Vincent Lambert : pourquoi n’avait-on pas, depuis 2008, nommé de «représentant légal» ?

Bonjour

Le pire n’est jamais sûr. Déjouant les innombrables prévisions médiatiques formulées depuis plusieurs jours l’équipe médicale du CHU de Reims ne s’est finalement pas prononcée, jeudi 23 juillet, sur un arrêt ou non de l’alimentation et de l’hydratation (et non des « traitements ») de Vincent Lambert. Recevant la famille de cet homme profondément handicapé depuis 2008, l’établissement a annoncé qu’il suspendait la procédure médicale collégiale mise en place le 8 juillet pour statuer sur sa situation.

Haut lieu

On peut très raisonnablement penser que des conseils (sinon des consignes) avaient, en haut lieu, été formulés pour qu’il en soit ainsi, dans l’intérêt général bien compris. On sait qu’ici la plume est serve quand la parole est libre (1).

Comment ne pas perdre la face ? Dans un communiqué, le CHU de Reims explique que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires (…) ne sont pas réunies ». Il plaide pour le rétablissement « d’un échange serein, dans l’intérêt de Vincent Lambert et de son accompagnement ». La sérénité, voilà l’affaire. Et on sait à quel point elle manque dans l’affaire Lambert.

Intégrisme

Le Dr Daniela Simon, directrice du service de soins palliatif où Vincent Lambert est hospitalisé, a dit estimer qu’il était de son devoir de saisir le procureur de la République pour « statuer sur la représentation globale de son patient ». Nombre de médias rappellent qu’en cas de décision d’arrêt définitif de l’alimentation-hydratation les parents de Vincent Lambert (« proches-des-milieux-catholiques-intégristes ») avaient annoncé leur intention de saisir à nouveau le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en référé-liberté.

Avec ce rebondissement une question (rarement, sinon jamais évoquée) va être publiquement soulevée : pourquoi aucune procédure de représentation légale de ce malade handicapé n’a-t-elle jamais, depuis 2008, été engagée ? Pourquoi personne ne l’a-t-elle jamais demandée ? Qui ici, a manqué à ses obligations ? Pourquoi a-t-on laissé dans cette unité hospitalière de soins palliatifs un malade dont l’équipe médicale avait, depuis mai 2013 jugé, que sa prise en charge ne s’imposait plus.

En temps et en heure

Ce ne sont là que quelques unes des questions qui demeurent, paradoxalement, sans réponses (2). Des questions éminemment éthiques qui dépassent Vincent Lambert et sa famille déchirée. Des questions qu’il faudra, au fil du temps reprendre.

Le sursis qui est aujourd’hui heureusement annoncé laisse espérer que ces questions pourront, en temps et en heure, trouver des réponses. Le pire n’est jamais sûr.

A demain

(1) Marisol Touraine, ministre de la Santé a Touraine a tenu à apporter publiquement « tout son soutien à l’équipe soignante de Vincent Lambert ». « L’équipe soignante n’a pas pris cette décision parce qu’elle refuse d’arrêter le traitement de Vincent Lambert (…). Mais parce qu’elle considère que les conditions de sécurité et de sérénités nécessaires pour mettre en  œuvre ce type de décision ne sont pas réunies» a expliqué la ministre. Mme Touraine n’a pas apporté plus de précisions.

(2) Sur ce thème on écoutera avec grand intérêt les propos indépendants et éclairés (vingt minutes) d’Emmanuel Hirsch (Espace éthique de l’AP-HP) dans « Expliquez-vous sur Europe 1 »

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