Transhumanisme et greffes d’organes : des généticiens créent des porcs compatibles avec l’humain

Bonjour

Il y aura, ici ou là, des résistances. Et puis, bien vite, on acceptera ces organes qui seront présentés comme d’origine porcine mais pleinement compatibles avec l’humain. Des organes humanisés qui viendront fort opportunément répondre à la demande croissante de greffons dans des populations occidentales vieillissantes.  Et un sujet à travailler par les spécialistes du végétarisme et de la métempsychose. Une possible suite, fantastique, pour Maylis de Kerangal : « Réparer les vivants II ».

Editer le vivant

Des porcs presque humains ? La perspective n’est pas nouvelle mais l’objectif se rapproche à grande vitesse grâce à l’outil « CRISPR-Cas9 », ce nouveau sésame génétique qui permet l’editing du vivant. Il faut aujourd’hui jeter un œil à Science pour prendre la mesure de la vitesse avec laquelle tout se précipite dans le monde de la génétique.  D’abord la publication originale : « Genome-wide inactivation of porcine endogenous retroviruses (PERVs) ». Ensuite la mise en perspective  “Gene-editing method revives hopes for transplanting pig organs into peoplesignée de la jeune et mystérieuse Kelly Servick. On peut aussi se limiter à la BBC : « GM could make pig organs for humans ». Rien en vue dans la presse française.

Ce travail a été mené par une équipe de quatorze chercheurs dirigés par le généticien Georges Church qui travaille pour le  « Department of Genetics » de la Harvard Medical School (Boston) mais aussi pour le « Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering » (Harvard University) et pour « Genesis Biosciences » (Boston). Dans son équipe des chirurgiens et un membre du « College of Animal Sciences » de la  Zhejiang University (China)

Xenotransplantations

Ces chercheurs expliquent en substance être parvenus, grâce au nouvel outil génétique, l’obstacle principal posé par les greffes de porcs sur l’homme : la présence, dans les tissus animaux, de rétrovirus (PERV) dont le porc s’accommode mais qui sont potentiellement mortels pour l’homme.

Leur publication  décrit « l’éradication de tous ces virus endogènes dans une lignée de cellules épithéliales de rein de porc ». Au total, gràce à « CRISPR-Cas9 » les soixante-deux PERVs  présents dans les reins porcins ont été éradiqués. Soit la porte ouverte à de possibles xénotransplantations, la même approche pouvant être utilisée sur d’autres organes d’animaux (les grands primates notamment) candidats à la greffe sur l’homme.

Boualem Sansal

Parallèlement aux travaux de l’équipe de Georges Church des sociétés américaines de biotechnologies s’attachent aussi à créer des animaux génétiquement modifiés pour des greffes de tissus ou d’organes chez l’humain. C’est notamment le cas de la société  Revivicor portée par la vague, montante, du transhumanisme et de l’amélioration de l’humain.

Un revival, aussi,  de « L’Île du docteur Moreau ». Quand vous aurez fini Science, intéressez vous à Herbert George Wells, mort en 1945. Et intéressez- vous au roman qui compte dans le monde francophone. C’est une œuvre étrange qui emprunte à George Orwell et à Julien Gracq : il s’agit, chez Gallimard, de  « 2084 ». Vous risquez de ne pas le regretter.

A demain

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