Tabac : Le paquet « neutre » encensé avant d’exister. Des buralistes payés plus pour qu’ils vendent moins

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Fanfares tricolores et roulements de tambours internationaux. Le tabagisme va trembler. Aujourd’hui lundi 20 juillet la France lance « une initiative internationale pour soutenir le paquet neutre ». Elle sera présidée par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. En son ministère seront représentés  les gouvernements d’Australie, d’Afrique-du-sud, de Hongrie, d’Irlande, de Norvège, de Nouvelle-Zélande, du Royaume Uni, de Suède et d’Uruguay. Des photographes seront autorisés à 10h 45 en salle  « Jean Dausset ». Puis une déclaration commune (qui sera ouverte à la presse) se tiendra à l’issue de la réunion, à 12 heures en salle « Fontenoy ».

On sait que le « paquet neutre » est la clef de voûte du dispositif gouvernemental du Programme national de réduction du tabagisme (PNRT), une annonce faite le 4 février 2014 par François Hollande et qui peine à être forgé. En toute hypothèse le paquet débarrassé de ses logos ne verra pas le jour avant 2016. Et il faut avoir la foi du charbonnier pour imaginer que l’effacement des images aidera l’esclave du tabac à se libérer de ses chaînes fiscalisées.  On verra ici ce que dit Philip Morris France du paquet neutre.

Dealers employés de l’Etat

La colère gronde toujours chez les dealers-buralistes. Et elle explosera dans quelques jours. Ils affichent partout que ce n’est pas en les tuant que l’on fera disparaître le tabagisme. Contrairement à l’affichage officiel sanitaire sur le « paquet neutre » le gouvernement ne veut pas croiser le fer avec ces commerçants employés de l’Etat. Il sait ce qu’il leur doit. Après avoir décidé de ne pas augmenter les prix des cigarettes il a nommé un médiateur : le député (PS, Doubs) Frédéric Barbier.  Il occupe le siège jadis occupé par  Pierre Moscovici, autre socialiste, parti sous des cieux, belges et grecs. Le député Barbier est un homme précieux pour son camp : il s’est imposé le 8 février 2015 (d’une courte tête) face à la candidate FN Sophie Montel.

Nous avons déjà parlé de la mission de M. Barbier qui consiste à envisager l’avenir de la profession de buraliste qui (si l’on croit au PNRT) n’en a plus.  Frédéric Barbier aime parler à la presse. En avril dernier il faisait une déclaration surprenante à l’Agence France Presse : il souhaitait (en substance) que les buralistes soient mieux rémunérés pour compenser la baisse attendue (espérée) de leurs ventes. Nous sommes en juillet et M. Barbier se confie au Journal du Dimanche de ce jour (Matthieu Pechberty).

Et il persiste : relever la commission des buralistes de 9 à 10% (d’ici 2020). Mieux : il veut introduire une incitation financière à la baisse des ventes. Comme un parfum de médicaments génériques et de pharmaciens. Plus forte encore, sa collègue (PS, Gironde) Michèle Delaunay qui veut une rémunération des buralistes inversement proportionnelle aux ventes. Un dealer payé à se tourner les pouces, en somme.

« On marche sur la tête » s’étouffe Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes. On peut le comprendre. Mais que M. Montredon se rassure. Pour l’heure, paquet neutre ou non, déjà essoufflée ou pas, la France du tabac marche sur ses deux pieds, avance à petit pas. Près de quatre-vingt mille morts prématurées chaque année. Et une politique de totale neutralité.

A demain

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