Tour 2015 – quinzième étape. Ambiance de plomb, leçons de journalisme, régression et jet d’urines

Bonjour

Régression à tous les étages. Rien ne va plus parce que tout va trop vite, à commencer par Froome. On en vient même à remettre en cause les fondations du spectacle. C’est comme un début de débâcle dans une France en surchauffe. Une France où des feux de chaume immobilisent une SNCF qui doit rembourser des milliers de billets en partance du Montparnasse. Une France où les éleveurs hurlent au loup et où on va les abattre après les avoir réintroduits. Une France qui ne sait plus si elle a sauvé ou assassiné la Grèce.

Crachats

La régression n’est jamais un spectacle très agréable. Hier, 18 juillet, on la retrouva sur la route qui va de Rodez à Mende. On l’avait déjà vue dans la montée-calvaire vers La Pierre-Saint-Martin. « Richard Porte a pris une mandale d’un spectateur dans les derniers kilomètres de l’ascension » rapporte aujourd’hui L’Equipe (Alexandre Roos), un journal  qui sait ce que mandale veut dire.   « Le lendemain, à Cauterets, l’Australien se faisait traiter de ‘’dopé’’ après l’arrivée et allait fissa d’expliquer avec son accusateur » ajoute le quotidien sportif. Puis des canettes de soda ont également volé en direction des coureurs de Sky et au moins deux d’entre eux se sont fait cracher dessus.» Il faudra songer à interdire les canettes de soda – faute de pouvoir prohiber les crachats.

Le 18 juillet, la régression a franchi une nouvelle marche vers le bas. « Hier, ce fut au tour de Chris Froome, le Maillot Jaune, d’être la cible et de prendre un gobelet d’urine en pleine poire », s’amuse L’Equipe. « Froome, le drame pipi » ajoutera Le Journal du dimanche (Mickaël Caron). Eclairage  de Froome : « Il avait un gobelet dans la main et je me doutais que c’était quelque chose d’étrange. Quand je suis passé à sa hauteur il l’a lancé sur moi et a crié ‘’dopé’’. Pas de doute, c’était de l’urine. C’est inacceptable pour de nombreuses raisons. » Froome est bien bon.

Scepticisme médiatique

Pour les suiveurs, aucun doute: ces incivilités ont commencé quand Froome a éparpillé la concurrence, façon puzzle, vers La Pierre-Saint-Martin. Il a gâché le métier. « Cette démonstration a été accueillie avec scepticisme par de nombreux médias » écrit, sans rire, L’Equipe. Et Froome ne supporte plus les médias qui le soupçonnent Il n’est pas le seule. Michelle Froome, son épouse, reparle désormais haut et clair. C’est sur Twitter. Elle rafale :

« J’espère que vous êtes attentifs, bandes d’idiots ignorants et irresponsables. Je suis complètement dégoutée. Aux journalistes qui prétextent qu’ils font leur boulot : votre boulot est de rapporter des faits, pas les opinions de personnes biaisées. »

L’Equipe nous guide dans le dédale des conflits d’intérêts : Cédric Vasseur et Laurent Jalabert (anciens coureurs, aujourd’hui consultants, notamment pour France Télévisions et RTL) s’étaient interrogés su la cadence de pédalage de son mari dans les cols. Mme Froome ne le permet pas. Quant au directeur sportif français de l’équipe de son mari, il accuse l’ancien champion Cyrille Guimard, 68 ans, d’avoir dit sur RMC  qu’il y avait des trucs qui clochaient. « Si ça cloche pour lui c’est qu’il ne comprend plus rien au vélo, et c’est bien dommage » a-t-il dit. Mme Froome a applaudi. Mr et Mme Froome forment une très bonne équipe.

Dignité

Le sport c’est aussi, parfois, la mort. L’Equipe fait sa Une d’un visage de Jules Bianchi (1989-2015) : « Il est parti ». Et rappelle que ce « jeune prince de la F1 » est mort « vingt-et-un ans, deux mois et seize jours » après la disparition d’Ayrton Senna. « On s’y était préparé, ajoute le quotidien sportif (Anne Guitini), néanmoins la F1 est meurtrie. »

L’Equipe veut parler ici de la durée du coma profond dans lequel était le champion depuis son accident survenu lors du Grand Prix du Japon, le 5 octobre 2014. La plus grande discrétion a été observée quant aux circonstances de cette mort survenue le 17 juillet au CHU de Nice, la ville où il était né. On peut voir là une forme de dignité médiatique.

Jeudi 23 juillet les médecins du CHU de Reims diront, publiquement, ce qu’ils ont décidé quant à la vie ou à la mort de Vincent Lambert.

A demain

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