Marisol Touraine fait la leçon à Roselyne Bachelot : « elle a voulu tout gérer d’en haut ! »

Bonjour

On n’écoute jamais assez France Culture. Le 3 juillet dernier, en pleine canicule, Emmanuel Laurentin avait, dans « La Fabrique de l’histoire », invité Marisol Touraine. En compagnie de l’historienne Anne Rasmussen (université de Strasbourg) la ministre de la Santé nous parlait de « son imaginaire historique ». Soit, ce jour-là, de la Révolution française, d’Allende, du Chili et de la social-démocratie. Emission enregistrée dans la célèbre, émouvante et effervescente « salle du Jeu de paume » à Versailles (Yvelines).

Versailles et Berlin

Elève de l’Ecole normale supérieure, la fille du sociologue Alain Touraine,  Marisol Touraine  cite François Furet et confie avoir « un rapport assez ambivalent à la Révolution française, ce surmoi collectif » – mais qui n’en a pas ? Elle regrette encore que la « deuxième gauche » soit « trop souvent réduite au réalisme économique » – mais elle n’est pas la seule.  La ministre dit enfin  « croire en l’Etat » – avant de confier avoir été « structurée politiquement « par la grâce de la chute d’un mur : celui de Berlin.

La croix et le boulet

On en revient à l’Etat…  trop d’Etat…  mieux d’Etat… à bas l’Etat… C’est dire qu’on en vient, chacun ses passions, au ministère de la Santé et à Roselyne Bachelot qui, chacun s’en souvient, occupa (mai 2007-novembre 2010) les fonctions que Mme Touraine exerce depuis mai 2012. Parler de Mme Bachelot à la Santé c’est, immanquablement, parler de la grippe A(H1N1) et de « l’affaire des vaccins ». Aujourd’hui animatrice de télévision Mme Bachelot porte ce sujet comme une croix. Ou comme un boulet, dont elle cherche à se débarrasser à son dernier ouvrage : « La petite fille de la Vème » (Flammarion). 19,90 euros.

Extraits :

« Mais je veux revenir en quelques lignes sur un sujet qui suscite en moi uen véritable rage inapaisée devant l’injustice incroyable du procès qui m’a été fait et qui perdure. Je veux parler…. De l’épidémie de grippe de 2009, dite grippe porcine ou encore grippe A(H1N1) !  Quand on regarde les éléments du réquisitoires qui m’est fait de façon récurrente, je suis une pauvre imbécile inconséquente, moitié Bécassine, moitié Marie-Chantal qui, un jour sur le coin de sa cheminée, a décidé d’acheter des dizaines de millions de vaccins et els a ensuite jété à la poubelle. Pour faire bon poids je n’aurais agi ainsi que pace que je suis à al solde de l’industrie pharmaceutique qui m’aurait grassement rétribuée. Je caricature à peine »

Honneur journalistique

L’auteure répond ensuite en quelques pages aux méchantes critiques qui lui sont faites. Elle dénonce la Toile (« cloaque où fermentent les théories complotistes les plus glauques et les plus dangereuses »). Elle accuse aussi les médias classiques de ne pas avoir toujours été à la hauteur. Mais félicite nommément trois de nos confrères (travaillant pour RTL, Libération et Le Figaro) et quelques autres (auxquels elle demande –assez étrangement- de lui pardonner de ne pas les citer) ; Des journalistes qui ont fait honneur à leur profession par leur rigueur et leur sang-froid.

Condamnée

A Versailles (Yvelines), dans la salle du Jeu de paume (1) la ministre des Droits des femmes ne reproche pas Roselyne Bachelot d’avoir, sur sa cheminée ou pas,  acheté des millions de vaccins. Sans doute aurait-elle fait de même. Elle la condamne en revanche pour avoir voulu « tout gérer d’en haut ». Entendre « par-dessus les professionnels de santé ». « L’erreur a été là … !».

Couperet

Trop d’Etat, en somme, si l’on comprend bien cette ministre qui, au nom du gouvernement, ferraille depuis des mois contre ces mêmes professionnels. Trop de Jacobins, pas assez de Girondins. Trop d’Etat tue l’Etat. Et, pour Mme Bachelot, le couperet politique est tombé. Le couperet tombe toujours. C’est d’ailleurs à ça, dit-on, que le condamné le reconnaît.

A demain

(1) On peut voir Marisol Touraine ici sur une vidéo de France Culture.

3 réflexions sur “Marisol Touraine fait la leçon à Roselyne Bachelot : « elle a voulu tout gérer d’en haut ! »

  1. A quand les responsables politiques traduit en justice pour avoir dilapidé l’argent public.
    Un chef d’entreprise qui fait se genre de connerie le paye très cher .

    • Merci pour cette précision. Les « crises sanitaires » passées imposent des relectures et des rappels. Il en va ainsi, par exemple, de la canicule de 2003 et du décryptage (toujours incomplet) des flux informations-décisions « Sapeurs-pompiers de Paris/Préfecture de police/Cabinet du ministre de l’Intérieur ». A n’en pas douter il en ira de même pour les crises présentes et à venir.

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