Ecologistes et paludisme: accepter une technique de destruction massive des moustiques ?

Bonjour

Au chapitre de la biodiversité les moustiques (Culicidae)  ont-ils un intérêt ? Doivent-ils être ménagés ou peut-on, sans états d’âme,  programmer leur destruction ? Telles sont les questions soulevées par une publication originale qui n’a encore guère retenu l’attention en France – mais que l’on trouve sur le site de la BBC. C’est un travail de  chercheurs néerlandais publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (voir le résumé de ce travail). La publication intégrale des PNAS est disponible ici.

Electrostatique

L’équipe très spécialisée de Marit Farenhorst ( société In2Care, Wageningen) annonce  avoir mis au point  une nouvelle méthode de destruction massive des moustiques en ayant recours à de forces électrostatiques ; des forces qui ont pour effet de « lier » les moustiques à des particules d’insecticides.

« Nos résultats montrent que cette méthode permet d’augmenter l’exposition des moustiques de telle manière que même ceux qui ont développé des niveaux élevés de résistance peuvent être tués efficacement, expliquent les auteurs.  C’est là   un avantage important  dans le domaine de la lutte contre les maladies à transmission vectorielle et qui pourrait favoriser le développement de nouveaux outils de contrôle de la résistance des ces insectes. »

Anopheles et Culex

C’est là un sujet majeur de santé publique au vu du poids considérable des moustiques dans la transmission des maladies virales et parasitaire – le paludisme au tout premier chef. Un poids croissant du fait de la progression des phénomènes de résistance de ces insectes aux insecticides utilisés pour les détruire.

La méthode néerlandaise (testée sur le terrain en Afrique du Sud et en Tanzanie – et en laboratoire à Liverpool) consiste à utiliser de faibles quantités d’insecticides disposées  sur un filet électrostatique. Différentes souches africaines d’Anopheles résistantes aux pyréthrinoïdes  ont de la sorte pu être très rapidement vaincues à des taux approchant  100% avec de faibles doses de différents types d’insecticides actifs contre Anopheles et Culex.

Biodiversité

Ces revêtements électrostatiques peuvent, selon les besoins, être utilisés en différents endroits des lieux d’habitation, de travail ou de transport. Ils laissent espérer une grande avancée  dans la lutte sanitaire contre les moustiques (lutte « antivectorielle ») et dans la gestion des phénomènes inquiétant de résistance. Si ces espoirs sont confirmés ils marqueraient de notables progrès par rapport à ceux déjà accomplis avec les « moustiquaires imprégnées d’insecticides ».

Reste à savoir si les destructions massives et rapides des moustiques que cette technique  laisse entrevoir seront acceptées par les défenseurs les plus acharnés de la biodiversité. On peut le dire autrement : les moustiques (vecteurs de nombreuses maladies infectieuses et d’un nombre considérable morts prématurées à l’échelon planétaire) jouent-ils un rôle dans les équilibres écologiques – rôle qui devrait être préservé ? Les moustiques auront-ils bientôt des défenseurs ?

A demain

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