Tour 2015. Les coureurs cyclistes n’ont plus le droit d’user des aiguilles. Richard Gasquet si.

Bonjour

L’été L’Equipe étend son empire. Le soleil ne s’y couche jamais.

Prenons ce vendredi 10 juillet. Le Tour est maudit et le gazon sacré. Entendre que le début de la Grande Boucle n’est que chutes et fractures, crevaisons et dermabrasions. Un jeune espoir français est particulièrement visé par la poisse. Il se nomme Thibaut Pinot, a tout juste un quart de siècle et un bel avenir devant lui. Ses malheurs depuis le début de la course ont poussé les journalistes sportifs du Monde à oser un Pinot noir alors que le peloton n’était toujours pas sorti de la mélasse du pays du houblon.

Agonie sur court

Impériale L’Equipe titre aujourd’hui majestueusement avec un « Gasquet face à son destin » qui se poursuit par un « Richard G., une passion française ». Une sorte de Richard III à la française, un Poulidor au petit pied. On fait un évènement d’une demi-finale à Wimbledon où Richard, euphémisme, ne part pas favori (Novak Djokovic).

Mais l’évènement, le vrai, n’est pas là. Organisatrice de spectacle la maison L’Equipe sait pimenter les siens. Dans son édition datée du 7 juillet elle publiait, sur deux vastes pages, un entretien avec Richard Gasquet (Frédéric Bernès) intitulé « Heureusement que les infiltrations existent » (sans points de suspension…). Le champion français, 31 ans, y fait des révélations médicales… Le lecteur apprend qu’en mars il était à l’agonie (Indian Wells, abandon contre Berrer) … et que trois mois plus tard on le retrouve …sur le central de Wimbledon….  Que le syndrome de Maigne dont il croyait souffrir (inflammations récurrentes dit L’Equipe, c’est un peu plus compliqué comme on peut le voir ici)…) est en réalité une hernie discale. »

Mal de fou

Richard Gasquet : « (…) J’avais un mal de fou. J’avais peur. De retour à Paris, je fais une infiltration. Heureusement que les infiltrations existent, sinon je ne serais plus sur les courts aujourd’hui. Il y a un paquet de gars qui se font infiltrer. Ce sont des épreuves mais je ne suis pas le seul (…) »

C’en était trop pour ceux du Tour. Ces allusions bienveillantes aux infiltrations ont suscité l’ire du peloton qui, lui aussi, twitte. « Une déclaration qui a fait réagir le monde du cyclisme où toute injection par piqûre est interdite – c’est la ‘’no needle policy’’ – et où les équipes qui adhèrent au Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) rejette tout usage des corticoïdes » peut-on lire ce matin dans L’Equipe.

Sous infiltration

La réaction la plus virulente est venue de Julien Pinot, non pas Thibaut mais son frère qui, par ailleurs est son entraîneur. Julien a twitté ceci :

« Contrôle inopiné à 23 heures pendant que Gasquet se qualifie en demi sous infiltration. Pas le même traitement des instances et des médias »

Puis il s’est expliqué plus longtemps sur son indignation : « Je voulais montrer aux gens qu’on est contrôlés tous les jours et qu’on lutte vraiment contre le dopage. Tout le monde se fout que Gasquet subisse des infiltrations. S’il était cycliste… Thibaut, ça fait quatre jours qu’il a une bronchite, ils se soigne avec des plantes. Certains sports ne luttent pas contre le dopage. »

Paulo la Science remplacé

Un peu plus loin on peut trouver la chronique historique de L’Equipe. Jean-Paul Ollivier (dit « Paulo la Science ») y écrit ce qu’il raconta longtemps sur France Télévisions. Aujourd’hui il évoque la formidable histoire d’Albert Londres qui, en 1924, du couvrir le Tour pour le Petit Parisien. Conseillé par le journaliste sportif Henri Decoin (de L’Auto, ancêtre de L’Equipe), Londres rapporta les propos des célèbres frères Pélissier, alors fâchés avec Henri Desgrange, directeur du Tour. On connaît la suite et l’expression Les Forçats du Tour.

Albert Londres, reporter engagé, voulait supprimer le Tour après avoir supprimé le bagne de Cayenne. Plus tard d’autres journalistes s’y essayèrent. Aujourd’hui c’est Eric Fottorino qui, sur une radio privée et sur France Télévisions, a pris la place de Jean-Paul Ollivier. Albert Londres n’a toujours pas été remplacé.

A demain

2 réflexions sur “Tour 2015. Les coureurs cyclistes n’ont plus le droit d’user des aiguilles. Richard Gasquet si.

  1. La seule question qui se pose : est-ce qu’une infiltration des massifs articulaires ou une infiltration épidurale a les mêmes effets systémiques que l’injection intramusculaire d’un corticoïde retard (je pense au Kenacort Retard, la « bien aimée » des coureurs cyclistes) ?

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