Vincent Lambert : jusqu’à quand continuera-t-on à parler de l’arrêt, imminent, de ses «traitements» ?

Bonjour

Après le feuilleton, la nausée ? Nous sommes le mercredi 15 juillet. C’est le jour qui voit la famille de Vincent Lambert convoquée au CHU de Reims (« Vincent Lambert : est-ce la mort annoncée ? »). Et depuis l’aube la mécanique médiatique est relancée.  On n’ose imaginer le programme de RMC-BFMTV

Epilogue

François Lambert, neveu de Vincent a adressé une tribune à la presse. « Cela pourrait donc être l’épilogue de l’affaire », dit-il. Il fait partie, dans la famille Lambert, de ceux qui souhaitent l’interruption des traitements. C’est aussi le porte-parole principal de ce camp.  Aujourd’hui Libération (Eric Favereau) lui consacre sa page-portrait

« Dans «l’affaire Lambert», on pourrait le qualifier de vilain petit canard, si le sujet n’était aussi lourd. François Lambert est le neveu de Vincent. Il est à part, réactif. Omniprésent aussi. Alors que les frères et sœurs de Vincent se cachent, lui répond aux journalistes, fait circuler avec efficacité l’info. Il se bat au grand jour pour que la vie de Vincent s’arrête en bousculant un peu le fatalisme des frères et sœurs, en soutenant Rachel, la femme de Vincent. Et, surtout, il ne s’en laisse pas compter par Pierre et Viviane, les parents de Vincent, ni par la fraternité Saint-Pie-X qui les appuie (…) »

François Lambert est encore dans Le Figaro (Agnès Leclair, sur abonnement). Le Figaro qui, fort utilement, développe ce qu’est (ou pourrait être) la procédure collégiale.  En citant Emmanuel Hirsch (Espace éthique, Ile-de-France) et le Dr Charles Jousselin, président de la Société française d’accompagnement et de des soins palliatifs (SFAP). En citant aussi les critiques et inquiétudes  de « l’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés » (Unaftc).

 Exception

Ce matin François Lambert était sur Europe 1. Une exception : il n’était pas cité, hier, dans Le Monde (François Béguin). Et Le Monde ne confondait pas « traitements » et « nutrition-hydratation » (les qualifiant toutefois d’artificielles). Le quotidien croyait savoir  que c’est le Dr Daniela Simon, responsable de l’unité de soins palliatifs du CHU de Reims (hôpital Sébastopol) « qui prendra la décision finale » :

« (…) la médecin devrait annoncer la tenue dès la semaine prochaine d’une réunion  » collégiale  » de plusieurs praticiens. A charge pour eux de déterminer si de nouvelles expertises médicales sont nécessaires – comme le réclament les parents, qui estiment que leur fils, tétraplégique et en état de conscience minimale depuis 2008, a recommencé à déglutir ces dernières semaines – ou si l’on pourra prochainement arrêter la nutrition et l’hydratation artificielles, dans le cadre de la loi Leonetti sur les droits des malades et la fin de vie. »

 Et Le Monde croit pouvoir ajouter :

« Le Dr Simon ayant fait partie de l’équipe qui a décidé à deux reprises d’arrêter les traitements, le sens de la décision finale semble faire aujourd’hui peu de mystère. Reste l’inconnue du calendrier.  » Ce sera annoncé avant la fin du mois « , croit savoir Laurent Pettiti, l’avocat de Rachel Lambert, l’épouse de Vincent Lambert. Il se dit certain qu’aucun médecin extérieur au CHU ne sera sollicité pour participer à cette réunion. »

Marathon

Me Jean Paillot l’avocat des parents, à l’AFP :  « Si les parents ne sont pas entendus et si nous estimons que cette nouvelle procédure collégiale ne correspond pas aux droits fondamentaux de Vincent, nous saisirons le tribunal administratif ». Les parents de Vincent Lambert pourraient ainsi relancer un marathon judiciaire débuté au printemps 2013.

Et l’AFP de rappeler que c’est en avril 2013 que le Dr Eric Kariger avaient engagé un « protocole de fin de vie » en accord avec sa femme (présente quotidiennement) et une partie de la famille – mais sans consulter explicitement les parents vivant dans le sud de la France. Le 11 mai 2013, la mère de Vincent avait saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et obtenu du juge que les médecins reprennent l’accompagnement thérapeutique en rétablissant la nutrition du patient, qui avait été interrompue. Une interruption de trente-et-un jour. Un mois plein sans donner à boire et à manger.

Contradiction

Avec un mystère : le Dr Kariger expliquait qu’il avait pris cette initiative au motif que le malade multipliait des comportements d’opposition aux soins « faisant suspecter un refus de vivre ». Mais il expliquait aussi que son malade ne pouvait plus, en aucune façon, communiquer avec son entourage. Et que c’est précisément cette impossibilité à communiquer qui justifiait sa décision de ne plus le nourrir. On peut voir là un mystère. Ou une  ou une contradiction.

A demain

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