Cigarette électronique dépénalisée: The Lancet vient d’exprimer une bouffée de contrariété

Bonjour

En Angleterre, se méfier des faux-amis. L’affaire concerne les derniers développements, dans ce pays, de l’affaire cigarette électronique. On se souvient du bruit fait il y a quelques jours par l’étude publiée par Public Health England (PHE) : elle concluait à son innocuité démontrée (vis-à-vis de la dangerosité du tabac) et à l’intérêt majeur qu’elle offre en termes de santé publique. (« Cigarette électronique : la Grande Bretagne engage une lutte anti-tabagique historique »).

Médiatisée comme il se devait cette étude (et la politique britannique en la matière) soulève désormais une question politique majeure quant à l’immobilisme des autorités sanitaires et du gouvernement français (« Cigarette électronique et politique :François Hollande et Manuels Valls soumis à la question »).

Interpellation gouvernementale

Cette publication a notamment conduit à une interpellation gouvernementale concrétisant l’émergence d’un nouveau rapport de force entre l’union des associations de lutte contre l’addiction (Fédération Addiction –RESPADD – SOS Addictions) et les usagers de la cigarette électronique (Aiduce) – (1).

C’est dans ce contexte que survient un événement imprévu : la publication, dans The Lancet, d’un éditorial exprimant une forme d’agacement devant la vitesse avec laquelle PHE intègre la cigarette électronique dans le développement de sa politique anti-tabagique : « E-cigarettes: Public Health England’s evidence-based confusion ».

Rendu public le 28 août par PHE le travail intitulé « E-cigarette : an evidence update » n’a pas eu l’heur de plaire à la direction du vieux et prestigieux Lancet [The Lancet® is a registered trademark of Reed Elsevier Properties S.A.)]

Escarbilles méthodologiques

Pour leur part, se refusant à considérer le travail de PHE dans une perspective dynamique de politique de santé publique, les responsables éditoriaux du Lancet se sont attachés, sur le bord des rails, à retrouver les escarbilles méthodologiques. Tous les cheminots de la publication scientifique savent que l’on en trouve autant que l’on veut en trouver. Ces mêmes responsables éditoriaux ne manquent pas, non plus, de surligner l’existence de quelques liens d’intérêts (qui sont par ailleurs détaillés dans l’étude publiée par PHE comme on peut le voir ici). En France Le Quotidien du Médecin (Clémentine Wallace) s’est intéressé aux critiques de l’éditorial du Lancet et reprend sa conclusion :

« Le fait de reposer sur des travaux dont les auteurs reconnaissent eux-mêmes la faiblesse méthodologique, et qui de surcroît sont fragilisés par des conflits d’intérêts concernant son financement, soulève des questions quant aux conclusions du rapport du PHE. Cela met également en doute la qualité du processus d’évaluation collégiale de cette agence. Le PHE se vante de protéger et d’améliorer la santé et le bien-être de sa population. Pour ce faire, l’agence doit reposer sur des preuves de la plus haute qualité. Elle a failli, cette fois, à sa mission »

Sans doute The Lancet estime-t-il, comme toujours depuis 1823, avoir pleinement rempli la sienne.

A demain

(1) Une initiative  signée de Brice Lepoutre, Président de l’Aiduce ;  Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction ;  Anne Borgne, Présidente du RESPADD ; William Lowenstein, Président de SOS Addictions et Philippe Presles, membre du Comité scientifique de SOS Addictions et de l’Aiduce.

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