Maladie d’Alzheimer : le surprenant retour sur la scène du solanezumab d’Eli Lilly. A quel prix ?

Bonjour

L’affaire fait les gros titres de la presse britannique et américaine. C’est notamment le cas du New York Times (Andrew Pollack) , de la BBC (James Gallagher) ou de The Independant (Charlie Cooper). Rien de tel en France où les médias généralistes ne semblent guère intéressés. Le reflet d’une allergie sévère à l’industrie pharmaceutique et aux conflits d’intérêts ? Les effets d’un discours récurrent aux limites du mensonge quant à l’efficacité et à l’innocuité des médicaments proposés contre la maladie d’Alzheimer ?

Petit espoir

Résumons. L’affaire concerne le solanezumab , un anticorps monoclonal de la firme américaine Eli Lilly. Il aurait « ralenti la progression des symptômes de la maladie d’Alzheimer chez des personnes souffrant d’une forme modérément avancée de la maladie ». Ces observations « pourraient marquer la première avancée contre cette dégénérescence incurable ». Ce serait là un « petit espoir ». Ces personnes « auraient préservé la plupart de leurs capacités cognitives par rapport à des groupes ayant pris un placebo ».

L’information a été donnée par le groupe pharmaceutique Eli Lilly à partir de ses propres résultats à l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC) qui vient de se tenir à Washington. C’est là une information qui vient contredire les résultats négatifs présentés en 2012 au terme de deux larges essais cliniques .

Fin du placebo

Une sous-analyse des résultats observés chez les personnes qui étaient à un stade précoce de la maladie montraient que le solanezumab  lassait toutefois quelques espérances quant au maintien des capacités cognitives. Ces éléments avaient poussé Eli Lilly a poursuivre les essais cliniques pendant deux ans dans ce groupe. Eli-Lilly a proposé aux patients sous placebo de débuter un traitement par solanézumab et à ceux déjà sous traitement de le poursuivre. Dans cette extension de l’étude, les participants ont été suivis deux années supplémentaires. Plus de 650 personnes dans chaque bras.

« Ces données suscitent une lueur d’espoir « dans un domaine où il y a eu tant de déceptions » a déclaré au Quotidien du Médecin  le Dr Catherine Thomas-Antérion (Clémentine Wallace) responsable de l’unité de neuropsychiatrie au CHU de Saint-Étienne (qui n’a pas participé à l’étude). Le médicament agit sur une des causes directe de la maladie – la protéine amyloïde. C’est le premier médicament à modifier l’évolution de la maladie. Les patients qui ont commencé le traitement en différé ont également montré un effet positif, mais ils ne rattrapaient pas le niveau de performance de ceux qui ont commencé le traitement avant eux. Ça veut dire que plus on commence tôt, plus on est efficace. »

Enormité économique

Cette spécialiste ajoute : «  Certes ce n’est pas un traitement qui va guérir, mais on n’attendait pas ça. C’est un traitement qui peut possiblement infléchir l’évolution du déclin cognitif, si les patients le prennent tôt. Ils gagneront peut-être en qualité de vie ou en délais d’institutionnalisation. Si vous gagnez même six mois en qualité de survie, c’est énorme au niveau médico-économique. Dans ce cadre, ça vaut le coup de rembourser une molécule chère parce que ça a un impact important. »

Le discours est connu, les dés sont jetés. On attend la suite. Et le prix à payer.

A demain

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s