Tour 2015 –jour de repos. Au nom de l’équité,le coureur ne doit pas être incité à découcher

Bonjour

Médiatiquement parlant, les jours de repos sont les plaies du Tour. Des marronniers à  meubler. On parle de tout et de rien. A commencer par la sexualité. Autorisée mais déconseillée ? Facilitée ou prohibée ? A l’heure où nous écrivons la Grèce et (provisoirement) sauvée et les vieux mythes ont la vie dure.

La performance du héros impose-t-elle l’abstinence ? La souffrance diurne sur macadam est-elle compatible avec des extases nocturnes ? Où est Pénélope pendant l’Odyssée sur pneu ? La littérature cycliste journalistique est ici, pour beaucoup, faite d’ellipses, de sous-entendus, d’astuces pour adultes avertis. L’inconscient cycliste et les codes de bonne conduite ne sont, tout bien pesé, guère différents de ceux des citoyens pédestres, lecteurs ou non de L’Equipe.

Motor-homes grand luxe

Le « quotidien du sport et de l’automobile », précisément. Il aborde aujourd’hui le sujet par la face nord. La face des « motor-homes grand luxe ». Ceux de l’équipe Sky (celle de Froome, le leader) qui frime avec un « méga-Pullman-restaurant » et « trois immenses motor-homes ». Une caravane atypique qui gène tout le monde sur les parkings vespéraux. Pourquoi cette débauche ostentatoire de moyens et de volumes ? Pour le confort des coureurs, ces purs-sangs, si l’on peut dire.

Or voici que L’Equipe (Benoît Lallement) nous apprend que l’UCI vient d’émettre un règlement à la hâte. « Il stipule  que, pour des raisons d’’’équité absolue entre tous les coureurs’’, ces derniers n’on pas le droit de dormir ailleurs qu’à l’hôtel. Certains évoquent également des soucis de localisations puisque les équipes doivent fournir tous les jours les listes des chambres pour les contrôles [anti-dopage]. » Ce qui est une autre forme d’équité.  Ce sont donc les membres du staff de Sky qui dorment, en éventail, dans le méga-Pullman. Ceci libère de la place pour les coureurs qui, enfin, disposent d’une chambre seule ce qui, après le drainage lymphatique,  prévient la problématique sonore de l’encombrement des voies respiratoires du co-équipier allongé sur le sommier voisin.

La bassine de Poulidor

L’Equipe a le souci de la perspective historique. Le quotidien sportif nous rappelle ce qu’on endurait du temps de Poulidor. A l’arrive de l’étape : une seule bassine d’eau chaude pour décrasser tous les coureurs de l’équipe. « Imaginez le dernier qui passait … » nous suggère Poulidor. On imagine sans trop de mal la crasse. « Parfois on ne se lavait même pas » nous confie encore le champion. On imagine aussi.

Après la journée de repos la fatigue est là. Ce soir, méga-Pullman ou pas, à Pau, tout le monde se couchera avec les poules. C’est une image.

A demain

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