Affaire Vincent Lambert : le CHU de Reims prêt à débourser 90 000 euros pour «gestion de communication de crise»

Bonjour

Jusqu’à quelles extrémités l’affaire Vincent Lambert nous conduira-t-elle ? Et combien coûtera-t-elle au contribuable ? Il faut désormais, pour comprendre, lire le « Bulletin officiel des marchés publics » daté du 4 août dernier. On pouvait y lire ceci, repris par lacentraledesmarchés.com . C’est un document édifiant qui dit le pouvoir pris par les communicants comme l’embarras d’une direction hospitalière perdue dans le dédale des images et des médias :

« Services- Nom et adresse officiels de l’organisme acheteur : Chu de Reims.
Correspondant : Mme La Directrice Générale, 45, rue Cognacq-Jay 51092 Reims Cedex Cellule-des-Marchés Publics, tél. : 03-26-83-27-20, télécopieur : 03-26-83-25-81 adresse internet : http://www.chu-reims.fr..
Objet du marché : prestation d’appui en communication exceptionnelle.

 Le marché a pour objet l’exécution de prestations d’appui à et d’accompagnement au bénéfice du Centre Hospitalier Universitaire de REIMS dans la gestion d’une situation exceptionnelle à laquelle elle est confrontée, en lui proposant des modes de communication appropriés.

Communication exceptionnelle

Les prestations relèveront de l’appui en communication exceptionnelle consistant à :
– fournir au Centre Hospitalier Universitaire de REIMS un appui en ce qui concerne l’analyse de la situation et l’élaboration d’une stratégie de communication externe, adaptée aux besoins de l’établissement et de ses agents ;
– assurer l’accompagnement du Centre Hospitalier Universitaire de REIMS pour la définition des cibles de la communication et l’élaboration des messages à diffuser ;
– appuyer le Centre Hospitalier Universitaire de REIMS en ce qui concerne le choix de vecteurs de communication pertinents et adaptés, tant en communication écrite (communiqués, dossiers…) qu’en communication orale (interviews, conférences de presse, déclarations…) ;
– assurer un suivi des actions de communication, par le biais d’une veille médiatique
Quantités (fournitures et services), nature et étendue (travaux) : le marché est un accord-cadre mono-attributaire selon le droit communautaire et un marché à bons de commande, sans minimum mais avec un maximum en valeur, passé en application de l’article 77 du Code des marchés publics.
Le maximum est fixé à hauteur de 89 990 euros (H.T.) pour la durée du marché.
Le marché est passé pour une période allant de sa notification jusqu’au 31 décembre 2015
. »

Coup de théâtre

Après une séries de bruits et de rumeurs cette information a été confirmée hier 22 septembre par Le Figaro (Delphine de Mallevoüe) Depuis,  silence plus que gêné de la direction hospitalière. Le Figaro observe le CHU a lancé cet appel d’offre au lendemain du coup de théâtre survenu, le 23 juillet (l’abandon de la troisième «procédure collégiale» engagée huit jours plus tôt par le Dr Daniela Simon «en vue d’arrêter les traitements»). On avait alors évoqué un soupçon de conflit d’intérêt et de partialité, ce soignant présidant le «processus de fin de vie» de Vincent Lambert tout en étant le «médecin-conseil» de Rachel Lambert, l’épouse du patient favorable à l’arrêt définitif des soins.

Clients prestigieux

Recourir à des communicants de crise ? Le Figaro, toujours lui, croit savoir que le marché aurait été remporté par la société Nitidis, «expert en communication sensible & gestion de crise» dirigé par Laurent Vibert e qui affiche de nombreux et prestigieux clients et partenaires dont le  Service d’Information du Gouvernement et différents ministères. La mission ? «Limiter au maximum la pression journalistique» ; «Créer des éléments de langage» ; «Travailler sur des argumentaires» ; «Faire du media-training»… Mais pour l’heure la direction du CHU (que nous avons cherché à joindre) garde le silence.

Par définition spécialistes des crises, les journalistes observeront désormais avec une acuité toutes particulière les informations qui, concernant Vincent Lambert, émaneront du CHU de Reims. A commencer par ce paradoxe qui voit cet établissement hospitalier comme tétanisé quand il s’agit de communiquer sur sa décision de faire appel à un communicant. Etrange mise en abyme qui en dit beaucoup sur la perte des repères identitaires de la fonction hospitalière.

A demain

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