Nicolas Bonnemaison : « 5 mg d’Hypnovel® n’ont jamais tué un patient en deux minutes»

Bonjour

C’est une ligne de défense paradoxale pour qui est soutenu à bout de bras depuis le début par les militants du suicide médicalement assisté : lundi 19 octobre, Nicolas Bonnemaison, jugé en appel devant la Cour d’assises du Maine-et-Loire a publiquement maintenu n’avoir jamais eu « l’intention de faire mourir » ses patients. Il est jugé pour « l’empoisonnement » de sept personnes en fin de vie. Il concède des « erreurs » dans sa relation avec certaines des familles des personnes qui ont trouvé la mort dans son service.

A Angers on est entré dans la deuxième (et dernière) semaine du procès. Cas examiné : Françoise Iramuno, décédée à l’âge de 86 ans, deux jours après son admission en avril 2011 dans le service des urgences de l’hôpital de Bayonne. Victime d’un accident vasculaire cérébral hémorragique, elle y est morte d’un arrêt cardiaque. Le fils de Françoise Iramuno et sa belle-fille font partie des deux familles à s’être portées parties civiles.

Juin 2014

En juin 2014, devant la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques, l’évocation du cas Inamuro avait été particulièrement pénible :

« Françoise Iramuno, 86 ans, avait fait une chute. Hémorragie cérébrale. Le neurochirurgien qui l’avait examinée avait conclu à l’impossibilité d’une intervention et en avait informé Pierre, fils unique. Un deuxième médecin avait confirmé le diagnostic M. Bonnemaison se souvient et explique. Souffrance neuropsychique – sédation terminale. Deux soignantes se souviennent et parlent. Aucun signe de douleurs. Faciès détendu. Constantes biologiques bonnes. (…)

« Dans l’après-midi de ce jour d’avril 2011 une jeune aide-soignante et une infirmière  voient le Dr Bonnemaison ouvrir la pharmacie du service. Elles l’entendent « casser une ampoule » puis aller dans la chambre de la malade. Pus en ressortir. Alerte quelques minutes plus tard. Le cœur s’affole. Les deux femmes se précipitent dans la chambre. Plus d’espoir.  et L’infirmière aperçoit alors le médecin dans le couloir (…)

« Il aurait suffi qu’il nous parle et nous ne serions pas là, dit le fils Iramuno. Pierre et sa femme ont vu, dans ce silence du « mépris » et du « dédain ». « Par votre silence, vous n’avez préservé personne, ni vous, ni nous, ni le personnel soignant. C’est pour ça qu’on est tous là aujourd’hui », a lancé le fils de la morte à celui qui est accusé de l’avoir « empoisonné ». Pierre Iramuno aurait voulu que le docteur de sa mère lui parle. Or cet homme a gardé le silence. Ce docteur ‘’jusqu’au bout des ongles’’ n’a pas su ouvrir les lèvres. Ou il n’a pas pu. Qui tranchera ? »

Octobre 2015

 Lundi 19 octobre 2015. Souvenirs de Nicolas Bonnemaison : « le matin, quand je la prends en charge, le tableau est catastrophique, celui d’une patiente en fin d’agonie ». Le praticien a reconnu avoir pratiqué une injection d’Hypnovel, un puissant sédatif. Mais il ajoute : « ça n’a jamais été mon intention de faire mourir les patients (…) même si je sais que ça peut accélérer la mort ».

Il ajoute encore : « ce n’est pas le but, c’est un effet secondaire ». L’AFP le dit « déstabilisé par les questions insistantes de la présidente sur la nécessité de l’utilisation du sédatif, sur le fait qu’il n’ait jamais noté cette injection dans le dossier médical et pratiqué l’injection « d’un coup », sans échelonnement. »

Nicolas Bonnemaison : « Si je n’écris rien c’est parce que j’agis seul.Cinq milligrammes d’Hypnovel® n’ont jamais tué un patient en deux minutes. » (1) Il contredit ainsi la version, défendue plus tôt à Angers (comme à Pau) par deux témoins : une infirmière et une aide-soignante. Elles ont à nouveau dit qu’elles avaient été « choquées » après le décès brutal de la patiente. Selon elles cette malade avait le « visage détendu » (avant qu’elle ne meure) et qu’elle ne souffrait pas d’encombrement respiratoire.

Un pari sur la mort

Elles ont aussi déploré, une nouvelle fois, l’absence d’explications de la part du médecin, injoignable, selon elles, après avoir été informé du décès, et qui n’était pas là pour recevoir la famille. Elles ont, enfin, rappelé le pari fait par l’urgentiste avec un aide-soignant dans la salle de garde sur le décès rapide de l’octogénaire, la veille de sa mort. On hésite même à évoquer de quoi il s’agissait.

« Des propos odieux », a reconnu l’ancien médecin, mais qui servaient, selon lui, à « évacuer la tension ».Ce qui est tout- à-fait possible mais n’en est pas moins proprement insupportable. « Mes erreurs elles sont là: vis-à-vis de M. et Mme Iramuno, concède Nicolas Bonnemaison. Quoi que j’ai fait, visiblement, je ne l’ai pas fait suffisamment bien. »

On peut  sans doute le dire ainsi.

A demain

(1) Hypnovel® (chlorydrate de midazolam). Informations officielles : « Hypnovel® agit rapidement afin de vous rendre somnolent ou de vous endormir. Il vous rend également calme et entraîne un relâchement de vos muscles. Hypnovel® est utilisé chez l’adulte: comme anesthésique général pour endormir ou maintenir endormi.

Hypnovel® est également utilisé chez l’adulte et l’enfant: our les rendre calmes et somnolents s’ils sont en unité de soins intensifs. C’est ce que l’on appelle la « sédation » ; avant et pendant un examen ou une procédure médicale où ils vont rester éveillés. Cela les rend calmes et somnolents. C’est ce que l’on appelle la « sédation vigile » ; pour les rendre calmes et somnolents avant de leur administrer un anesthésique. »

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