Au-delà du Truvada® : pourquoi le préservatif masculin n’est-il pas, déjà, pris en charge par la Sécurité sociale ?

Bonjour

Demain mardi 1er décembre, nouvelle « Journée mondiale de lutte contre le sida ». Et nouveau communiqué de presse Marisol Touraine, ministre française des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Et nouvelle « grande campagne de communication en faveur du dépistage ». Quand fera-t-on le bilan de ces campagnes communicationnelles redisant chaque fois l’évidence et n’atteignant jamais leur objectif (6 600 nouveaux cas de contamination en France en 2014) ?

Mme Touraine saisit cette occasion pour rappeler les mesures fortes qu’elle vient de prendre « pour renforcer la protection des populations les plus exposées ». Il s’agit notamment de celle-ci :

 « Pour éviter les contaminations de certaines personnes particulièrement exposées et moins réceptives aux outils classiques de prévention, la ministre a annoncé l’autorisation et la prise en charge à 100% du Truvada®, traitement préventif contre le sida, qui sera délivré de façon encadrée à l’hôpital et dans les centres de dépistage. »

 Relation, ou pas, de causalité

Une mesure sans équivalent sur le Vieux Continent ; une mesure spectaculaire qui, de l’avis des spécialistes, pourrait concerner des « dizaines de millier de personnes » ; une mesure qui ne renvoie (pour l’heure) à aucune information quant à son coût pour la collectivité (des négociations sont elles engagées avec Gilead Sciences pour baisser le prix du Truvada® – prophylactique ?).

Relation, ou pas, de causalité Marisol Touraine prend soin de rappeler, d’entrée, que « le préservatif est le meilleur moyen de prévention contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST) ». De fait –et à la différence notable du Truvada®, le préservatif masculin correctement utilisé confère une protection presque totale contre toutes les IST et non contre la seule infection par le VIH.

Mention particulière pour la syphilis

Il ne s’agit nullement ici d’un détail comme le souligne notre confrère Jean-Daniel Flaysakier sur son blog : « Truvada : une prévention utile dans certains cas mais qui n’est pas une panacée » :

 

« On constate une augmentation considérable des infections sexuellement transmissibles dans les populations les plus exposées, avec une mention particulière pour la syphilis. En 2014, aux Etats –Unis, près de 90 % des cas de syphilis masculins étaient rencontrés chez des gays ayant des rapports non protégés. Dans l’étude française IPERGAY, on a relevé dans un des groupes de l’étude 9 % d’IST acquises pendant l’essai.

Outre la syphilis, chlamydiae, gonocoques sont à l’origine d’IST de plus en plus fréquentes. Comme les HPV, papillomavirus  dont on sait qu’ils sont impliqués dans la genèse d’un cancer rare, le cancer de l’anus, mais qui est également en pleine augmentation. »

Méthode de contraception

On ajoutera, et ce n’est pas le moindre des arguments, que le préservatif masculin est également une excellente méthode de contraception. D’où la question de sa prise en charge par la Sécurité sociale ; il est plus que vraisemblable qu’une fois calculé le rapport « coût-bénéfices » la mesure apparaîtrait hautement rentable pour les deniers de la collectivité. Pour n’être pas nouvelle la question retrouve, du fait de la décision « Truvada® – prophylactique », une nouvelle dimension politique. 1

Il en est une autre. Mme Touraine annonce une « grande campagne de communication à destination de tous ». Elle sera mise en ondes par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Slogan :  « Se faire dépister, c’est prendre soin de son avenir ».

Inconscient collectif

On sait, depuis des années,  qu’en France 150 000 personnes « vivent avec le VIH ». On sait aussi, depuis autant d’années, que parmi elles 30 000 ne connaissent pas leur statut sérologique et sont ainsi privées de la prise en charge médicale dont elles pourraient bénéficier. De nombreuses campagnes ont été menées et de nombreuses mesures ont été prises pour les inciter ces personnes à se faire dépister. Comment comprendre que ce nombre demeure stable ? Qu’auraient, sur un tel sujet, à nous dire les sciences humaines ? Sans parler des spécialistes de l’inconscient; individuel ou collectif.

A demain

1 Nous n’oublions pas les espaces où, en France, la gratuité du préservatif peut (déjà) être une réalité : https://www.sida-info-service.org/?Comment-trouver-des-preservatifs

 

 

 

2 réflexions sur “Au-delà du Truvada® : pourquoi le préservatif masculin n’est-il pas, déjà, pris en charge par la Sécurité sociale ?

  1. J’ai du mal a comprendre…
    1/ Evidemment que le prix net du Truvada est renegocie avec l’extension de l’indication, c’est la procedure, pourquoi suggerer de maniere assez malveillante que ce n’est pas le cas ?
    2/ Le preservatif masculin ne protege malheureusement pas contre le HPV
    3/ Pourquoi parler de contraception quand le Truvada en prevention est indique pour des rapports homosexuels ?

  2. Cette « affaire » Truvada est un des plus grands scandales de corruption au niveau le plus élevé de l’Etat : les études sont faites par des professeurs payés directement par Gilead qui sont membres du Comité contre le sida et font des rapports au nom des agences gouvernementales sans déclarations de liens d’intérêt et une consultation dédiée au Truvada est instituée en grande pompe à l’APHP par un professeur qui touche de l’argent de Gilead. A côté de cela, le mediator c’est du beurre en broche.
    Bonne journée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s