Alcool: la mort de Fanny, 19 ans, n’aura pas provoqué d’électrochoc chez les pompiers

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Il y avait eu l’anesthésiste d’Orthez et la mort d’une jeune mère en train d’accoucher. C’était il y a un an. Il y a eu ce pompier volontaire de Saint-Hippolyte (Doubs) et la mort de Fanny, 19 ans. C’était le 20 septembre. Deux tragédies, deux morts et un coupable : l’alcool et une alcoolémie de deux grammes. Deux exemples et aucune leçon tirée à l’échelon professionnel et institutionnel.

Restons sur le cas de Fanny. « Si le cliché du pompier buvant à la caserne a vécu, ce drame rappelle la difficulté de contrôler l’alcoolémie des pompiers, notamment volontaires, explique l’Agence France Presse dans une remarquable dépêche (Stéphane Jourdain).  « Les sapeurs-pompiers ont plus de contraintes que le reste de la population. Le principe général, c’est pas d’alcool, rappelle le docteur Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF). Dans certains départements, un verre de vin ou de bière est autorisé au repos mais pas dans le Doubs ». »

Rarissime

« « Sur le papier, il n’y a pas d’alcool et c’est vrai que c’est de plus en plus rare d’en voir », remarque un pompier volontaire en service dans le Doubs qui a travaillé avec Fanny Simon et avec le conducteur alcoolisé. « Mais de l’alcool dans la caserne à la garde ce n’est pas rarissime, ça arrive encore », témoigne-t-il.

Dans les allées de leur congrès à Agen, les pompiers n’aiment pas parler d’alcool. Beaucoup y voit le « cliché » du pompier « qui boit un coup à chaque fois qu’il vend un calendrier » ou qui s’arsouille à la Sainte-Barbe. Mais ceux qui acceptent de témoigner rappellent qu’on ne peut pas interdire de boire à un volontaire d’astreinte.

Indisponible

« Chez moi dans l’Essonne, les règles sont claires: pas d’alcool quand on est en tenue, dans des locaux de pompiers ou quand on conduit », explique Thierry Pibernat, président du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires (GSNSPV). « Et c’est respecté ». « Mais le gars qui est d’astreinte chez lui peut boire. Si son bip sonne, il s’habille et il part et on ne peut pas le contrôler ».

Seule solution pour le pompier d’astreinte qui a bu: se déclarer indisponible. « Moi ça m’est déjà arrivé d’être appelé en plein repas de famille. Et j’ai dit je viens pas. Je ne vais pas mettre en danger les six personnes qu’il y a dans le camion », témoigne Mikael Richer.

Les soldats du feu peuvent aussi se mettre « indisponible » avant même d’être appelés, avec leur bip. Selon l’Est républicain, le conducteur du fourgon dans lequel Fanny Simon a trouvé la mort « a modifié plusieurs fois son statut » de disponibilité dans les heures précédant l’accident.

Bouteille au travail

Dernier filtre possible: que les collègues vérifient l’état du pompier. Mais, remarque un volontaire, « quand le bip sonne, tout va très vite. On s’habille, on demande sur quoi on part et on n’a pas le temps de regarder si le conducteur a bu ».

« Quand une équipe décale en pleine nuit, le chef de centre ne peut pas descendre pour contrôler si les types ont bu », confirme Gilles, ancien chef-adjoint dans l’Essonne.

Pour Éric Florès, conseiller à la FNSPF et directeur des pompiers de l’Aveyron, « le travail sur l’alcool a été fait ». « Il y a vingt ans, ils vivaient dans les casernes et il y avait de l’alcool. Mais nous avons fermé les bars et l’alcool a disparu. On mène aussi des visites médicales pour tester les indicateurs d’alcoolisme. Après, on ne peut pas maîtriser un type qui vient avec une bouteille au travail, comme dans tous les métiers. » »

Blocs opératoires

Comme dans tous les métiers ? Que dit-on au cabinet du ministre de l’Intérieur ? « Il  a pas de raison de faire un rappel à l’ordre dans la mesure où ça fait bien longtemps que les pompiers ont compris les enjeux et que l’alcool est interdit ». C’est un peu court.

Pour Thierry Pibernat, il n’y aurait qu’une solution, radicale: « les éthylotests au démarrage, comme dans les cars ». On avait aussi parlé des éthylotests à l’entrée des blocs opératoires. C’était après la mort d’Orthez. Cela avait fait rire. Le bébé, aujourd’hui, a un an.

A demain

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