Terrorisme chimique : vingt ans après, le Dr Raffin (Samu de Paris) se souvient du RER Saint-Michel.

Bonjour

 C’est fait : aujourd’hui 19 novembre 2015, Manuel Valls a publiquement évoqué le risque d’armes chimiques et bactériologiques auquel serait potentiellement exposée la France. Une annonce spectaculaire  qui fait suite à la publication de l’arrêté « sulfate d’atropine » signé par le Pr Benoît Vallet, directeur général de la santé.   Le risque d’attaque par gaz neurotoxiques sur Paris avait déjà  été évoqué en 199, lors du début de la première guerre du Golfe. Puis lors des attentats de 1995.

 S’exprimant devant l’Assemblée nationale avant l’examen du projet de loi prolongeant l’état d’urgence Manuel Valls a pour la première fois évoqué le risque d’attaques chimiques et bactériologiques. « Nous sommes en guerre, pas une guerre à laquelle l’histoire nous a tragiquement habitué, a déclaré le Premier ministre. Cette guerre nouvelle reste une guerre planifiée menée par une armée criminelle. Ce qui est nouveau ce sont les modes opératoires, les façons de frapper, de tuer, évoluent sans cesse. C’est une guerre dont le front se déplace constamment et se retrouve au cœur même de notre vie quotidienne. »

Saint-Michel après Tokyo

« L’imagination macabre des donneurs d’ordre est sans limite: fusil d’assaut, décapitation, bombe humaine, armes blanches (…) Il ne faut aujourd’hui rien exclure et je le dis avec toutes les précautions qui s’imposent mais nous savons et nous l’avons à l’esprit, il peut y avoir aussi le risque d’armes chimiques et bactériologiques», a-t-il ajouté. Cette hypothèse a conduit la Direction générale de la Santé à prendre, dans l’urgence, des mesures sanitaires de nature à faciliter par les médecins urgentistes la prise en charge de personnes exposées au risque mortel d’une intoxication par des gaz neurotoxiques.

 Cette menace n’est pas nouvelle. « Le risque d’attaques par gaz neurotoxiques sur Paris avait déjà été évoqué en 1991, au début de la première guerre du Golfe, a ainsi déclaré à Slate.fr le Dr Hervé Raffin (Samu de Paris). Nous avions alors été sérieusement mis en alerte devant ce type d’attentat. Puis la chose s’était reproduite en 1995. J’étais régulateur au SAMU le 25 juillet lors de l’attentat du GIA au RER B à la station Saint-Michel. Nous avions été marqués par l’attaque au gaz sarin perpétrée en mars 1995 dans le métro de Tokyo [12 morts, plus de 5000 blessés]. Les premiers appels provenaient de personnes attablées en terrasse et qui voyaient sortir des personnes ensanglantées. Je redoutais tout particulièrement l’usage des gaz neurotoxiques à l’arrivée de nos premières équipes sur place. Et j’avais insisté auprès de mes collègues pour qu’ils ne descendent pas avant que tout soit sécurisé. Ils n’avaient d’ailleurs tenu aucun compte de mes conseils… »

25 juillet 1995, vers 17  heures

« L’attentat du RER B à Saint-Michel » ? Souvenons-nous. C’était le 25 juillet 1995, vers 17 heures, dans la gare Saint-Michel – Notre-Dame de la ligne B du RER d’Île-de-France. Revendiqué par le Groupe islamique armé (GIA) algérien, il avait tué huit personnes et a fait 117 blessés. Il s’inscrivait alors s’inscrit dans le cadre de la vague d’attentats commis en France en 1995.

Ce jour là, à 17 h, une bombe explose dans un train de la ligne du RER B qui se trouve alors au deuxième sous-sol de la station, aux abords des quais de la gare Saint-Michel – Notre-Dame. L’État-Major des sapeurs-pompiers décrète le plan rouge. L’évacuation des blessés graves débute à 17 h 40. Le parvis de Notre-Dame fait office de piste d’hélicoptère tandis qu’un bar voisin, Le départ Saint-Michel, est réquisitionné comme poste de secours avancé.

Un million de francs

Le Président de la République d’alors Jacques Chirac, et son Premier Ministre, Alain Juppé se rendent sur place. Faute de revendication, le ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré lance un appel à témoins et promet « un million de francs » à qui permettra d’identifier les terroristes.

On établira que la bombe improvisée est une bonbonne de gaz de camping remplie de poudre noire, de désherbant et de mitraille (clous, boulons) avec un réveil pour retardateur, le type même de matériel qu’utilisait le Groupe islamique armé. Cette « bombe du pauvre » était enfouie sous un siège.

Réduction des risques

Vingt ans plus tard nous sommes bien dans un esprit de santé publique et, autant que faire se peut, dans une logique de réduction des risques. Le gouvernement a ainsi décidé, mercredi 18 novembre, d’annuler annulation la grande manifestation qui devait se tenir dans la capitale  (entre les places de la République et de la Nation) le dimanche 29 novembre, à la veille de l’ouverture de la COP21.

Il en ira de même  de même pour  les événements prévus le dimanche 12 décembre, au lendemain de la clôture de la conférence. Les mêmes interdictions valent pour toutes les manifestations prévues sur la voie publique dans les autres villes de France. Le ministère des Affaires étrangères explique que ces mesures sont prises dans le cadre « du renforcement des mesures de sécurité. Dans ce cadre « la totalité des manifestations organisées dans les espaces fermés et aisément sécurisables seront maintenues ».

A demain

 Ce texte reprend pour partie des informations publiées sur Slate.fr : « La France est-elle prête pour affronter une attaque de terrorisme chimique ? »

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