Cigarette électronique : Marisol Touraine taclée sévère par les vapoteurs. Affligeant spectacle des sénateurs

Bonjour

Santé publique : que retenir du premier tour de chauffe sénatorial sur la loi de modernisation du système de santé ? La fin des cabines à bronzer (contre l’avis du gouvernement…). Pour le reste les exhaustifs iront sur le site du Sénat. Et on lira le communiqué de presse désenchanté de l’Association Indépendante des Utilisateurs de Cigarette Electronique (Aiduce). Un communiqué de presse repris sur le site des buralistes. Extraits prisés :

« L’Histoire en retiendra, tout comme l’ensemble de la presse, que la seule santé qui ait sérieusement fait monter au créneau nombre de nos sénateurs, à l’occasion de débats portant sur un fléau tuant plus de 78.000 personnes par an en France, aura été celle du chiffre d’affaires des buralistes ! Ceux-ci auront ainsi été cités 53 fois dans le compte rendu de cette journée consacrée au débat sur un projet de loi de « santé ».

Ravages fantasmés

Une fois de plus, la cigarette électronique, dont la dangerosité n’a jamais été établie, s’est trouvée au milieu de débats portant sur des questions de santé, tandis que le fléau de la véritable cigarette n’était que peu évoqué. Une fois de plus ont été dénoncés des ravages fantasmés de la nicotine – qui comme chacun sait se pare de vertus quand on l’emballe dans des patchs ou des gommes – alors que la morbidité du tabac est liée à sa combustion (monoxyde de carbone, goudrons, produits cancérogènes), ou encore l’insoutenable péril que ferait peser sur nos existences le « geste » de vapoter / fumer / « séduire ». Certes, ce péril fantaisiste ne repose sur aucune étude, mais notre Ministre de la Santé l’a rêvé et c’est donc notamment sur cette spéculation qu’elle a ce mercredi encore étayé son discours pour tenter une nouvelle fois d’entraver le développement de la cigarette électronique (…).  

Certains représentants de notre peuple, rendons-leur cet hommage, ont malgré tout cru bon de faire état des bénéfices de la cigarette électronique en termes de réduction des risques ou d’avancer les récents résultats obtenus par le Public Health England, c’est-à-dire par les autorités de santé du Royaume-Uni, et la possibilité que la mystérieuse invention puisse malgré tout sauver des vies.

Imagination ministérielle

Notre décidément imaginative ministre de la Santé dénonça alors les résultats de cette étude du PHE comme dictés par les industriels du tabac et de la vape (dans un joyeux mélange). Nous sommes persuadés que ses homologues outre-Manche sauront apprécier les graves accusations que ces propos sous-tendent, et le cas que le gouvernement de l’Hexagone fait du sérieux de leurs travaux, de la probité de l’Independant Scientific Comitee on Drugs, ou de Mr Karl Fagerström lui-même. Que la ministre de Santé d’un pays où le taux de tabagisme dépasse les 30 % couvre de suspicion les travaux d’un autre chez lequel ce taux a chuté jusqu’à près de 18 % devrait nous interpeler. (…).

A l’inverse, Mme Touraine sut faire grand cas de l’étude du JAMA et de ses conclusions hâtives et discutées, qui démontrent en substance que des jeunes qui mangent du poulet ont plus chances de manger un jour du bœuf que les jeunes végétariens, et qui confond l’essai et l’usage. Fort curieusement, Madame Touraine choisit également d’ignorer l’étude « Paris sans tabac », pourtant plus large et commandées par ses services, menée auprès des Parisiens plutôt que des Californiens et montrant qu’en France comme en Angleterre, le vapotage faisait baisser le tabagisme chez les jeunes.

Les pairs amis

Encore une fois le choix des études avancées dans les débats fut orienté, leur contenu filtré, les avis des pairs omis, et les scientifiques donnant une autre vérité ignorés ou diffamés. L’aveuglement volontaire doit-il bien guider la politique de santé publique de la République?

En résumé, les véritables préoccupations de santé se seront surtout manifestées ce jour-là pour alerter sur les risques que pourrait éventuellement soulever la cigarette… électronique. Peut-être pas aujourd’hui mais… dans cent ans ! (Quand la science du moment ne vous permet pas d’argumenter selon vos besoins, il vous reste toujours la science-fiction. Malheureusement, n’est pas Jules Verne qui veut). En attendant ce très hypothétique futur, aucune promotion efficace d’une cigarette électronique permettant de réduire les risques liés au tabagisme n’aura été retenue. »

Situation française ubuesque

L’Aiduce n’est pas seule à ressentir une forme de désespérance désenchantée devant cette obstination des pouvoirs publics et de la ministre de la Santé à refuser les enseignements venus d’outre Manche et d’outre Atlantique. La situation deviendra bientôt radicalement ubuesque dans un pays qui bat les records quant à la proportion de fumeurs, qui a annoncé (en février 2014) le lancement d’un « Programme national de réduction du tabagisme » et qui fonde l’essentiel de son action sur un « paquet neutre » (dont l’efficacité reste à prouver) et qui refuse les trois leviers essentiels que sont l’augmentation drastique du prix du tabac, la facilitation de l’usage de la cigarette électronique et la prise en charge intégrale de la sortie médicale de cette addiction majeure.

« Nous poursuivrons malgré tout, et par toutes voies nos, démarches pour faire reconnaître la justesse de nos analyses sur une invention susceptible d’améliorer de façon drastique la santé de nos concitoyens » conclut l’Aiduce. C’est une bien étrange époque qui voit une association militer bénévolement pour la santé publique et, faute d’être entendue,  ne pas parvenir ne serait-ce qu’à  être écoutée par la ministre en charge de ce portefeuille. C’est plus que jamais une époque à désespérer de la politique. Avec tous les risques que cela comporte.

A demain

4 réflexions sur “Cigarette électronique : Marisol Touraine taclée sévère par les vapoteurs. Affligeant spectacle des sénateurs

  1. Je doute de l’efficacité de la prise en charge intégrale de la sortie de la dépendance.
    D’abord parce que la seule motivation financière n’a jamais permis à quelqu’un d’arrêter.

  2. Je me demande qui finance l’AIDUCE. Elle a de l’argent, j’ai l’impression, cette association indépendante. Ce serait intéressant d’enquêter à ce sujet.

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