Attentats de Paris : comment dépasser collectivement les phénomènes de sidération et de tétanisation

Bonjour

Que faire, collectivement, après la tétanisation ? Nous sommes encore loin d’avoir pris la mesure des conséquences de la tragédie de la nuit parisienne du 13 au 14 novembre. Conséquences physiques, charnelles mais aussi conséquences psychologiques.  Comment les personnes, comment les groupes et les foules, comment un pays réagissent-ils à un tel traumatisme ? Qui le sait et comment exploiter ce savoir ?

Sur Slate.fr Eric Leser fait, fort justement, un parallèle avec le 11 septembre : « Attentats du 13 novembre : le 11-Septembre français ». Le parallèle, comme toujours, a ses limites. Quatorze années plus tard le monde a profondément changé et les réactions à venir à Paris, en France et dans le monde ne seront en rien les répliques de celles qui furent observées à New York, aux Etats-Unis et dans le monde. Un monde connecté comme il ne l’a jamais été et qui est désormais officiellement entré dans une nouvelle guerre, souvent présentée comme une guerre de religions et/ou de civilisation – un conflit qu’il n’a jamais connu sous cette forme.

France-Allemagne

Que faire pendant la sidération collective ? Comme toujours des lecteurs de signes magiques cachés sont instantanément à l’œuvre. Ils notent que tout cela survient au lendemain des cérémonies de commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, à proximité immédiate d’un France-Allemagne amical. Et, bien évidemment un vendredi 13. C’est, une nouvelle fois, l’éternel combat du hasard et de la fatalité.

Tétanisation, sidération collectives sont, eux des phénomènes objectifs. Ce sont aussi des entités qui peuvent être décryptées, analysées ; face auxquelles on peut réagir pour en réduire les conséquences les plus possiblement dramatiques. C’est là retravailler les concepts de catharsis et de bouc émissaire. C’est faire appel à la psychiatrie, à la psychologie et à ce que l’on sait de l’inconscient des foules. C’est traiter cette tragédie comme un phénomène pathologique qui réclame, parallèlement aux services médicaux d’urgence, à la sécurité civile et aux actions de police militaire, une sémiologie et une thérapeutique adaptées – le tout dans un nouvel environnement, multi-connecté, que l’on tenait pour transparent.

Sublimation collective

C’est, pour le dire autrement, mettre en œuvre de nouvelles manières et avec de nouveaux outils la dynamique en œuvre avec les cellules de soutien psychologiques déployées depuis plusieurs années lors de traumatismes de taille limitée. Parler pour dépasser le traumatisme. Parler pour, in fine, moins souffrir. Tout n’est certes pas une affaire de réponse étatique. Et on peut raisonnablement parier sur des réponses spontanées du type de celles observées après les tragédies de janvier dernier. Pour autant la puissance publique existe.  C’est là, pour les autorités sanitaires françaises, un défi sans précédent. Un défi qu’elles peuvent et se doivent de relever : aider à la sublimation collective des passions.

A demain

Ce teste a également été publié sur Slate.fr : «  »Bloody Friday »: il va falloir dépasser collectivement les phénomènes de sidération et de tétanisation »

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