Cholestérol et littérature : dans quelques jours, la nouvelle saison du «scandale des statines»

Bonjour

Les grosses marées de la rentrée littéraires commencent à refluer. Christine Angot (née Christine Schwartz) ne dira jamais plus que ce qu’elle peine à écrire sur Châteauroux (Indre). Laurent Seksik (« L’Exercice de la médecine », Flammarion) aura peiné à se faire entendre des prescripteurs (médiatiques).

Il se dit que le dernier Laurent Binet (« La septième fonction du langage », Grasset) serait un peu longuet. Une certitude : on peut hurler de rire avec « Le Roland-Barthes sans peine par Burnier/Rambaud » heureusement réédité (trente-sept ans après) par Chiflet & Cie 13,50 euros.

Aguicher

Et voici que s’annonce la deuxième vague, médicale. Deux cylindrées et une seule (grosse) cible : les statines. Avec un teasing– aguichage que les futures cibles n’imaginent pas. Sans parler des « embargos ». Deux équipes sont sur le départ. Soit, par ordre inversé de date de parution, de prix de vente et de volumes de mise en circulation :

I « L’horrible vérité sur les médicaments anticholestérol » du Dr Michel de Lorgeril. 16.90 € ttc. Il paraîtra le 24 septembre aux éditions Thierry Souccar (on peut lire les 14 premières pages ici-même).

Eléments aguicheurs pour prescripteurs : « Ce nouvel ouvrage traite d’un sujet polémique : la toxicité des statines. Chercheur au CNRS, le Dr de Lorgeril dévoile par le biais d’études indépendantes les effets indésirables des médicaments anticholestérol, et la liste est longue : diabète, fatigue musculaire, maladies rénales, cancers, etc. Plusieurs émissions télévisions sont déjà prévues à la rentrée sur ce thème, avec l’intervention du Dr de Lorgeril. »

« Le Dr Michel de Lorgeril a été le premier à montrer que les études « miraculeuses » sur les médicaments contre le cholestérol sont biaisées. En réalité, les statines n’empêchent ni les infarctus ni les AVC. Avec ce nouveau livre, il révèle que ces médicaments pris par des millions de personnes, sont terriblement toxiques. Cette toxicité peut rester silencieuse pendant des années mais hélas, elle est réelle.

« Elle est d’autant plus ‘’silencieuse’’ qu’une corruption généralisée touche les sciences biomédicales. Les données publiées sont modelées pour servir les intérêts de l’industrie pharmaceutique. Les autres, les gênantes, restent dans l’ombre sous le sceau du secret industriel. Il aura fallu toute l’expérience du Dr de Lorgeril, médecin et scientifique de renommée internationale, pour arriver à cette conclusion implacable.

 Cette horrible vérité appelle trois mesures d’urgence : l’information immédiate des patients, le retrait des statines du marché et un moratoire sur la commercialisation des anti-PCSK9, la nouvelle génération d’anti-cholestérol. »

 A propos de l’auteur : Michel de Lorgeril est docteur en médecine, chercheur au CNRS, expert international en cardiologie et nutrition, membre de la Société Européenne de Cardiologie. Il est l’auteur des best-sellers « Cholestérol, mensonges et propagande » et « Prévenir l’infarctus et l’AVC ».

Corrompre

II « Corruptions et crédulité en médecine Stop aux statines et autres dangers » du Pr Philippe Even. 18,50 € ttc. Il paraîtra le 10 septembre 2015 aux éditions du Cherche-Midi.

«  Pourquoi les firmes pharmaceutiques fabriquent-elles des maladies qui n’existent pas ? Comment falsifient-elles les études de centaines de médicaments ? Comment l’industrie pharmaceutique est-elle devenue la plus riche du monde ?

Ce livre est violent, car les faits qu’il dénonce sont violents. Corruption, conflits d’intérêts, fausses maladies et faux traitements. Grâce à l’aide d’un petit nombre de professionnels de santé parjurant et dévoyant leur éthique et leur serment, l’industrie pharmaceutique engrange des bénéfices colossaux (100 milliards d’euros par an). Infiltrée à tous les niveaux politiques, administratifs, universitaires et médicaux nationaux et internationaux, elle est aujourd’hui, selon l’ONU, hors de tout contrôle.

Corruptions et crédulité en médecine s’appuie sur une analyse complète de la littérature scientifique pour prouver que :

  • le cholestérol est sans danger et les statines inefficaces pour protéger des infarctus et des AVC. Elles sont un toxique lent ; • les antiagrégants (7 millions de Français concernés), vingt-cinq fois plus chers que l’aspirine, ruinent la Sécurité sociale ;
  • les nouveaux anticoagulants (1 million de Français concernés), aussi ruineux, incontrôlables et sans antidote, sont responsables de centaines d’hémorragies mortelles.

Résultat : plus de 2 milliards de dépenses inutiles et entre 500 à 1 000 décès par an en France ! Il faut cesser de les prendre, avec l’accord de son médecin. »

Faut-il rappeler que Philippe Even (auteur prolifique et personnalité controversée)  est professeur émérite et ancien vice-président de l’université Paris-V, ancien doyen de la faculté de médecine Necker et président de l’institut Necker.

Mentir

III Abordant (notamment) le même sujet, mais publié en mars 2015 : « La vérité sur vos médicaments » – ouvrage collectif (éditions Odile Jacob). Remarquable quoique moins aguicheur. 23,90 € ttc. Plusieurs des auteurs sont voués aux gémonies par les deux premiers cités. Le Pr André Grimaldi y dénonce « l’analyse biaisée, parsemée de contrevérités et d’erreurs » du Pr Even quand il s’intéresse aux médicaments. « (…) Aux victimes du Médiator on pourra donc maintenant ajouter les  victimes de l’effet Even (…) ».

Le chapitre « Statines » y est signé du Pr Erick Bruckert, chef du service endocrinologie métabolisme et prévention cardiovasculaire, Institut E3M et IHU cardio-métabolique, La Pitié-Salpêtrière). Extrait :

« Toutes les récentes polémiques dans les médias sur l’utilité ou non des statines entraînent une augmentation de l’inobservance. Elles posent un vrai problème éthique et déontologique. »

Copier-coller

IV En février 2013, anticipant la sortie d’un ouvrage «anti-médicaments» à très fort tirage des Pr Philippe Even et Bernard Debré, la Haute Autorité de Santé (HAS) avait publié un communiqué de presse sans précédent. Extrait :

« La HAS constate un certain mésusage des statines en France : un recours abusif aux statines en prévention primaire – en regard notamment des effets secondaires possibles de ces molécules –chez des personnes qui ne sont pas à haut risque, en même temps qu’un défaut de prescription de statines chez des patients qui le justifieraient.

Inquiéter les malades, provoquer leur défiance vis-à-vis d’un traitement utile et vis-à-vis des médecins qui prescrivent leur traitement n’est pas responsable. Faire courir le risque d’arrêter leur traitement à des malades qui en ont réellement besoin fait porter une responsabilité lourde à l’auteur de ce livre.

La HAS tient à rappeler que les patients ne doivent pas interrompre leur traitement sans en avoir discuté avec leur médecin et que s’ils sont inquiets, ils doivent aborder ce sujet à l’occasion d’une prochaine consultation médicale. »

Deux ans plus tard la HAS devrait commencer à préparer un copié-collé.

A demain

3 réflexions sur “Cholestérol et littérature : dans quelques jours, la nouvelle saison du «scandale des statines»

  1. Dans le style « violent » et maintenant traduit en français , vous avez aussi
    Deadly medicines and organised crime du bon professeur Gotzsche.

    Que l’on peut recommander aux auteurs de « La vérité sur vos médicaments ».
    https://www.pulaval.com/produit/remedes-mortels-et-crime-organise-comment-l-industrie-pharmaceutique-a-corrompu-les-services-de-sante

    Le danois n’y va pas avec le dos de la cuiller. Il y a réellement des cadavres sciemment cachés dans les placards, la justice des USA obtient des « arrangements » pour des sommes folles mais les coupables récidivent au moment ou ils jurent par écrit lors des arrangements qu’il ne le feront plus « avant 5 ans » (ils sont biquets les juges US)

  2. J’ajouterais que les contradicteurs un peu méprisants de Even et de Lorgeril font feu d’arguments douteux, sous la ceinture (au sens pugilistique).

    1- Even est pneumologue il n’est pas qualifié pour parler de statines et cholestérol.

    Ah ?
    Ces gens perdent de vue qu’il y a en médecine ou devrait y avoir, 3 types d' »expertise »:

    Celle de la discipline, le savoir faire diagnostique, thérapeutique, la connaissance de la physiopathologie d’une spécialité (la diabétologie, les maladies cardiovasculaires par exemple).

    Celle de la planification et réalisation des travaux de recherche médicale ou biolmédicale.

    Enfin celle (qui est incluse en principe dans la précédente mais parfois on en doute) de la lecture critique des études médicale ou biomédicales.

    Pour cette dernière il n’est pas besoin d’être pneumologue pour déchiffrer si telle ou telle étude sur l’hypertension artérielle pulmonaire est valide et crédible. Ni cardiologue ni rien. Un peu de formation et de réflexion patiente (il faut du temps) sont le pré-requis.

    Even est parfaitement qualifié pour dire que telle ou telle étude est bien ou mal faite. Y compris en endocrinologie vétérinaire dans la Revue du Rongeur.

    2- Ce n’est pas éthique de dire du mal des hypocholestérolémiants. Ca tue des gens.

    Ah ?

    Ce qui n’est pas éthique, c’est de gober comme font la majorité , les résultats publiés sans y regarder de près. Des résumés envoyés par des « lecteurs » de sites spécialisés (the Heart, Medscape, par exemple) sont la pâture essentielle de sans doute une majorité de ceux qui essaient de se tenir au courant . Tache colosssale et insurmontable tant il y a d’études.

    Mais si l’on se donne la peine de lire les détails (et vraiment le détail en vérifiant les chiffres) des études, pour un petit nombre , car ça prend du temps, on s’aperçoit que, même dans les journaux réputés:

    – les vrais résultats publiés en détails sont souvent différent de ce qui est annoncé dans le résumé publié en tête d’article. Ceux qui lisent en général s’arrêtent là et sont trompés.

    – dans la discussion on fait dire aux résultats autre chose que ce qu’ils veulent dire.

    – lorsqu’il existe une différence significative entre le produitr x et le Y, on en fait grand cas alors que bien souvent cette différence est tellement minuscule que pour la grossir on l’exprime en risque relatif , variation de reisque relatif ou en « odds ratio » ou likelyhood ratio ou avec des courbes savantes que peu savent interpréter. Alors que la vraie différence est infime et ne justifie pas la conclusion enthousiaste.

    – qu’il existe des erreurs ou surinterprétations grossières et manifestement pas toujours involontaires.

    Ainsi j’aimerais bien savoir si les critiques de nos deux « satans » ont lu dans le détail les gros livres ou sont analysées et démontées par nos « satans » les études sur lesquelles se fondent nos croyances dans le mauvais cholestérol et son traitement.

    Ils n’en donnent pas limpression car ils n’opposent (et la presse bien pensante aussi) que des arguments d’autorité « toute le monde sait bien, les meilleurs experts disent que , il n’y a pas discussion sur le fait que « , mais jamais on ne les voit reprendre l’argumentation des « antis » point par point.

    C’est ça qui serait éthique. Car cette masse de bien-pensants ou majoritairement pensants sont bien assez pour se répartir la tâche et discuter scientifiquement le sujet. Ils ne le font pas. Quelles peuvent en être les raisons ?

    Parce que on aimerait savoir pour de vrai. Des vies sont en jeu.

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