Roundup®: il ne serait plus cancérogène. Ségolène Royal et l’OMS désavouées par l’Agence européenne de sécurité des aliments

Bonjour

Nouvelle polémique sanitaire en vue dans le champ de l’environnement. Elle concerne le  Roundup® (glyphosate). Ce produit-phare est commercialisé depuis quarante ans par la multinationale Monsanto. Il constitue aujourd’hui une pomme de discorde majeure entre le fabricant, les pouvoirs publics et plusieurs associations militantes. Les enjeux financiers ne sont pas minces et le lobbying intense 1. C’est, pour faire simple, un symbole doublé d’un casse-tête. Et ce n’est pas près de cesser.

Désordres scientifiques

On assiste en effet aujourd’hui à un étonnant rebondissement : l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de juger« improbable » le risque cancérogène du glyphosate. Au-delà du Roundup® cette substance chimique est très largement utilisée dans les désherbants dits « non sélectifs ». On trouvera ici (en français) le communiqué de presse de l’EFSA : « Glyphosate: Mise à jour du profil toxicologique par l’EFSA ». Et on découvrira dans cet extrait pourquoi l’affaire fait désordre :

« Le groupe d’examen par les pairs a conclu qu’il est improbable que le glyphosate soit génotoxique (c.à.d. qu’il endommage l’ADN) ou qu’il constitue une menace cancérogène pour l’homme. Les experts n’ont pas proposé que le glyphosate soit catégorisé comme cancérogène dans la réglementation de l’UE sur la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances chimiques. En particulier, tous les experts des États membres, à une exception près, ont convenu que ni les données épidémiologiques (portant sur l’homme), ni les éléments issus d’études animales n’ont démontré de causalité entre l’exposition au glyphosate et le développement de cancer chez les humains.

L’EFSA a également pris en considération, à la demande de la Commission européenne, le rapport publié par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dans lequel le glyphosate est catégorisé comme un cancérogène probable pour l’homme.

L’évaluation a pris en compte une vaste quantité d’éléments, y compris un certain nombre d’études non évaluées par le CIRC, ce qui explique en partie pourquoi les deux évaluations ont abouti à des conclusions différentes. »

L’ire de Monsanto

Pour le dire autrement l’EFSA désavoue publiquement le Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC). Cet organisme de l’OMS était déjà depuis quelques jours sur le grill avec l’affaire dite des » viandes rouges ». En mars le CIRC avait classé le glyphosate comme « cancérogène probable »- ce qui avait amplement satisfait les militants de la cause environnementale (et déclenché l’ire de Monsanto accusat la « science poubelle ») comme on peut le voir dans ce texte du Monde signé Stéphane Foucart : « Le désherbant Roundup classé cancérogène ».

Dans la foulée, après avoir joué du trébuchet politique, la ministre de l’environnement Ségolène Royal avait décidé, en juin, d’interdire, « dès la fin 2016 », la vente de cet herbicide dans les rayons jardineries des grandes surfaces. Une initiative dénoncée comme un « coup de com » par certaines associations écologiques comme Générations futures.

Aujourd’hui l’EFSA établit, pour la première fois, un « seuil de sécurité toxicologique », nommé « dose aiguë de référence », qui est la quantité qui peut être ingérée sur une brève période de temps sans être nocive pour la santé : elle a été fixée à 0,5 mg/kg de poids corporel par jour. Pour l’heure le Roundup® est toujours dans les gondoles et les jardineries. En vente libre.

A demain

1 Plus de 300 désherbants à base de glyphosate (commercialisés par plus de quarante  sociétés différentes) sont actuellement homologués pour la vente en Europe. Les intérêts de ces sociétés sont défendus par  la « Glyphosate Task Force » et par la « Plateforme Glyphosate France ».

La Glyphosate Task Force  est le groupe de travail européen « au sein duquel une quarantaine d’entreprises du secteur ont conjugué leurs efforts pour travailler au renouvellement de la substance active glyphosate, via le dépôt d’un dossier de renouvellement commun ».  La « Plateforme Glyphosate France » est constituée de  sept entreprises commercialisant en France des préparations phytopharmaceutiques à base de glyphosate :  Nufarm SAS, Syngenta France SAS, Dow AgroSciences SAS, Adama France SAS, Monsanto SAS, Arysta Lifesciences SAS et FMC France (Cheminova Agro France).

2 réflexions sur “Roundup®: il ne serait plus cancérogène. Ségolène Royal et l’OMS désavouées par l’Agence européenne de sécurité des aliments

  1. La médiocrité scientifique des écologistes français dessert leur cause qui est pourtant bonne. C’est un énorme problème. En attaquant ces produits avec de mauvais arguments, on se décrédibilise et on aboutit paradoxalement à les faire perdurer.

  2. la cause des écologistes est bonne ??? vous rigolez .
    Ce ne sont que des imbéciles obscurantistes !

    Ils font la promo du bio , qui n’est pas moins problématique.
    Par exemple : la consommation d’un hectare de blé « bio » est égale à un hectare de blé normal mais le rendement du « bio » est de 25Q*ha et de 80Q*ha pour le normal.
    (Q= Quintaux ) .

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