«Réparer les vivants» : après les planches, ce beau roman sera porté à l’écran. Comment ?

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« Moteur ! » le 23 septembre dans la région du Havre –  là où un jeune homme va mourir. Réalisation Katell Quillévéré. Une coproduction « Les Films Pelléas » et « Les Films du Bélier ». A l’affiche Tahar Rahim Dominique Blanc, Emmanuelle Seigner, Kool Shen et Anne Dorval. Scénario signé Katell Quillévéré et Gilles Taurand.

Ce fut ce que l’on appelle un « roman à succès ». Cela l’est toujours – et cela le demeurera longtemps encore. Nous avons pour notre part tenté d’évoquer sa beauté dans la Revue Médicale Suisse : « Organes humains qui après nous vivrez ». Sorti en janvier 2014 dans la collection Verticales chez Gallimard « Réparer les vivants » s’est vendu à plus de 150.000 exemplaires grand format. Il a été édité cette année en poche.

Hymne au don

Maylis de Kerangal récite à différents rythmes les dernières heures d’un jeune garçon, Simon, victime d’un accident de la circulation dont le cœur battra bientôt dans le corps de Claire, une quinquagénaire. Intervention à la Pitié-Salpêtrière. C’est un récit doublé d’un hymne au don. On chercherait en vain un tel propos dans la rentrée littéraire qui se bouscule déjà aux portillons médiatiques.

Cet hymne au don et à la chirurgie de transplantation a fait, il y a quelques semaines, un malheur en Avignon. Anonyme, une dépêche de l’AFP le rapportait ainsi :

« Une toute petite pièce, portée par un seul acteur, Emmanuel Noblet, fait le plein dans le off d’Avignon, à l’écart des grosses productions du festival officiel: « Réparer les vivants« , d’après le roman de Maylis de Kerangal. Sur la scène du petit théâtre de la Condition des Soies, le comédien tient tous les rôles ou presque dans la course contre la montre engagée pour prélever le coeur de Simon, mort dans un accident de voiture à 19 ans, et le greffer à Claire, 50 ans, qui attend dans un studio près de l’hôpital qu’un don lui sauve la vie.

Emmanuel Noblet prête son physique de jeune homme à Simon, porté par le déferlement de la vague lors d’une séance de surf – la dernière avant l’accident fatal. Il est aussi Pierre, le médecin urgentiste qui constate la mort cérébrale du jeune homme et doit l’annoncer aux parents. Il est Thomas, du centre de transplantation, à qui revient la tâche écrasante de demander aux parents en état de choc s’ils autorisent le prélèvement des organes de leur fils. Et aussi Virgilo, le chirurgien beau parleur aux doigts de fée qui va opérer. (…) »

Cette pièce créée à Avignon, et produite par le Centre dramatique national de Haute-Normandie, sera jouée à Rouen en novembre et dans le département, avant le Théâtre Montansier à Versailles en avril et un théâtre parisien en 2016/17.

Ecriture à l’écran

Le roman donnera donc aussi naissance à un film. Il s’agira du troisième long métrage de Katell Quillévéré, 35 ans ; après « Un poison violent » (2010) et « Suzanne » (2013). On dit cette jeune réalisatrice pleine de talent. Elle est, déjà, attendue au tournant de l’écriture portée à l’écran. Un exemple : comment s’y prendra-t-elle pour ceci :

«Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. (…)

Le cœur de Simon migre maintenant, il est en fuite sur les orbes, sur les rails, sur les routes, déplacé dans ce caisson dont la paroi plastique, légèrement grumeleuse, brille dans les faisceaux de lumière électrique, convoyé avec une attention inouïe, comme on convoyait autrefois les cœurs des princes, comme on convoyait leurs entrailles et leur squelette, la dépouille divisée pour être répartie, inhumée en basilique, en cathédrale, en abbaye, afin de garantir un droit à son lignage, des prières à son salut, un avenir à sa mémoire – on percevait le bruit des sabots depuis le creux des chemins, sur la terre battue des villages et le pavé des cités, leur frappe lente et souveraine, puis on distinguait les flammes des torches (…) mais l’obscurité ne permettait jamais de voir cet homme, ni le reliquaire posé sur un coussin de taffetas noir, et encore moins le cœur à l’intérieur, le membrum principalissimum, le roi du corps, puisque placé au centre de la poitrine comme le souverain en son royaume, comme le soleil dans le cosmos, ce cœur niché dans une gaze brochée d’or, ce cœur que l’on pleurait.»

A demain

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