Philippe Even: jusqu’où ira-t-il dans ses attaques outrancières contre la médecine hospitalière ?

Bonjour

Aujourd’hui 9 septembre,  deux raisons, de lire Le Figaro (Damien Mascret). La première est que le vieux quotidien a eu l’occasion de faire main basse sur le prochain livre à scandale : celui du Pr Even dont nous parlions il y a peu : « Cholestérol et littérature : dans quelques jours la nouvelle saison du « scandale des statines’’ ». La seconde est qu’il nous offre une lecture critique de cet ouvrage – un brûlot qui, autant que l’on puisse en juger, pourrait bien totalement discréditer celui qui le signe.

Trop d’outrance additionnée à une forme de vulgarité n’a jamais servi une bonne cause. Et il faut, dans ces sphères médicales et hospitalières, savoir garder sinon son rang, du moins son style. Ne pas le faire expose vite au cas clinique.

Prostitutions

« L’attaque violente du professeur Even contre ‘’les parrains» de la médecine’’  » titre Le Figaro. C’est un euphémisme : l’ancien doyen d’une faculté de médecine parle de « putains académiques ». Que dira-t-il des responsables de son Ordre qui l’ont condamné à un an d’interdiction de l’exercice de la médecine (dont six mois avec sursis) pour avoir, dans de récents propos, «suscité chez les patients un sentiment de défiance à l’égard du médecin traitant ».

« Corruptions et crédulité en médecine Stop aux statines et autres dangers » du Pr Philippe Even. 18,50 € ttc paraîtra demain 10 septembre aux éditions du Cherche-Midi.  Le Figaro a pu le lire « en dépit d’un embargo soigneusement organisé afin de mieux frapper l’opinion publique ».

Economies

Ils sont nombreux, selon Le Figaro, les lecteurs potentiels qui pourront faire l’économie des 18,50 € ttc :

« Ceux qui avaient déjà parcouru les précédents ouvrages de l’ancien pneumologue n’auront pas de surprise en lisant celui-ci, car ils y retrouveront l’essentiel de ce qu’il avait déjà écrit contre les statines, contre les médecins, contre les cardiologues, contre les sociétés savantes, contre les autorités de santé, contre les revues médicales, contre les journalistes, contre les universitaires, contre l’hôpital. »

Damien Mascret extrait notamment le portrait que brosse l’ancien spécialiste de la cyclosporine de Dominique Giorgi, énarque et président du mystérieux CEPS (clef de voûte de la fixation des prix des médicaments) : «Il suffit de regarder Dominique Giorgi pour comprendre qu’il ne peut être pour l’industrie qu’un interlocuteur idéal. À croire qu’elle l’a choisi elle-même! Un visage éveillé, mais sans fermeté et sans malice. Un agneau au milieu des loups et qui ne paraît pas le savoir.» Un avocat dirait (dira?) s’il y a ici matière à diffamation.

Siciliens

 La métaphore du loup et des brebis n’est pas la seule utilisée par ce vieux berger-prédicateur. La prostitution est également présente dans ses mots-clefs.  Voici ce que nous dit, en exclusivité, Le Figaro :

« La charge du Pr Even est encore plus violente contre «la corruption de quelques dizaines de médecins universitaires, consultants et piliers des grandes firmes, des parrains, au sens sicilien du terme». Et il n’hésite pas à citer les noms de ceux qu’il appelle ces «putains académiques» (p. 316): «en France, Ph.-G. Steg, N. Danchin, G. Montalescot, J.-Y. Le Heuzey, J. Ferrières. »

 Ces médecins hospitalo-universitaires ont un double tort aux yeux de Philippe Even: ils travaillent beaucoup avec l’industrie et publient de nombreux articles. Beaucoup trop selon lui, qui feint d’ignorer qu’être cosignataire d’un article que l’on cautionne sans y avoir beaucoup contribué est fréquent en médecine. »

Remplaçant

 Critiquer, dénoncer un système n’impose nullement de frapper sous la ceinture. Le faire c’est prendre le risque d’être disqualifié. Le faire ouvertement de manière récurrente c’est perdre progressivement voix au chapitre –  se condamner à ne plus jouer que vétéran-remplaçant en division départementale.

 Le Figaro relève encore, dans ce brûlot, quelques grossières incohérences sur les statines. L’auteur écrit :  «Contrairement à ce que croient les cardiologues, il n’y a pas plus de raison de traiter en prévention secondaire, après un infarctus du myocarde, qu’en prévention primaire». Il  donne  parole à ceux des victimes du Pr Even : le Pr Gabriel Steg et Nicolas Danchin. Il faut les lire.

À la parution du précédent ouvrage dénonciateur et accusatoire du Pr Even, l’Académie nationale de médecine, la Haute Autorité de santé, le mensuel Prescrire et jusqu’au  Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) avaient jugé utile et nécessaire de tempérer les ardeurs tardives de l’ancien doyen. Ce dernier n’a rien perçu. Il semble, cette fois, que la cause soit entendue.On ne peut que le regretter.

A demain

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