Charcuteries et cancers : Stéphane Le Foll affirme que l’on «peut » et «doit» manger de la viande

Bonjour

Le coup est parti. Les politiques se révoltent contre les scientifiques. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture a vivement réagi à l’étude de l’OMS estimant que la consommation de charcuteries et de viandes devait désormais être considérée comme un comportement potentiellement cancérigène. Quelques heures seulement après la publication de cette étude sur le site de The Lancet Oncology le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a mis en garde lundi contre « la panique ».

« On le savait déjà » ?

« Je ne veux pas qu’un rapport comme celui-là mette encore plus la panique chez les gens, a déclaré le ministre de l’Agriculture lors d’une rencontre avec la presse. Au delà d’un certain niveau de consommation on peut avoir un cancer. On le savait déjà. On peut et on doit consommer de la viande mais on doit le faire de manière raisonnable ». Le ministre a plaidé pour la mise en place de recommandations sur la fréquence de consommation, plutôt que pour une interdiction totale.

Sans doute Stéphane Le Foll n’a-t-il pas encore lu les conclusions du groupe de travail  composé de vingt-deux experts de dix pays différents réunis sous l’égide de  l’OMS. Dont deux Français : Denis Corpet (Ecole vétérinaire de Toulouse) et Maïa Meurillon (Inra). Les membres du groupe de travail  estiment que le risque cancéreux augmente généralement avec la quantité de viande consommée : chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée quotidiennement  augmenterait le risque de cancer colorectal de 18 % environ ; et une augmentation de 17% est annoncée pour chaque portion quotidienne de 100 grammes de viande rouge consommée par jour.

Vache folle

« Combien de crises alimentaires devons-nous affronter avant que les gens réalisent que les protéines animales ne sont pas bonnes pour nous », a réagi auprès de l’Agence France-Presse Jasmijn de Boo, présidente de la Vegan Society, une organisation créée en 1944 et basée en Grande-Bretagne :

« La salmonelle dans les années 1980, la vache folle dans les années 90, la fièvre aphteuse dans les années 2000, la viande de cheval il y a deux ans, et maintenant ça : il ne sert à rien de passer d’une viande à une autre. Il est plus sain et meilleur pour l’environnement et les animaux d’être végétalien », a ajouté le responsable de l’association qui prône l’exclusion totale de tous les produits animaux de l’alimentation, même le lait et le fromage. « Plutôt que de réduire notre consommation de produits carnés, nous devons entièrement les supprimer, il y a tant d’alternatives ».

Crises animales

Porte parole du gouvernement Stéphane Le Foll formule des recommandations radicalement opposées. On sait qu’il prend la parole alors que les élevages bovins et porcins subissent une crise profonde et durable en France – et que la consommation de viande y recule régulièrement depuis la fin des années 1990.

Faut-il, sur ce thème de santé publique, s’attendre à une prise de parole médiatique de Marisol Touraine ?

A demain

3 réflexions sur “Charcuteries et cancers : Stéphane Le Foll affirme que l’on «peut » et «doit» manger de la viande

  1. Il y a des chances qu’elle intervienne. Tous les lobbies sont à la manoeuvre avec des premiers chiffres ineptes annoncés à la radio, sur Inter notamment.

  2. Et on est dans le même marasme de tromperie , effet de manchette, emphase ampoulée qu’avec les articles téléguidés par bigPharma, bigPeur et autres astiqueurs de chromes.

    « 50 grammes de viande transformée consommée quotidiennement augmenterait le risque de cancer colorectal de 18 % environ ; et une augmentation de 17% est annoncée pour chaque portion quotidienne de 100 grammes de viande rouge consommée par jour. »

    QU’estce que ça veut dire, « augenté de 17% » ?

    17% par ans ? Pour toute la vie ?

    Ensuite c’est 17% en terme , à coup sûr de « risque relatif ».

    C’est à dire que si le risque moyen ou le risque du végétarien (faudrait savoir) de faire un cancer du colon est de 2% dans sa vie, s’il augmente de 17% , il passe à 3,4%.
    Donc en fait le vrai risque, risque dit « absolu » lui n’augmente que de 1,4%. Presque peanuts.
    Tout dépend du risque de base.

    Il devrait être interdit de parler d’augmentation de « risque ». Il faudrait ne parler que du risque absolu , le seul qui nous concerne car il prend en compte le risque de base. cela a été recommandé par maints méthodologistes et statisticiens, mais les grands journaux médicaux refusent de l’imposer à leurs auteurs. Follow the money !
    L’utilisation du risque relatif ne sert qu’à donner une importance à un resultat, aux auteurs, aux fabricants des médicaments ou instruments testés, ou à faire peur.
    Merde au risque relatif ! C’est l’instrument des menteurs.
    Imposons le risque absolu, et le NNT / NNH (number needed to treat / to harm ou nombre de patients qu’il faut traiter pour par exemple eviter à un seul une maladie ou incident donné, ou cuaser un effet néfaste.

    Le public serait estomaqué d’apprendre que le NNT de bien des traitements vantés come très efficaces est entre 40 et 200 ! Autrement dit que la plupart prennent le traitement pur rien ou l’ensemble pour un tout petit effet.

    Voyez par exemple: http://www.thennt.com/home-nnt/
    ou vous consulyterez avec emerveillement entre autres :

    ACLS Medications for Cardiac Arrest
    Anti-Hypertensives to Prevent Death, Heart Attacks, and Strokes
    Anticoagulation for Venous Thromboembolism
    Aspirin for Cardiovascular Prevention (After Prior Heart Attack or Stroke)
    Aspirin For Major Heart Attack (STEMI)
    Aspirin to Prevent a First Heart Attack or Stroke
    Beta Blockers for Heart Attack
    Clopidogrel Added to Aspirin During and After a Coronary Event or Stenting
    Clopidogrel for Cardiovascular Prevention (After Prior Heart Attack or Stroke)
    Clopidogrel with Aspirin for Prevention (After Prior Heart Attack or Stroke)
    Coronary Heart Bypass Surgery for Prevention of Death
    Coronary Stenting for Non-Acute Coronary Disease Compared to Medical Therapy
    Defibrillation for Cardiac Arrest
    Early Invasive Management for Acute Coronary Syndromes
    Glycoprotein Inhibitors for Major Heart Attack with Stents or Angioplasty
    Heparin for Acute Coronary Syndromes
    Hormone Replacement Therapy For Cardiovascular Prevention (After Prior Heart Attack or Stroke)
    Hormone Replacement Therapy for Cardiovascular Prevention of a First Heart Attack or Stroke
    Hypothermia for Neuroprotection After Cardiac Arrest
    Mediterranean Diet for Heart Disease Prevention (Without Known Heart Disease)
    Mediterranean Diet for Post Heart-Attack Care
    Non-Invasive Positive Pressure Ventilation for Pulmonary Edema
    Statins for Acute Coronary Syndrome
    Statins for Heart Disease Prevention (With Known Heart Disease)
    Statins for Heart Disease Prevention (Without Prior Heart Disease)
    Thrombolytics for Major Heart Attack (STEMI)
    Treatment of Mild Hypertension for Cardiac Prevention
    Vitamins and Antioxidants for Primary Prevention of Cardiovascular Disease
    Warfarin for Atrial Fibrillation Stroke Prevention
    Warfarin vs. Aspirin For Atrial Fibrillation Stroke Prevention

    Bonne lecture !

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