Epidémie de centres dentaires «low cost»: l’entrée des loups dans la douce bergerie des chirurgiens-dentistes

Bonjour

Médecins, chirurgiens dentistes ou pharmaciens d’officine ont un point commun : la confraternité.

Ouvrons, ce matin, La Nouvelle République du Centre Ouest, édition d’Indre-et-Loire. Une photo éclate « Quand le ‘’low cost montre les dents’’ Hier, une partie du personnel, tout sourire, au nouveau Centre dentaire, rue Blaise-Pascal à Tours, à la « Nef ». Quatre cabinets et un bloc chirurgical sur 315 m2, 16 personnels et des tarifs  » jusqu’à deux à trois fois inférieurs à ceux couramment constatés  » dit son président.» (Olivier Pouvreau)

Où l’on donne la parole à François-Xavier Barrière inaugurant son « Centre de santé dentaire », le premier du genre dans le « quart ouest » de la France. Une ouverture « autorisée par Marisol Touraine, ministre de la Santé » et grandement facilitée par Michelin : fermant une usine dans le département le spécialiste auvergnat du pneumatique a dû y financer des créations d’entreprises.

5.000 € net par mois

Centre low cost, donc. Imbattable sur les prix pratiqués par la concurrence. Flirtant avec le dumping ? Une certitude :  les chirurgiens-dentistes sont « payés 5.000 € net par mois pour 35 heures ».  

« Nous mettons à disposition quatre cabinets dentaires, plus un bloc de chirurgie. Chaque cabinet est constitué d’une équipe, un chirurgien-dentiste (inscrit au Conseil de l’Ordre, évidemment), une assistante opératoire diplômée, ce qui permet de travailler à quatre mains, et une conseillère clinique qui suit le dossier administratif et parlera au patient avec ses mots à elle, simplement. Le praticien, lui, ne se concentre que sur ses soins. »

 « On prend les patients sur deux ou trois heures si nécessaire, pas une demi-heure, ce qui leur évite de revenir sur huit ou dix séances et de stresser autant de fois ! »

 « On accueille tous les patients, même les CMU, et on traite les urgences dans la journée.

« Nos Centres font hurler nos collègues libéraux mais arrangent bien les autorités de tutelle car nos tarifs permettent l’accès aux soins au plus grand nombre. Puis, on ne fait que répondre à la pénurie de dentistes. Les nôtres sont payés 5.000 € net par mois pour 35 heures ».

Honoré de Balzac

La Nouvelle République du Centre Ouest a voulu en savoir plus. Et la cité balzacienne lui a répondu. La profession gronde, rappelle ses fondements éthiques, ses cadres déontologiques, l’existence d’une juridiction ordinale. « Le souci de la rentabilité ne doit pas faire oublier que nous nous devons de soigner tout le monde, les urgences, les CMU… entend-on entre Loire et Cher.  Si on va trop loin on va tout droit au clash

Certains, plus remontés, en viennent aux grands mots, ceux d’équité, de morale, de décence. « Je ne suis pas contre la liberté d’entreprise, mais il faut être juste et respectueux vis-à-vis de sa profession, et se tenir au service de sa ville. Notre métier, c’est aussi un engagement » dit un libéral. Un deuxième rappelle qu’il existe déjà des « centres mutualistes » qui « bénéficiant d’avantages » pratiquent « des prix très raisonnables ». Sans que cela « pose problème ». Un troisième, responsable syndical : « C’est dangereux de donner à des financiers la gestion de la santé publique ».

Tous ou presque redoutent « l’entrée du loup dans la bergerie » résume, joliment, le quotidien régional.

Dentifree®

Sud Ouest racontait l’an dernier l’entrée d’un loup à Pessac (Gironde).  Il s’agissait alors d’un centre Dentifree®. Il existe aujourd’hui huit centres Dentifree® en France et d’autres ouvertures sont prévues avant la fin de l’année.  Sud Ouest  (Isabelle Castéra):

« Nicolas Thibert, fondateur des Dentifree, est un homme affable, il connaît les chiffres, ne se présente pas comme un sauveur de lhumanité, il est commercial, mais il propose un discours pragmatique. « 35 % des Français renoncent aux soins dentaires, pour des raisons financières. Se faire poser une couronne, un implant est devenu un luxe. En France, 56 implants sont posés pour 10.000 Français, chaque année, deux fois plus en Allemagne, en Italie et trois fois plus en Espagne. »

Létat des lieux nétonnera personne, car en moyenne un implant dentaire coûte chez un dentiste libéral 2.300 euros, hors prise en charge Sécu et mutuelle. Dentifree le pose pour 1.100 euros. Ils ont un secret : « En amont, jai travaillé avec les industriels dentaires, les fabricants d’implants, note Nicolas Thibert. Jai travaillé quinze ans dans le dentaire, jai assisté au développement des logiciels, scanners optiques, etc. Sur la base de partenariats avec les industriels, jai conçu Dentifree, en copiant les mêmes règles qu’une compagnie low-cost. Une technologie pointue, un savoir-faire reconnu, mais des services administratifs minimums parce que regroupés. »

 Dentistes venus de l’Est

Revenons à Tours, pour finir, avec la grande question : les soins dentaires ne seraient-ils pas trop chers ? « Ce sont les remboursements qui ne sont pas assez corrects » affirment les libéraux tourangeaux. Où l’on passe au serpent qui se mord la queue. Un libéral ajoute : « Ces centres dentaires bénéficient d’aides sociales et peuvent faire la promotion de leurs activités, pas nous. C’est facile de biaiser ainsi avec la loi, et d’employer des praticiens venant des pays de l’Est. »

Tout est dit. Et l’on en revient à la confraternité, cette haine vigilante.

A demain

4 réflexions sur “Epidémie de centres dentaires «low cost»: l’entrée des loups dans la douce bergerie des chirurgiens-dentistes

  1. Pour un dentiste libéral, les soins conservateurs sont notoirement sous-payés, compensés par des soins prothétiques sur-facturés et très mal remboursés.
    Ce système bancal est imposé par l’assurance maladie.
    Si des officines limitent leur activité aux soins prothétiques, en évitant de pratiquer à perte les soins conservateurs, elles peuvent effectivement se permettre de casser les prix… mais qui assurera alors ces soins conservateurs ? Il sera bientôt beaucoup plus facile de trouver un praticien pour mettre en place un implant dentaire que pour boucher une carie !
    Permettre aux dentistes de gagner correctement leur vie en soignant nos vraies dents, serait un excellent moyen de ne pas avoir besoin trop souvent de s’en faire poser de fausses.
    Dans d’autres domaines on appellerait ça de la prévention…

  2. En ma qualité de patient chez DENTIFREE PESSAC GIRONDE, je n’ai que des louanges a faire a leur endroit, L’accueil, la compétence du personnel, la qualité des soins pour moi irréprochables, la qualité des lieux et du matériel, du dernier cri,et bien sur grâce a leurs prix
    très bien étudiés j’ai pu faire-faire 11 implants, voyez l’ampleur du chantier !!!!
    Avis aux délateurs: a PESSAC aucun des membres du personnel praticien ou administratif ne viennent des pays de l’EST comme certains le laisseraient entendre.

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