Addiction numérique : le gouvernement envisage un droit des salariés à être déconnectés

Bonjour

Les méchants y verront évidemment un conflit d’intérêt. C’est Bruno Mettling, DRH de la société Orange qui a été choisi pour remettre à Myriam El Khomri (la nouvelle ministre du Travail) un rapport sur «La question du numérique et de ses conséquences sur l’organisation du travail ». Ce rapport, nous dit l’AFP, a été remis aujourd’hui et sera discuté à la conférence sociale du 19 octobre. Puis des mesures seront intégrées au projet de loi sur la réforme du Code du travail, présenté dans quelques mois.

C’est François Rebsamen, ancien ministre du travail qui avait demandé ce rapport en avril dernier. Dans la lettre de mission qu’il lui avait alors adressée, le ministre insistait sur les effets de la transformation numérique sur l’emploi mais surtout sur le travail : « Le numérique est porteur de souplesses et d’efficacités nouvelles via de (sic) outils de connectivité ou de gestion de données massives. Mais ces mêmes outils comportent des risques qu’il faut être capable de penser et de réguler dans une organisation efficiente du travail ».

Continuum de servitudes

Cinq mois plus tard, 36 propositions pour qu’entreprises et salariés « négocient bien le virage du numérique », phénomène qui bouleverse en profondeur l’organisation du travail. Myriam El Khomri entend « ne pas se faire déposséder de ce sujet par d’autres ministères » croit savoir l’AFP. Celui de Marisol Touraine aurait pourtant voix à ce nouveau chapitre.

L’ « irruption massive »  du numérique conduit à remodeler notre quotidien mais aussi notre rapport à la réalité pendant le temps de travail comme elle le fait en dehors. Ceci établit un continuum qui efface de frontières hier encore bien établies. Quid, dès lors, du temps de travail, des conditions de travail, de la mesure de la charge de travail, de la sécurisation du forfait-jour ? Parmi les préconisations du rapport Mettling, celle d’un droit et devoir de déconnexion (du téléphone, des mails…) – sujet qui méritera réflexion estime Mme El Khomri

Liens de subordination

Le syndicat CGT des cadres est pour sa part en campagne depuis un an pour un « droit à la déconnexion » que Bruno Mettling entend compléter par un « devoir de déconnexion ». Où il est question « des plages de trêve de mails ». Aux antipodes syndicales, la CFE-CGC n’est pas opposée aux évolutions  induites par la révolution numérique, qui crée « d’autres formes de travail » et « de liens de subordination ». Il faut selon elle « profiter pleinement des effets de cette révolution numérique pour en faire une source de développement économique et de progrès social ». Quant à FO elle s’inquiète  que le « devoir de déconnexion » préconisé par le rapport préconise de « traiter au cas par cas, entreprise par entreprise ».

Sous-jacente à ces commentaires mais jamais prononcé, le concept pathologique de l’addiction au numérique – qui, comme toute les assuétudes et un cocktail de plaisir évoluant vers l’esclavage, une illusion de liberté, un tunnel de nouvelle servitudes dont il faut se libérer ; ou en l’espèce, se déconnecter.

A demain

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