« Un corps, je le masse, je le pétris, je le malaxe, mais jamais je ne tripote ! » (Pierre Pallardy, ancienne star de l’ostéopathie)

Bonjour

C’est une dépêche qui ne dira rien aux plus jeunes. Une dépêche de l’AFP signée Jessica Lopez Escure, une dépêche  mandée de la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. Il y est question de Pierre Pallardy, ostéopathe qui fut assez longtemps un phénomène médiatique, auteur infatigable de best-sellers sur la santé.  Pierre Pallardy devait, à partir d’aujourd’hui 27 octobre, être rejugé en appel pour des viols et agressions sexuelles sur certaines de ses patientes – gestes qu’il a toujours niés.

L’homme avait été jugé en octobre 2013 par la cour d’assises de Paris. Il était alors accusé de sept viols et de sept agressions sexuelles. Reconnu coupable il avait été condamné à dix ans de réclusion criminelle. En février 2014, l’ancien praticien a été remis en liberté – après avoir payé la somme de 150.000 euros de cautionnement, équivalente au montant des dommages et intérêts qu’il avait été condamné à verser aux parties civiles.

Le « couple idéal de la santé »

L’accusé est aujourd’hui  âgé de 74 ans et comparaît libre (avec sa femme Florence Pallardy) devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis.

Pierre Pallardy… les années faciles des années 1990… l’ostéopathe du « tout-Paris » qui se précipitait dans son cabinet du 16e arrondissement parisien le plus chic. Une jeunesse d’orphelin balloté d’institution en institution… devenu kinésithérapeute… puis ostéopathe dans les années 1970. On se souvient encore de l’élégant Pallardy et, mieux encore, dans les années 1980-90 avec sa femme Florence le couple idéal de la santé (hebdomadaire Elle). Il citait, parmi ses clients, Picasso, César, Joseph Kessel ou Marcel Dassault.

Pierre Pallardy … ses best-sellers sur le bien-être traduits en plusieurs langues… Pierre Pallardy… et ses innombrables  plateaux de télévision… ses  clubs de remise en forme à Paris … à Deauville … son  hôtel-spa sur l’île de Ré.

« Narcissique »

Puis la décroissance, comme le rappelle l’AFP. En 2004, une première plainte pour agression sexuelle – classée sans suite. En 2006, nouvelle plainte est déposée par une cliente décrivant « attouchements », « tentative de pénétration » et « questions insistantes de nature sexuelle » lors de deux rendez-vous au cabinet – puis au domicile – du praticien. Ce signalement inquiète les enquêteurs qui, bientôt, contactent tous les patients et patientes figurant dans les carnets de rendez-vous de l’ostéopathe. De fil en aiguille Pierre Pallardy est accusé de sept viols et douze agressions sexuelles. Mis en examen en 2006 il a, depuis, toujours nié les faits.

« Lors de son premier procès, face à d’anciennes patientes décrivant un « manipulateur », « narcissique », profitant de leur mal-être et de leur faiblesse, il avait notamment déclaré: « Je ne tripote jamais un corps: je le masse, je le pétris, je le malaxe, mais jamais je ne tripote » se souvient l’AFP. Pour lui, ces femmes s’étaient méprises sur des gestes thérapeutiques de sa « méthode puissante et dangereuse », qui pouvaient en outre faire ressurgir des souvenirs enfouis de violences sexuelles, ou avaient fait des « transferts » sur sa personne. »

Pierre Pallardy a un nouvel avocat : Me Luc Brossollet. Il explique que son nouveau client conteste toujours toutes les accusations. Et « avec force ». De santé désormais fragile, interdit d’exercice,  l’accusé avait fait plusieurs malaises au cours des trois semaines du premier procès – notamment à l’énoncé du verdict.

Violences sexuelles enfouies

L’accusé encourt une peine de vingt ans de prison. Ce second procès devait durer jusqu’au 12 novembre mais

la grève des avocats l’ a finalement repoussé. L’audience a été reportée au 29 novembre par la présidente de la cour d’assises Nadia Ajjan. L’homme est apparu « habillé d’un gilet en laine marron et d’un pantalon en toile sombre, comme un modeste retraité ».

Appelé à la barre, Pierre Pallardy a été invité à décliner son nom, sa date de naissance, mais n’a pas su dire le prénom de son père qui lui a été soufflé par son frère aîné Jean-Marie Pallardy, 76 ans, un ancien acteur, réalisateur et producteur de films érotiques dans les années 1970.

« C’est mon livre Et si ça venait du ventre ? [aujourd’hui 6,20 euros en édition de poche] qui me vaut d’être ici », a déclaré l’ex-ostéopathe en montrant l’ouvrage qu’il a écrit en 2002 et dans lequel il explique que ses anciens gestes thérapeutiques  pouvaient faire ressurgir des souvenirs enfouis de violences sexuelles. Malaxer ou tripoter ? Que dira, de tout cela, la justice ?

A demain

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