Vincent Lambert : le pire n’est jamais certain. Les juge s’effaceront-ils devant les médecins ?

Bonjour

In fine, la décision reviendrait donc aux médecins. Le rapporteur public du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a, mardi 29 septembre, estimé que les médecins du CHU de Reims étaient en droit, en vertu de «leur indépendance professionnelle », de maintenir en vie Vincent Lambert – et ce en dépit des décisions de justice précédentes. Stéphanie Lambing, rapporteur public, a recommandé aux juges réunis en formation élargie pour une procédure hors du commun de rejeter la requête de François Lambert, le neveu du patient en état végétatif depuis 2008.

Ce neveu réclame, seul, l’application par le CHU de Reims de la décision prise le 11 janvier 2014 par le docteur Éric Kariger de suspendre jusqu’à la mort l’alimentation et l’hydratation de son patient. L’AFP rapporte que selon Stéphanie Lambing, la Dr Daniéla Simon médecin du CHU de Reims (qui a succédé au Dr Kariger parti officier dans le privé), a agi « en fonction de sa responsabilité professionnelle et morale ». Rappelons que le Dr Simon avait relancé (puis suspendu) une nouvelle procédure collégiale en vue d’un d’arrêt des traitements de Vincent Lambert.

Soins versus thérapeutique

On ne peut manquer d’être frappé par la nature et la portée a priori considérable des propos du rapporteur public. Ainsi les jugements du Conseil d’Etat puis de la Cour européenne des droits de l’homme (validant la décision médicale d’interrompre le maintien en vie de Vincent Lambert) ne pèseraient pas devant une nouvelle décision médicale qui serait opposée à celles, précédentes et hautement controversées, du Dr Kariger.

Le Conseil d’Etat avait jugé que la continuation des soins apportés à Vincent Lambert correspondait à une obstination thérapeutique déraisonnable – une interprétation contestée par celles et ceux pour qui on ne saurait assimiler la nutrition et l’hydratation à des thérapeutiques.  « La nouvelle procédure collégiale comme sa suspension en raison du contexte sont des décisions préparatoires qui ne font pas grief à Vincent Lambert », a estimé le rapporteur public. Le tribunal administratif devrait mettre sa décision en délibéré dans un délai de deux à trois semaines.

In fine, la décision reviendrait donc aux médecins, et aux médecins seulement ? Qu’en diront, en leurs conclaves, les magistrats du Conseil d’Etat ? Ceux du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne le diront dans deux à trois semaines. Le pire n’est jamais certain.

A demain

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