Découverte du rôle cancérogène d’un virus tenu pour sans danger et utilisé en thérapie génique

Bonjour

C’est une publication importante de la revue Nature Genetics datée du 24 août (« Recurrent AAV2-related insertional mutagenesis in human hepatocellular carcinomas»). Elle est signée de dix-sept chercheurs travaillant dans différentes institutions médicales et scientifiques parisiennes et bordelaises ; un groupe dirigé par le Pr Jessica Zucman-Rossi (Inserm, Hôpital Européen Georges-Pompidou ; AP-HP).

Les auteurs établissent le rôle de l’adénovirus de type 2 (AAV2) dans la physiopathologie  du cancer du foie. Le AAV2 est un virus « adéno-associé » considéré jusqu’alors comme non-pathogène, et fréquemment utilisé comme vecteur dans de nombreuses entreprises de thérapie génique.

Cancers du foie

La publication présente les résultats du suivi et de l’observation de cent quatre-vingt treize  patients atteints d’un cancer du foie. Le séquençage des tumeurs – réalisé sur la plateforme génomique de la société IntegraGen (1) – a permis aux auteurs de l’étude de découvrir (chez 11 patients) l’insertion d’une partie d’ADN du AAV2.

En comparant le tissu tumoral et le tissu sain des patients les chercheurs ont mis en évidence l’implication du virus dans le cancer : chez les onze patients concernés l’ADN du virus est davantage présent dans la tumeur que dans les cellules saines. « De plus, huit des onze patients étudiés ne présentaient pas de cirrhose et six ne présentaient aucun facteur de risque connu pour être associé au cancer du foie, expliquent-ils.  Les études complémentaires ont démontré que le virus, intégré dans l’ADN des cellules tumorales de ces patients, avait conduit à la surexpression de gènes impliqués dans la tumorigénèse. »

« Les patients cirrhotiques sont habituellement suivis et contrôlés pour la détection du cancer du foie, mais 5% des patients atteints de carcinome hépatocellulaire ne présentent pas de cirrhose au préalable », précise le Pr Jessica Zucman-Rossi, spécialiste de la génomique fonctionnelle des tumeurs solides.

Fruit du hasard

Elle ajoute : « Notre étude, démontre l’implication du virus AAV2 dans la survenue du carcinome hépatocellulaire, notamment dans les rares cas de cancer développés en l’absence de cirrhose et sans cause identifiée. Ces résultats appellent également à la précaution, compte tenu de l’utilisation fréquente de l’AAV2 dans les thérapies géniques : si l’insertion de l’ADN de ce virus dans des gènes favorisant les tumeurs reste rare et probablement le fruit du hasard, des précautions doivent être prises ».

A ce stade le Pr Zucman-Rossi ne dit pas lesquelles. Qu’est-ce que « le fruit du hasard » en génétique ?

A demain

(1) Cette société se présente ainsi : « Integragen est une société spécialisée dans le décryptage du génome humain, et réalise des analyses pertinentes et rapidement interprétables pour des laboratoires académiques et privés. Dans l’oncologie, qui se caractérise par un dérèglement génétique des cellules cancéreuses, IntegraGen fournit aux chercheurs et aux médecins des outils universels et individualisés de guidage thérapeutique leur permettant d’adapter le traitement au profil génétique du patient. Dans l’autisme, IntegraGen a mis au point le premier test de prédisposition génétique commercialisé aux Etats-Unis (Arisk) pour évaluer le risque d’autisme chez l’enfant. »

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