Le FG-4592, stimulant de la production de l’EPO, pourra bientôt confondre les sportifs dopés

Bonjour

L’information était à la fin du papier. Le Monde vient d’annoncer que le laboratoire de l’Agence française de la lutte contre le dopage (AFLD) avait enfin un directeur. Situé à Chatenay-Malabry, longtemps dirigé par Jacques de Ceaurriz, qui  avait assis sa réputation internationale, puis par Françoise Lasne, cette structure était sans tête depuis le début de l’année. Ce sera, finalement le Pr Antoine Coquerel, médecin de formation, spécialiste de pharmacologie et toxicologie au CHU de Caen.

Et Le Monde de glisser, comme en prime, que l’AFLD annonce « la publication imminente dans une revue scientifique » de la méthode de détection du FG-4592, nom de la molécule stimulant la production endogène de l’EPO. Plus précisément d’un représentant d’une nouvelle génération de molécules qui interviennent en amont de l’EPO – voir ici les explications de l’ « Antenne médicale de prévention du dopage Languedoc Roussillon, Hôpital Lapeyronie service de pharmacologie médicale et toxicologie ».

Roxadustat

Selon le site www.cyclisme-dopage.com/ cette molécule stimule la production endogène d’EPO en intervenant sur la chaîne de production des globules rouges et à « forcer leur fabrication » en inactivant les enzymes qui stoppent normalement la production des globules quand ceux-ci sont en nombre suffisant dans l’organisme.

« Ce médicament est produit par le laboratoire japonais Astellas associé à l’américain FibroGen. Il est en phase III d’essai clinique depuis décembre 2012. Il est aussi connu sous le nom de Roxadustat. Le laboratoire Glaxo travaille sur une molécule similaire, le GSK 1278863, en phase II d’essais cliniques. Selon l’AMPD Languedoc Roussillon le FG4592/ASP1517 « est déjà disponible sur internet via des sites clandestins, et des sportifs fortunés en font probablement l’expérience. Un cycle d’un mois de traitement coûte environ 3000 USD. »

Gendarme et voleur

Cette molécule est utilisée à des fins dopantes dans les milieux sportifs (un premier cas avait été identifié sur prélèvement urinaire sur le marcheur français Bertrand Moulinet en avril dernier). Un autre cas avait été identifié dans le cyclisme en juillet dernier, puis d’autres encore. Où l’on retrouve cette situation abracadabrante où une molécule faisant l’objet d’essais cliniques (traitement de certaines anémies) est détournée de ses fins thérapeutiques pour se retrouver sur des marchés parallèles. Situation qui devrait mettre en cause les firmes et les institutions médicales concernées et permettre d’engager des poursuites ciblées. Ce qui ne se produit jamais.

Il faut désormais espérer que l’annonce de « la publication imminente dans une revue scientifique » ne sera pas perçue, par la revue en question, comme une rupture d’embargo. Si tel était le cas le gendarme, une fois de plus, serait par le voleur battu.

A demain

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