Tour 2015 – dixième étape. Chris Froome est sympathique mais cela pourrait ne pas durer

Bonjour

Ce matin il faut lire la BBC de préférence à L’Equipe. On y saisit l’intensité de l’ire du champion britannique qui, hier, a assommé (terrassé, écœuré, dynamité, époustouflé, etc.) tous ses rivaux Assommé, qui plus est,  lors de la dixième étape doublement identitaire : le jour du 14 Juillet avec arrivée à La Pierre-Saint-Martin – soit la Révolution et la religion.

Respect

Aujourd’hui Froome, le « kenyan blanc », 30 ans, veut un peu plus de respect. Non, il ne tourne pas à l’eau oxygénée. A peine avait-il franchi la ligne d’arrivée qu’il se disait «fier d’être arrivé à ce niveau en étant propre ». Et interdiction  de lui demander à quelle altitude il serait s’il ne l’était pas (propre).

Les commentateurs professionnels sont dans le plus grand des désarrois. Ils confient, en direct (comme celui de France Télévisions) que les images de Froome se passent de commentaires. Quant aux consultants (Laurent Jalabert) isl conseille au peloton d’aller consulter (chez des psys). C’est dire la profondeur du trouble identitaire.

Etrange vidéo

On peut aussi lire Libération (Pierre Carrey). Il nous offre  la synthèse de ce qui se sait dans les milieux bien informés mais que L’Equipe (Alexandre Roos) distille. Les uns parlent d’espionnage et de paranoïa quand les autres citent WikiLeaks. Ce qui est, peut-être, une autre manière de désigner une facette de notre modernité. Résumons ce qui nous est présenté comme  une fuite d’informations scientifiques : les données d’entraînement de Chris Froome  auraient été dérobées par un pirate informatique (voir la BBC). Médiapart n’a encore rien révélé. Libération :

« Les soupçons sont apparus lundi soir, après la mise en ligne d’une étrange vidéo anonyme et apparemment accusatrice sur Youtube, qui divulguerait des informations physiologiques sur le coureur, accompagnées d’images de l’ascension du Mont Ventoux, dans le Tour de France 2013, où Froome s’était imposé en force. La vidéo, que nous n’avons pu consulter, a été retirée lundi dans la soirée.

La publication de ces données relève d’une infraction, celles-ci étant collectées à l’entraînement ou en course (par un capteur de puissance) pour un accès très restreint, réservé à l’athlète concerné et à son encadrement. Ces informations (par exemple la puissance, la fréquence cardiaque, la vitesse, etc.) demeurent confidentielles dans la plupart des équipes, notamment afin que les adversaires ne puissent pas s’inspirer des méthodes d’entraînement ou déceler une éventuelle période de forme ou de méforme à venir.

Lever le voile

Pour lever le voile sur les performances de Chris Froome dans le Tour 2013, la Team Sky avait accepté de transmettre les fameuses données à l’un des meilleurs experts en physiologie du sport, Frédéric Grappe, présenté alors comme «indépendant», mais conseiller à l’équipe de la FDJ (Française des Jeux). Ses conclusions étaient parues dans l’Equipe du 19 juillet 2013 (mais sans les données brutes, pas même le poids du coureur !). Elles étaient très favorables au Britannique, puisque l’expert français dressait quatre constats : «Sa puissance s’émousse naturellement» (il fatigue de manière normale), il possède «un potentiel aérobie hors du commun»«un poids très stable» et d’«excellentes qualités de récupération».

Le choix des titres de L’Equipe soulignait l’apparente innocence de Chris Froome. Ce qui a conduit d’autres experts (dont Antoine Vayer, dans Libération), à dénoncer une «opération de communication», voire une «manipulation». Par ailleurs, le Team Sky avait accepté de fournir des données sur une période de deux ans seulement, trop courte pour tirer des conclusions solides. A titre de comparaison, les informations biologiques de Thibaut Pinot s’étendent sur six ans et Frédéric Grappe les a rendues publiques en novembre passé, dans un article publié par le Journal of Sports Sciences. »

Sympathie et perfidie

Interrogé sur ses performances phénoménales dans le Mont Ventoux en 2013, Froome a répondu au soir du 14 juillet : «C’est une vieille histoire.» Quant au vol des données, il dit «ne pas savoir très bien» de quoi il retourne et souligne qu’elles sont vieilles d’il y a deux ans.

« Je suis sympathique, mais il doit y avoir, aussi, un certain niveau de respect aussi » a déclaré Froome sur la ligne d’arrivée du 14 juillet. Ce qui doit être interprété à la lumière de l’humour et du savoir-vivre britannique. De même que l’autre sortie du coureur qui qualifie de clowns ceux qui interprètent de manière malveillante les chiffres de sa puissance. En ce lendemain de 14 juillet et d’artifices européens l’Empire britannique montre, sur le sol français, l’ampleur de sa puissance et le degré de sa perfidie.

A demain

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s