La mortalité routière et l’image du «cimetière»; les radars «leurres», ou l’astuce du balayeur

Bonjour

On connaissait la mise en scène du Premier ministre, on ignorait la formule du communicant. La voici : « les routes de France ne peuvent pas être un cimetière ». Il fallait un chiffre, ce sera « vingt-deux mesures ». Il en fallait une plus emblématique que d’autres : ce sera les « radars leurres ». A dire vrai, plus qu’emblématique elle est symbolique : les forces de police et de gendarmerie vont user du faux pour tenter d’obtenir ce qu’elles ne parviennent à faire avec le vrai. Il n’est pas dit qu’elles y gagnent en prestige ; encore moins en crédibilité.

Pour le reste, rien que du prévisible : « L’objectif n’a pas changé, je l’ai fixé quand j’étais ministre de l’Intérieur » a dit Manuel Valls : il s’agit de parvenir sous le seuil de « 2.000 personnes tuées sur les routes en 2020 », contre 3.384 en 2014. C’était le message du chef du gouvernement à la presse après un comité interministériel de sécurité routière à Matignon ; le premier depuis que François Hollande est président de la République et alors que le nombre des morts est reparti à la hausse.

Le tapis de l’employeur

Il y aura donc, désormais les « vrais » et les faux » radars. Cinq cents nouveaux « vrais » radars vont être installés sur les routes françaises – mais seulement dans les trois ans qui viennent  portant alors leur nombre à 4.700. Des radars « multifonctions » qui permettront de détecter, outre les excès de vitesse, des franchissements de ligne, des non-respects de distance de sécurité, etc.

Conduite sous l’emprise de stupéfiants

Et puis, dans le même temps, plus de 10.000 « faux », des « leurres » qui vont être installés pour la première fois en France. L’objectif est de multiplier par quatre les « zones radars » qui existent dans le pays, que ces radars soient des vrais ou des leurres. Pourquoi pas plus puisqu’ils ne coûtent rien ? Peut-être parce que passé un certain seuil le radar ne signifierait plus rien. Le balayeur ne peut indéfiniment reproduire son astuce ; le volume est somme toute limité qui permet de cacher la poussière sous les tapis de l’employeur.

Toujours dans le symbolique d’un Etat qui n’a plus les moyens de jadis : des radars embarqués vont par ailleurs être « externalisés » ; entendre « confiés à des prestataires agréés » même si les infractions seront toujours constatées par des officiers de police judiciaire. Jusqu’à quand ? On compte encore « une expérimentation de drones pour détecter les conduites à risques ». Sans oublier un contrôle technique obligatoire pour les deux-roues motorisés « lorsqu’ils sont revendus », ainsi que « le port de gants homologués ». Et tests salivaires pour détecter la conduite sous stupéfiants qui seront généralisés.

Croire aux radars ?

Pour lire le détail et le texte officiel, il faut se reporter ici. En rappelant que ce plan s’ajoute aux vingt-six  mesures annoncées en janvier par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Sans pour autant que le gouvernement n’opte pour le « big bang » que représenterait (avec le « zéro alcool ») la généralisation de l’abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur l’ensemble du réseau secondaire. Rien ‘est toutefois acquis ; « il faudra évaluer attentivement les résultats de l’expérimentation du 80 km/h » menée dans trois départements » a déclaré M. Valls.

L’association « 40 millions d’automobilistes » dénonce la mesure-phare : « On tape encore, en essayant de masquer les choses avec des leurres, a dit à l’AFP Pierre Chasseray, son délégué général. Les radars horripilent l’opinion publique, plus personne n’y croit. S’ils faisaient baisser la mortalité, celle-ci ne remonterait pas depuis 18 mois ! »

Citoyen-conducteur

La « Fédération des motards en colère » (FFMC) dénonce des « annonces de Père fouettard ». « Les mesures qui concernent les motards sont déconnectées des accidents de deux-roues motorisées, critique Marc Bertrand, chargé de mission sécurité routières à la FFMC. Ni le port des gants, ni l’instauration d’un contrôle technique ne va pas permettre de sauver des vies ».

Sans surprise l’association « Prévention routière » applaudit. Elle estime que ces mesures « vont avoir pour conséquence une augmentation des contrôles et un renforcement de l’égalité de tous devant la loi et constituent un signal fort adressé aux Français ».

L’égalité du citoyen-conducteur devant les leurres ?

A demain

Une réflexion sur “La mortalité routière et l’image du «cimetière»; les radars «leurres», ou l’astuce du balayeur

  1. En avertissant par des panneaux qu’il y a un radar , pas étonnant que la mortalité augmente.Des conduites à risques j’en vois tous les jours . Dépassement en haut d’une cote ,plusieurs fois j’ai freiner pour laisser passer une voiture qui doublait en face moi , des motocyclistes qui doublent une file de voiture et qui roulent très vite .Parce que en dehors des zones radarisés ( très peu en réalité ) : 4000 radars qui contrôle 200m (soyons large ) ça fait 800km sur 950 000 km de voies routières en France . Faut être con pour se faire choper au radar.

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