Vaccinations et poupées russes : avec le retour de l’hiver, attendez-vous à la visite des laboratoires Pfizer

Bonjour

Réception d’un mail. Brochure publicitaire ou un message pédagogique à visée sanitaire ? Délégation de service public ? Il nous est adressé par « Pfizer : Ensemble, œuvrons pour un monde en meilleure santé® » 1.

Voici l’objet :

« A l’approche de l’hiver, les laboratoires Pfizer se mobilisent pour sensibiliser les professionnels de santé à l’importance de vacciner les personnes les plus fragiles à la fois contre la grippe et les infections invasives à pneumocoqueEn effet, des études épidémiologiques montrent que les personnes infectées par le virus de la grippe sont plus susceptibles de contracter une pneumonie bactérienne secondaire. D’après l’OMS, chez les malades souffrant de certaines pathologies sous-jacentes, la grippe peut entrainer un risque sérieux. Elle peut notamment favoriser de graves complications des pathologies concomitantes, dont la pneumonie. La vaccination est un moyen de prévention de ces infections graves et les professionnels de santé ont un rôle primordial à jouer pour assurer une meilleure couverture vaccinale au sein de la population face à la gravité des infections invasives à pneumocoque. La vaccination antigrippale et la vaccination anti- pneumococcique représentent un enjeu de santé publique majeur pour les personnes à risque, en se conformant aux recommandations vaccinales en vigueur.

« La grippe est une maladie contagieuse qui guérit spontanément le plus souvent mais qui peut néanmoins entraîner des complications sérieuses et être dangereuse chez certaines personnes fragiles, en particulier aux âges extrêmes de la vie ainsi que chez certaines personnes atteintes de certaines maladies chroniques. Parmi les patients les plus à risque, les personnes immunodéprimées ou aspléniques sont exposées à un risque plus élevé d’infections sévères et responsables d’une morbi- mortalité importante. Elle est d’ailleurs encore responsable d’un nombre variable de décès chaque hiver tout particulièrement lors de la dernière saison 2014-2015 avec un excès de 18 300 décès toutes causes confondues pendant l’épidémie (excès de mortalité lié à la grippe et à d’autres facteurs hivernaux). (…) »

Le virologue et le généraliste

Pfizer cite ensuite « le Professeur Bruno Lina, Professeur de Virologie de l’université Claude Bernard Lyon 1 et responsable du centre national de référence sur la grippe (site de Lyon) » : « La co-infection, ou présence simultanée de deux pathogènes dans l’organisme, peut être très grave lorsque le pneumocoque est impliqué. Le risque semble augmenter avec l’âge et le problème auquel nous sommes souvent confrontés est que les patients, même lorsqu’ils sont atteints d’une affection qui diminue leur résistance immunitaire, ne se rendent pas toujours bien compte de leur fragilité. De plus, pour certains ayant eu des infections répétées, ils ne récupèrent pas toujours leur état général antérieur. C’est pourquoi je rappelle à tous mes patients et surtout à ceux qui ont un système immunitaire diminué, que la vaccination fait partie des atouts indispensables de prévention. »

Puis Pfizer rappelle, sans menacer : « les médecins traitants – les médecins généralistes comme les spécialistes qui suivent les patients atteints de maladies chroniques – ont pour mission de prescrire et d’effectuer l’injection pour ces patients. Cependant, les objectifs de santé publique en matière de vaccination ne sont pas pleinement atteints. Ainsi les autres professionnels de santé (pharmaciens, infirmières, professionnels paramédicaux,…) ont également un rôle à jouer, notamment pour faire de la pédagogie auprès des patients à risque. »

Libre choix

Puis la firme souligne que le taux de mortalité de ces infections bactériémiques est élevé, de 10 % à 30 % chez l’adulte . Un lien qui renvoie à un document de l’INPES « destiné aux professionnels de santé » daté d’avril 2015. On y apprend que deux vaccins, remboursés sont actuellement commercialisés :

1 le vaccin pneumococcique polyosidique conjugué protège contre treize sérotypes : Prévenar 13® Son prix est de 55,50 € la seringue (pré-remplie). Il est commercialisé par Pfizer.

2 le vaccin pneumococcique polyosidique non conjugué protégeant contre vingt-trois sérotypes : Pneumo 23®. Son prix est de 12,74 € la seringue (pré-remplie). Il est commercialisé par Sanofi Pasteur MSD

Le mail de Pfizer ne dit pas quel choix le prescripteur doit faire.

A demain

 1 « Ensemble, œuvrons pour un monde en meilleure santé® Chez Pfizer, nous mobilisons toutes nos ressources pour améliorer la santé et le bien-être à chaque étape de la vie. Nous recherchons la qualité, la sécurité et l’excellence dans la découverte, le développement et la production de nos médicaments en santé humaine. Notre portefeuille mondial diversifié comporte des molécules de synthèse ou issues des biotechnologies, des vaccins mais aussi des produits d’automédication mondialement connus.

Chaque jour, Pfizer travaille pour faire progresser le bien-être, la prévention et les traitements pour combattre les maladies graves de notre époque. Conscients de notre responsabilité en tant que leader mondial de l’industrie biopharmaceutique, nous collaborons également avec les professionnels de santé, les autorités et les communautés locales pour soutenir et étendre l’accès à des soins de qualité à travers le monde. Depuis 150 ans, Pfizer fait la différence pour tous ceux qui comptent sur nous. »

Une réflexion sur “Vaccinations et poupées russes : avec le retour de l’hiver, attendez-vous à la visite des laboratoires Pfizer

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s