Tour 2015- 7ème étape. Pour Luca Paolini « la cocaïne n’est pas interdite hors compétition »

Bonjour

On a connu L’Equipe plus prolixe. Le  site du quotidien sportif avait été le premier, hier, à révéler la positivité de Luca Paolini  à la cocaïne. C’était en ces termes :

« L’Italien Luca Paolini (Katusha) a été contrôlé positif à la cocaïne en début de Tour de France. Il est suspendu provisoirement. L’équipe Katusha en a été informée ce vendredi. L’un de ses principaux cadres, l’ItalienLuca Paolini (38 ans), a été contrôlé positif à la cocaïne sur le Tour de France (le 7 juillet dernier). Vainqueur d’un Gand-Wevelgem d’anthologie cette année, Paolini est l’un des lieutenants d’Alexander Kristoff. Il a été suspendu provisoirement dans la foulée.

L’usage de la cocaïne n’est pas interdit hors compétition (1) mais la « coke » est considérée comme un produit dopant en compétition. Les traces du produit se conservant assez longtemps dans l’urine, rien ne prouve donc que le coureur de Katusha en ait fait usage à des fins dopantes plus que dans un but « récréatif ». Mais ce qui compte pour les instances antidopage, c’est la date du contrôle, et Paolini a été testé positif pendant le Tour. C’est le premier contrôle positif constaté depuis le début de cette édition.

L’UCI a rapidement réagi en annonçant via un communiqué la suspension provisoire du coureur italien qui pourra réclamer l’analyse de l’échantillon B. » 

En catimini

On attendait, ce 11 juillet, les informations imprimées sur papier. Or rien ou presque, un entrefilet en bas de page 4. Avec cette précision :

« En début de soirée le coureur italien a quitté l’hôtel des Katusha en catimini. »

 Comme un trait définitivement tiré sur le passé de ce coureur de 38 ans, professionnel depuis 2000. Comme une déchéance pour avoir osé la cocaïne de préférence aux corticoïdes de jadis, à l’EPO survitaminée d’aujourd’hui ?

Il ne faut jurer de rien ? Un jour Luca Paolini reviendra dans L’Equipe. Le célèbre quotidien sportif nous montre jour après jour qu’il ne tourne jamais la page, recyclant sans fin le passé glorieux de toutes les disciplines, de tous les champions, même (surtout ?) quand ces derniers ont fauté. Mardi 7 juillet c’était le tour de Laurent Brochard de passer au confessionnal. Une pleine page. Brochard, ancien champion du monde et « acteur de la célèbre affaire Festina ». Rappelons que l’éffaire Festina est celle qui, comme le dit délicieusement L’Equipe (Philippe Brunel) « révéla au grand public l’existence d’un dopage organisé  au sein de votre équipe». Laurent Brochard conteste :

« On devrait dire au sein de tout le peloton, à part deux ou trois néopros, à l’époque, tous les coureurs prenaient de l’EPO. Tout se passe sournoisement, au début, on teparles de vitamines, de compléments alimentaires, après ça part en dérive, et tu n’en a pas conscience … »

8 juillet 1998, 5h 40 du matin

« L’affaire Festina » ? C’était en 1998. Qui s’en souvient ? Wikipédia :

« Le 8 juillet, à 5 h 40 du matin, au détour d’une petite route de Dronckaert à la frontière franco-belge, Willy Voet, un soigneur de l’équipe Festina, est interpellé au volant de sa voiture (une Fiat mise à disposition de l’équipe Festina par la société du Tour de France et aux couleurs de l’équipe) par la douane française. Ce qui devait être un contrôle de routine aboutit à la fouille de la voiture : dans le coffre, les douaniers mettent la main sur des sacs isothermiques contenant plus de quatre cents flacons de produits dopants et stupéfiants (235 ampoules d’érythropoïétine EPO, 120 capsules d’amphétamines, 82 solutions d’hormone de croissance, 60 flacons de testostérone, des corticoïdes et des amphétamines). Une rumeur circule rapidement dans les caravanes du Tour, voulant que Willy Voet ait été dénoncé « aux services douaniers par le directeur sportif d’une équipe concurrente, inquiet de la suprématie grandissante des Festina ». Selon Bruno Roussel, directeur sportif de Festina, lorsqu’il apprend à Richard Virenque la nouvelle de l’arrestation de Voet, la première question du champion français est : « Comment vais-je faire pour mes produits ? »

Placé en garde à vue, Willy Voet avoue trois jours plus tard et dénonce un dopage organisé et médicalisé au sein de son équipe. Une information judiciaire est ouverte par le juge d’instruction lillois Patrick Keil le 10 juillet pour importation en contrebande et circulation irrégulière de marchandises prohibées. La direction du Tour organise une réunion de crise le 11 juillet entre Jean-Marie LeblancJean-Claude Killy le président d’ASO et Bruno Roussel. Selon Roussel, Killy souhaite minimiser l’événement, le dopage n’étant pas pour lui comme pour Hein Verbruggen (président de l’UCI) « un problème en soi » à cette époque (…). »

C’était il y a dix-sept ans. Seulement.

A demain

(1) Le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions, nous fait observer que  la phrase  «la cocaïne n’est pas interdite hors compétition» a quelque chose de proprement stupéfiant.

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