Demain, chez tous les bons buralistes : grand choix de cigarettes électroniques et de substituts nicotiniques

Bonjour

Face au fléau tabagique nous voilà repartis dans les manœuvres politiciennes et buralistiques. En sommes-nous d’ailleurs jamais sortis ? Le député Fréderic Barbier (PS, Doubs) vient de présenter à la presse son rapport « Avenir des buralistes ». Ce rapport est disponible ici « Rapport Sur l’avenir des buralistes, présenté par Christophe Barbier ». C’est une demande de Bruno Le Roux, député (PS, Seine-Saint-Denis) président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

On y lit des phrases délicieuses  :

« Face aux 78 000 morts causés chaque année en France par le tabac, soit près de 200 par jour, le Programme National de Réduction du Tabagisme prévoit de faire baisser de 10% la consommation de tabac en France, sur les cinq prochaines années. C’est une mesure nécessaire que soutient Frédéric Barbier. »

Ou comme celles-là:

« Les buralistes n’ont pas à subir les conséquences de la politique de lutte contre le tabagisme. Ils peuvent au contraire se révéler être de véritables alliés dans la lutte contre le tabagisme. La première personne que le fumeur rencontre est en effet son buraliste. »

 Jusqu’à ceci :

 « Le buraliste joue déjà un rôle dans la politique de santé publique en faisant appliquer les règles de vente de certains produits. Ainsi, en vertu de l’article 98 de la loi n°2009-879 du 21 juillet 2009, il doit refuser de vendre du tabac aux moins de 18 ans. (Il doit également appliquer l’interdiction des jeux de hasard, eu égard au décret 2007-728 du 7 mai 2007).

 Il participe en outre à la prévention contre le tabagisme, lorsqu’ils relaient les campagnes d’informations auprès de ses clients. Cela doit être fait systématiquement. Il est surprenant d’entendre chez le buraliste un client qui annonce son intention de sortie du tabac en même temps qu’il achète un ou deux paquets de cigarettes. Cela se traduit par une phrase comme « il faudrait vraiment que j’arrête, donne-moi un paquet de … ».

 Comme il a été dit plus haut dans le rapport, la première personne que le fumeur rencontre, bien avant le médecin, c’est son buraliste. Il semble cohérent de tout mettre en œuvre et à tout moment de la vie du fumeur pour lui permettre de sortir du tabac, et surtout lui offrir une alternative au moment d’acheter ses cigarettes. Et donc d’engager un processus de sortie du tabac chez le buraliste. »

 Monopole pharmaceutique (fin du)

D’où les recommandations N° 10 et 11 : « Accorder une dérogation au monopole pharmaceutique sur certains médicaments d’aide à l’arrêt du tabac, comme les gommes, afin que les buralistes puissent également vendre certains substituts nicotiniques. L’État pourrait par la suite proposer aux buralistes de toucher une marge supérieure sur les substituts nicotiniques, à celle qu’ils touchent sur les produits du tabac, les incitant ainsi à vendre des produits pour arrêter de fumer.

Afin d’amplifier cet élan de réduction du tabagisme, il est également recommandé pour les produits restant vendus en pharmacie (car nécessitant plus de conseils du professionnel de santé) de mettre en place le remboursement intégral des substituts nicotiniques. »

 Sur la cigarette électronique :  

« Si le risque zéro pour la santé n’est pas encore parfaitement démontré pour la cigarette électronique, la plupart des spécialistes sont d’accord pour affirmer qu’elle est moins nocive que la cigarette et les produits du tabac classique. Aussi, nous savons que 71% des vapoteurs utilisent la cigarette électronique pour limiter leur consommation de tabac traditionnel. Il est donc important que les vendeurs d’e-cigarette accompagnent les fumeurs. Et ce d’autant plus que, selon une étude de l’Institut Arguments Corporate et TNS Sofres, malgré le fait que le buraliste soit la première personne en contact avec le fumeur (bien avant le médecin), seulement 22% des vapoteurs se fournissent chez les buralistes, contre 49% dans des boutiques spécialisées et 24% sur internet.

On peut par ailleurs noter, que du fait de leur modèle ultra-spécialisé, il est probable qu’un grand nombre de magasins spécialisés dans la vente de cigarettes électroniques, soient amenés à fermer prochainement. Une étude de la société Xerfi, présentée en 2014, affirme en effet que le marché de la cigarette électronique est passé de 39 millions d’euros en 2011, à 114 millions en 2012, puis 275 millions en 2013.

 Contrat d’exclusivité

La signature d’un contrat d’exclusivité est difficile à imposer, notamment parce que d’autres commerces spécialisés se sont installés à l’arrivée de l’e-cigarette sur le marché. En revanche, des négociations entre fabricants de cigarettes électroniques et buralistes ne peuvent qu’être encouragées afin de permettre aux cigarettes électroniques de continuer à être diffusées sur le marché (en dépit des fermetures possibles des magasins spécialisés). Cela constitue également une garantie durable pour la diversification des activités du buraliste. Un traitement spécifique lié à la promotion de l’e-cigarette pourrait être proposé. »

D’où la « recommandation n° 12 du rapport Barbier: « Encourager la vente de la e-cigarette chez le buraliste ». Avec ce corollaire  : « La cigarette électronique étant amenée à poursuivre son développement (Xerfi prévoit une croissance moyenne du marché de 8% par an, pour atteindre 450 millions d’euros en 2018), il conviendrait d’en assurer un meilleur contrôle, afin qu’elle ne tombe pas à son tour dans le commerce parallèle. »

 Dès aujourd’hui Le site des buralistes diffuse auprès des buralistes les trente recommandations du rapport Barbier – un rapport pour que l’avenir des buralistes soit un peu moins noir, un peu plus rose. Mmebre du groupe de travail la députée Michèle Delaunay (PS, Gironde) s’est désolidarisée des conclusions du rapport Barbier. On attend, désormais, les commentaires et suggestions de Marisol Touraine, ministre de la Santé, dont le paquet neutre voile l’avenir des buralistes.

A demain

8 réflexions sur “Demain, chez tous les bons buralistes : grand choix de cigarettes électroniques et de substituts nicotiniques

  1. Bonsoir
    vapeuse depuis trois ans j’ai totalement arrêter de fumer mais il ne me serai jamais venu à l’idée d’aller au bureau de tabac deja qu ils ne respectent jamais l’interdiction de vente au 18 ans et tout à coup faudrai leur faire confiance…
    vous prenez les gens pour des jambons ou quoi?
    Bien sûr c’est un gros marché qui échappe à big tabacco et big pharma et ça vous ne pouvez le supporter sous faux prétexte de contrôle…
    si vraiment vous voulez défendre la santé publique laisser faire les professionnelles de la vape et oui monsieur ils existent …
    je precise que je suis une citoyenne lambda je ne travaille pas pour un shop ou autre…
    j’ai juste découvert un moyen fabuleux qui m’a permis contre tout attente de stopper net mes 35 années de tabac…
    je suis dégoûtée aujourd’hui de tous ce système, les politiques les lobbies etc…

      • Toutes mes excuses professeur
        Ce petit témoignage est pour nos chers députés bien sûr et je suis allée trop vite dans ma colère

  2. « Le buraliste participe à la prévention contre le tabagisme »… il fallait oser !!!

    Mais finalement, pourquoi ne pas aller au bout de cette logique et profiter de la loi de modernisation de santé pour associer les buralistes à la politique de santé en les faisant participer à la vaccination anti-grippale ?

    EXPOSÉ SOMMAIRE

    Les dispositif anti-tabac de la présente loi vont entraîner une baisse de la vente de tabac, préjudiciable à l’équilibre financier des points de vente des buralistes.
    Par ailleurs la vaccination anti-grippale en France est en régression depuis plusieurs années, les études scientifiques montrant que la grippe est dangereuse pour les personnes fragilisées, en particulier les bronchitiques chroniques fréquemment tabagiques.
    Or une étude récente prouve qu’un tabagique se rend chez son buraliste 12,57 fois plus souvent que chez son médecin traitant. La même étude montre que seulement 8.5% de la clientèle d’un médecin généraliste présente une pathologie de type respiratoire, alors que la fréquence est notoirement plus élevée pour la clientèle d’un buraliste.
    Dès lors les buralistes semblent les mieux placés pour proposer la vaccination anti-grippale à leurs clients qui constituent une population à risque de grippe aggravée. Ainsi, tout en protégeant leurs clients des effets funestes de la grippe, ils pourront compenser la baisse de recettes due à la baisse de la consommation tabagique.

    PROPOSITION D’AMENDEMENT

    A la fin de l’article 33, est inséré un alinéa ainsi rédigé :

    « Après l’article L. 3511-10 du code de la santé publique, il est créé un article L. 3511-11 ainsi rédigé :
    « Art. L. 3511-11. – « Les buralistes sont autorisés à pratiquer la vaccination anti-grippale à la condition qu’ils aient validé une formation d’une demi-journée comprenant :
    « 1° Un volet théorique sur les risques de bronchite chronique induits par la consommation de tabac.
    « 2° Un volet pratique sur les techniques d’injection du vaccin antigrippal sous bonnes conditions d’asepsie.
    « Le local du buraliste devra disposer d’une salle de soins indépendante de la salle de vente du tabac et dépourvue de tout message promotionnel en faveur de la consommation de tabac.
    « La rémunération des actes de vaccination des buralistes sera basée sur un pourcentage fixé par décret de la lettre-clé C de la nomenclature CCAM, et évoluera ultérieurement en fonction des négociations conventionnelles auxquelles siégera désormais un représentant du syndicat le plus représentatif des buralistes.»

    • Initiative intéressant – mais nous pouvons aller beaucoup plus loin dans la médicalisation préventive de l’espace buralistique puisque (extrait):
      « Comme il a été dit plus haut dans le rapport, la première personne que le fumeur rencontre, bien avant le médecin, c’est son buraliste ».

  3. Le champix chez les buralistes … et puis dans la foulée les médocs pour le traitement du cœur dégommé par le champix … et on finira avec les monuments funéraires chez les buralistes … Arf j’ai le mot au bout de la langue … ah oui ça me revient : FOUTAGE DE GUEULE !

  4. A reblogué ceci sur The Ad Spreadet a ajouté:
    Difficile d’être juge et partie;de prôner le sevrage tabagique en étant buraliste! Plus intéressant serait de s’interroger sur la place de la para-pharmacie et de la grande distribution?

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