteau à 30.000 m d’altitude :

« C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Super Saucisse ! Dans le ciel de Beaucourt, la petite nacelle s’élève rapidement tirée par un énorme ballon gonflé à l’hélium, le tout filmé par deux caméras embarquées. A son bord, la morteau cosmonaute du club de sciences du collège Saint-Exupéry partie pour un drôle de voyage, sous les vivats de tous les élèves de l’établissement venus assister à l’événement. Il est 9 h 20 ce mardi 23 juin au matin et au collège tout s’est arrêté pour venir assister à la concrétisation de ce projet un peu fou : envoyer une saucisse de Morteau dans l’espace (…)

« Morteau dans l’espace »

Mais derrière ce côté folklorique, l’aventure « Morteau dans l’espace » est tout ce qu’il y a de plus sérieux. « C’est une véritable mise en pratique du programme de physique-chimie de 4ème », précise le professeur. Les 18 élèves du club de sciences ont travaillé depuis septembre, à raison de deux heures par semaine, pour créer la nacelle, les capteurs embarqués et le système de « largage » de la morteau. « Il nous a bien fallu six mois pour trouver le bon système. On avait d’abord imaginé une catapulte, puis un autre système avec un moteur. Mais ils n’étaient pas assez fiables. Finalement, nous avons opté pour un fil chauffant activé par une minuterie qui libérera la saucisse », expliquent Thomas et Meziane (…)

Tout s’est finalement déroulé sans encombre. Et après un peu plus de trois heures de voyage – avec des pointes à plus de 210 km/h et un point culminant à près de 30.000 m –, la nacelle a finalement retrouvé la terre ferme un peu avant Zurich, conformément aux prévisions. Dans les prochains jours, les élèves vont étudier les données – température, presion atmosphérique – collectées tout au long de ce voyage de quelque 200 km. (…) ».

Désormais, du côté de Zurich, la Suisse (allemande) enquête.

On enquête aussi du côté de Jouy-en-Josas (Yvelines). Au siège de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Moins sur une charcuterie que sur un ovin. Une agnelle génétiquement modifiée, une affaire qui tient les médias en haleine depuis plusieurs jours déjà. Comme une lointaine résonance de Dolly et d’une vache potentiellement folle passée dans les gondoles de Carrefour. Quinze ans déjà et Libé était déjà là (1).

L’Agnelle de l’Inra

Une enquête préliminaire a été ouverte a-t-on appris mercredi de source judiciaire. L’affaire est, miracle de la transparence, racontée dans le détail sur le site de l’Inra.

« Une agnelle née d’une brebis génétiquement modifiée dans le cadre d’un programme de recherche médicale a été vendue à un particulier francilien en octobre 2014. Bien que cet ovin ne présente aucun risque pour l’homme ou l’environnement, l’Institut vient d’informer le parquet de Meaux de cette infraction au code de l’environnement. Les faits avaient en effet été dissimulés par un agent de l’Institut. »

Confiance  abusée

Puis les faits ont été révélés par Le Parisien. Confiée aux gendarmes de la section de recherche de Paris, cette enquête porte sur des faits présumés de mise sur le marché sans autorisation d’un produit contenant des OGM, abus de confiance et tromperie. Tout en dénonçant un « acte inadmissible »  commis sur son site de Jouy-en-l’Inra assure que la viande de cette agnelle ne présentait « aucun risque »  pour le consommateur.

L’Institut a évoqué « une succession d’erreurs et de responsabilités dans toute la chaîne hiérarchique ». Qui paiera ? L’agnelle expérimentale se nommait Rubis. Et la direction de l’Inra se ronge les ongles.

A demain

(1) Sur la cohabitation des animaux et des hommes, un ouvrage original et éclairant vient de paraître aux éditions Le Pommier. Loin des impasses végétariennes et anthropomorphisantes c’est une formidable clef de compréhension du vivant, normal ou pathologique. C’est aussi une reprise « profondément remaniée et enrichie » de « La vengeance  de civette masquée » (2007).

« Des épidémies, des animaux et des hommes » de François Moutou, docteur vétérinaire est l’ancien directeur du laboratoire santé animale de l’Anses (Maisons-Alfort). C’est aussi un « naturaliste dans l’âme ». Ce qui tend à démontrer que les vétérinaires ont, eux aussi, une âme.

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