Nicolas Bonnemaison : l’expert psychiatre Roland Coutanceau accuse l’Ordre des médecins de l’avoir « condamné sans attendre »

Bonjour

Deux rebondissements majeurs dans l’affaire Nicolas Bonnemaison : l’évolution de son état de santé et les commentaires de l’expert psychiatre Roland Coutanceau.

Vingt-quatre heures après sa tentative de suicide l’état de santé de l’ancien médecin montrait, dimanche 1er novembre, des signes « encourageants ». Son pronostic vital n’est plus engagé ont confié à l’Agence France Presse des sources concordantes, médicales et familiales. Admis en urgence à l’hôpital Haut-Levêque de Pessac (CHU de Bordeaux) il « a ouvert les yeux et répond à des ordres simples ». Nicolas Bonnemaison, 54 ans, restait toutefois dimanche après-midi dans un « état grave ». Il était trop tôt pour se prononcer sur d’éventuelles séquelles, neurologiques notamment, ont indiqué les mêmes sources.

Coma stable

Il avait été retrouvé la veille dans sa voiture automobile garée non loin d’un chemin forestier des Landes. Selon le parquet de Dax, il aurait absorbé des médicaments et tenté de s’asphyxier en faisant entrer les gaz d’échappement dans le véhicule au moyen d’un tuyau. Découvert par hasard, il avait été transporté en hélicoptère au CHU Haut-Lévêque de Bordeaux et admis en soins intensifs. Il a ensuite été transféré en réanimation polyvalente. « Il est dans un coma stable, les quarante-huit prochaines heures vont être déterminantes », confie une source proche du dossier. A ses côtés dans la voiture, un texte avait été retrouvé, expliquant les raisons de son geste, dans lequel « il se disait en substance éprouvé et fatigué de la vie », selon une source judiciaire.

Dès samedi des commentaires avait été faits quant aux causes possibles de cette tentative de suicide. De nouvelles hypothèses ont fleuri dimanche 1er novembre. La plus percutante (autant que surprenante) émane du Pr Roland Coutanceau. Expert psychiatre bien connu auprès des tribunaux le Pr Coutanceau avait expertisé Nicolas Bonnemaison et s’était expliqué lors des deux procès en cour d’assises.

Sentiment de compassion

En 2014, à Pau il avait insisté sur la prégnance du « sentiment de compassion » chez l’ex-urgentiste bayonnais. « Les gens trop compassionnels veulent exonérer les autres d’un poids qui leur appartient ou d’une charge émotionnelle, a-t-il expliqué.  Il ne s’agit pas d’une pathologie, d’une tendance mégalomaniaque ou d’une attitude de justicier, mais plutôt un homme atteint par l’idée qu’il se fait de la souffrance de l’autre. »

Il y a quelques jours, à Angers :

« Ce serait mal comprendre les actes de Nicolas Bonnemaison que de croire qu’il y a chez lui une intention de donner la mort. Dans sa subjectivité, il ne tue pas, il soulage. Il agit comme un médecin qui veut abréger les souffrances de ses patients. Nicolas Bonnemaison se met à la place des autres. Il leur prête une émotion, une sensation et il détermine ses actes en fonction de cela. Il veut protéger tout le monde, l’équipe, les familles, en les exonérant de leur responsabilité.»

Décision irrévocable

Aujourd’hui, dans le Journal du Dimanche (Christel de Taddeo), interrogé sur le sens de la tentative de suicide commise sept jours après la condamnation à deux ans de prison avec sursis :

« Le véritable enjeu pour lui était de reprendre l’exercice de la médecine. Le Conseil national de l’Ordre des médecins l’avait radié, un peu rapidement à mon sens. Même s’il avait fait appel de la décision elle pouvait lui apparaître irrévocable. Selon moi c’est l’hypothèse la plus vraisemblable.

 Dans cette affaire compliquée les médecins étaient partagés. Une partie de la communauté médicale lui a apporté son soutien. Il a même été repris un temps sur un poste administratif. Mais sa passion c’était d’exercer…Une radiation, c’est une condamnation radicale. Le Conseil de l’Ordre l’a condamné sans attendre qu’une décision de justice soit rendue pour trancher. Personnellement je n’aurais eu aucune appréhension à ce qu’il exerce dans mon hôpital: il ne présentait aucun risque de récidive. Cette radiation est une sanction plus mortelle pour le psychisme de Nicolas Bonnemaison que le procès en appel. Je pense vraiment à un geste de désespoir. Il en a d’ailleurs donné la clé aux jurés dans la dernière phrase qu’il leur a adressée : ‘’La médecine c’est ma vie’’

Poids des mots

Le Pr Coutanceau sait ce qu’il en est du poids de certains mots. Il déclare ceci :

« Vous lui enlevez sa passion, vous le tuez. Il a fait des dépressions mais ses fragilités sont existentielles. Il n’est pas psychotique ou borderline. Pour qu’il déprime au point de se suicider, c’est qu’il pensait que son futur était mort (…) Ce n’est pas le procès qui l’a tué. »

Dans l’urgence de commenter, l’expert-psychiatre a parlé. Un peu rapidement peut-être. Quelle lecture fera de ses propos – de cette accusation – le Conseil national de l’Ordre des médecins ?

A demain

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