Terrorisme et COP 21 : de l’atropine à fortes doses contre un risque d’attentat chimique

 

Bonjour

C’est un arrêté du Pr Benoît Vallet, Directeur général de la Santé. Signé le 14 novembre il a été publié au Journal Officiel du 15 novembre: « Arrêté du 14 novembre 2015 autorisant l’utilisation de sulfate d’atropine, solution injectable 40 mg/20 mL PCA antidote des neurotoxiques organophosphorés ».

« Sulfate d’atropine » ? Il  n’existe pas d’autre médicament adapté à la prise en charge en urgence de personnes venant d’être exposées à des neurotoxiques organophosphorés. Ces substances (insecticides organo-phosphorés, neurotoxiques de guerre et carbamates, médicaments parasympathomimétiques ou cholinomimétiques)  sont des armes chimiques redoutables pouvant être utilisées en masse à des fins terroristes. Et pour le Directeur général de la Santé  il convient aujourd’hui « de prendre toute mesure utile pour prévenir les atteintes graves pour la santé, en cas d’exposition d’un nombre potentiellement important de victimes à des neurotoxiques organophosphorés ».

Gaz sain et plan Piratox

Ces substances gazeuses agissent à très faible dose en bloquant la transmission des influx nerveux. Ces agents mortels sont très rapidement absorbés par la peau, le tissu conjonctif oculaire et les muqueuses des voies respiratoires. L’intoxication se fait donc par voie percutanée, oculaire, pulmonaire et orale. Les premiers gaz de ce type ont été fabriqués et étudiés dans les années 1930 en France et en Allemagne. L’un des plus tristement célèbre est le gaz sarin. Ces gaz font l’objet d’un chapitre particulier du plan Piratox.

L’atropine est l’un des rares antidotes efficaces connu contre ces armes chimiques. Cette molécule est aussi utilisée en médecine mais dans des conditionnements très différents, beaucoup plus petits ( l millilitre ou moins), que ceux qui viennent d’être autorisés par le Directeur général de la Santé. Or dans l’hypothèse d’une attaque chimique les médecins urgentistes devraient pouvoir disposer d’emblée de grandes quantités et non de simples doses unitaires. C’est ainsi que l’arrêté crée une dérogation pour le déblocage de l’atropine injectable en grand conditionnement (40 mg/20ml) – une spécialité qui n’est produite en France que par la seule Pharmacie Centrale des Armées.

Sommets de chefs d’Etat

Pourquoi maintenant ? On fait savoir, auprès de la Direction générale de la Santé, que la date de signature de l’arrêté ne doit pas induire en erreur : les évènements tragiques du 13 novembre sont une coïncidence. Comme le précise le Pr Benoit Vallet cette mesure vise avant tout à améliorer les garanties de sécurité de la COP 31 (30 novembre – 11 décembre). Les autorités sanitaires redoutent notamment que l’accueil sur le territoire français d’un sommet de chefs d’Etat, préparatoire expose » au risque d’attentats terroristes d’exposition aux neurotoxiques organophosphorés ».

Il y a bien eu, récemment, une autorisation de mise sur le marché français délivrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé pour le sulfate d’atropine dans le conditionnement 40 mg/20 mL.  « Mais les contraintes de fabrication et d’étiquetage ne permettent pas sa mise à disposition dans des délais compatibles avec l’organisation de la COP 21 » explique le Pr Vallet.  Les urgentistes espèrent quant à eux pouvoir être livrés en temps et en heure.

A demain

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