Polémique sur les péridurales : les obstétriciens remettent les pendules à l’heure médicale

Bonjour

L’accouchement est-il surmédicalisé dans la France de 2015 ? Il y a quelques jours une étude de l’Inserm déclenchait une polémique obstétricale comme on en n’avait connu pas connu depuis, disons, le Dr Michel Odent et l’accouchement « comme à la maison ».

Le conseil national de l’Ordre des sages-femmes développait à sa manière  un récent travail d’une équipe de l’Inserm qui laissait apparaitre que si un quart des femmes souhaite accoucher sans péridurale, seule la moitié y parvient. L’étude de l’Inserm (unité 1153 / université Paris-Descartes, Centre de recherche Epidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité) était  dirigée par Béatrice Blondel. Elle venait d’être publiée dans  Anesthesia and Analgesia: Initial Preference for Labor Without Neuraxial Analgesia and Actual Use: Results from a National Survey in France”.

Burn-out

Lecture des responsables ordinales des sages-femmes : « La péridurale représente un véritable progrès pour les femmes et s’il a fallu attendre 1994 pour que toutes les Françaises y aient accès, lorsque Simone Veil instaura le remboursement à 100% de cet acte, le choix de celles qui ne souhaitent pas en bénéficier doit également être respecté. Les résultats de l’étude de l’Inserm suggèrent que notre pays ne peut aujourd’hui répondre à leur demande, puisque seule la moitié d’entre elles réalisent leur projet.

Elles ajoutaient que l’étude  de l’Inserm suggèraient également que la péridurale « pourrait être encouragée par le personnel médical afin de faire face à la surcharge de travail dans les salles de naissance ». Une manière de souligner « le problème de sous-effectif régulièrement pointé du doigt par toutes les instances représentatives de la profession ». « Cette problématique est préjudiciable pour les patientes, compromettant la qualité de l’accompagnement prodigué par les sages-femmes, mais également pour les professionnelles elles-mêmes dont certaines sont victimes de burn-out » ajoutaient-elles.

Hémi-confraternité

On sait les relations semi-confraternelles que peuvent entretenir sages-femmes et gynécologues-obstétriciens. Ces derniers viennent de réagir : « recours à la péridurale en France : non à l’instrumentalisation des chiffres à des fins corporatistes ! ». Ce qui a le mérite de la clarté.

« Le communiqué de presse de l’Inserm a donné lieu depuis à une instrumentalisation visant à dénoncer une surmédicalisation de l’accouchement quand les professionnels médicaux ont pour unique préoccupation d’apporter aux femmes les conditions les plus sûres et les plus confortables pour leur accouchement » regrette le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens français (Syngof).

Femmes libres

Ces médecins rappellent que si la visite avec un anesthésiste au cours du dernier trimestre de grossesse est obligatoire en France, c’est pour réduire les risques associés à l’anesthésie générale en cas de complication du travail – ou si la femme souhaite avoir recours à la péridurale au cours du travail. « Mais la femme reste libre de son choix et aucun médecin ne saurait lui administrer cette analgésie contre sa volonté ! » assurent-ils.

Et d’élargir le propos dans une perspective historique :

« La majorité des femmes qui accouchent en France sont heureuses de vivre ce moment fort de leur vie dans notre pays car elles peuvent profiter de la prise en charge efficace de leur douleur. Elles pensent à leur grand mère et parfois mère qui n’ont pas eu la chance de connaître la péridurale. »

Menace et sincérité

Ce communiqué de presse se termine sur une question dans laquelle on pourrait presque percevoir une menace :

«  Alors, la France veut-elle faire des économies sur le dos des femmes en diminuant les chances d’avoir une péridurale ? »

Comment répondre ? Et comment pourrait-on imaginer que les sages-femmes doutent un instant de « la sincérité et l’engagement médical, jour et nuit, des gynécologues obstétriciens au service des femmes » ? Et qui oserait douter de l’inverse ?

A demain

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