Vous aimeriez mourir chez vous, mais vous ne le pourrez pas. Aimeriez-vous savoir pourquoi ?

Bonjour

En France, depuis douze ans, les épisodes caniculaires incitent à penser à la mort. Imaginer que l’on puisse mourir de chaleur… vieux et seul… sous les combles… oublié(e) de tous…dans le Paris de 2003… Depuis douze ans la puissance publique, les responsables politiques nous affirment, chaque été ou presque,  qu’ils mettent tout en œuvre… plus jamais ça…

Au n° 9, rue de la Santé

« Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie, se rendront dans les locaux de la crèche « Maison des Bout’chou » et de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes Péan, le 1er juillet à 11h45

Au cours de la visite, les mesures d’adaptation prises par l’établissement et celles qui pourraient l’être en cas de prolongation de l’épisode caniculaire seront présentées. La visite sera suivie d’un point presse informel. 

Adresse : EHPAD Péan (les locaux de la crèche sont dans ceux de l’Ehpad) 9, rue de la Santé Paris 13ème »

Mort géolocalisée

Il est une autre manière d’interpeller le pouvoir politique au sujet de la mort de sa localisation, et du respect des volontés exprimées. Une manière inversée. C’est ce que fait, ce matin même, l’Ined dans sa revue Population et Sociétés, juillet-août 2015, n°524. Numéro formidable, signé Sophie Pennec, Joëlle Gaymu, Françoise Riou, Elisabeth Morand, Silvia Pontone, Régis Aubry et Chantal Cases.

« La majorité des personnes souhaitent mourir chez elles, mais un quart seulement le font, résume l’Ined. S’appuyant sur l’enquête « Fin de vie en France », Sophie Pennec et ses collègues décrivent les lieux de vie au cours du mois précédant la mort. Elles examinent les transferts entre domicile, institution et hôpital, afin de mieux comprendre pourquoi le maintien à domicile est finalement peu fréquent à ce dernier stade de l’existence. »

« Justifier le non-respect du souhait »

Cette enquête permet de « retracer le parcours résidentiel et médical avant le décès ». On y apprend que quatre semaines avant leur mort, 45 % des personnes vivent à domicile. On y apprend aussi que « quitter son domicile pour entrer à l’hôpital et y décéder est le parcours le plus fréquent (30 %) » ; que « passer l’ensemble du dernier mois de l’existence chez soi l’est deux fois moins (14 %) ». Ou encore, corollaire, que « le départ de l’hôpital pour regagner son domicile est beaucoup plus rare (2 %) ».

« La complexité des soins rend souvent le maintien à domicile impossible, ce qui motive le transfert à l’hôpital, résument les auteurs. C’est de fait la raison la plus souvent évoquée pour justifier le non-respect du souhait de certains patients de décéder chez eux. »

Agenda

C’est là un bien beau, un bien noble sujet de réflexion politique et médicale (1). Symboliquement aussi important que le tiers payant généralisé. Il pourrait être associé à celui des directives anticipées, toujours en jachère. La vérité est que l’on voit assez mal, pour l’heure, quels sont les politiques qui le mettront à leur agenda.

A demain

(1) Dans l’enquête « Fin de vie en France », le médecin connaît le lieu de décès souhaité à la fois par le patient et sa famille dans 21 % des cas ; dans 16 % des cas il ne dispose que de la préférence de la famille et dans 5 % que de celle du patient.

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